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La valorisation de soi par le travail


Publié le 5 octobre 2017

L’emballage de produits d’érable pour Biodélices peut paraître répétitif, mais cela représente une source de fierté pour les employés de l’atelier.

©Photo TC Media – Claudia Fortier

Récupération Frontenac a récemment ouvert un nouvel atelier de travail dans les anciens locaux de Meubles TM sur la rue Caouette Est à Thetford Mines. Celui-ci a pour but d’aider des personnes en situation de handicap physique, intellectuel ou psychique à intégrer le marché du travail.

En collaboration avec le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSS-CA), l’atelier de travail comprend trois éducateurs spécialisés et une monitrice qui œuvrent au développement des compétences de ces personnes. Les tâches qui leur sont offertes sont personnalisées selon les capacités de chaque individu.

Depuis l’ouverture de l’atelier de travail le 5 juin dernier, le nombre est passé de cinq à plus de 15 travailleurs à temps plein ou temps partiel. La grande majorité de la main-d’œuvre provient du CISSS-CA.

Après avoir débuté avec cinq employés, l’atelier de travail en comprend maintenant une quinzaine et est appelé à grossir dans le futur.
Photo TC Media – Claudia Fortier

«Notre mission première est l’intégration de personnes avec des limitations, mais on s’apercevait qu’il y avait des gens n’ayant pas la capacité d’intégrer le centre de tri. C’était triste pour nous de commencer à faire des sélections que nous nous sommes dit qu’un jour nous allions créer quelque chose pour les intégrer eux aussi», a expliqué le directeur général de Récupération Frontenac, le jeudi 5 octobre, lors de la conférence de presse marquant le lancement de l’atelier.

De son côté, le directeur général du CISSS-CA, Daniel Paré, soulignait la vision et le dynamisme des dirigeants de Récupération Frontenac. «Il est très rare d’avoir un tel atelier de travail étant en mesure d’accueillir des personnes en fauteuil roulant et on voit qu’ici ce sera possible. C’est ce qui arrive quand des employeurs et des employés ont appris à voir plus loin que la maladie et la déficience pour aider ces personnes à occuper un réel emploi», a-t-il commenté.

Par le biais de ce projet, Récupération Frontenac répond à un besoin constamment exprimé par nos usagers : avoir une vie normale, s’investir dans un emploi qui les valorise, s’impliquer auprès de leurs collègues et surtout être reconnus à part entière pour ce qu’ils sont

Daniel Paré

Implication des entreprises locales

Photo TC Media – Claudia Fortier

Jusqu’à maintenant, les principales activités de travail sont le montage de becs verseurs pour DSD International, l’emballage de produits d’érable pour Biodélices, le montage de Publisacs pour Distribution Gerry Grondin, ainsi que l’ensachage d’ustensiles de plastique pour les restaurants et épiceries. En effet, l’un des objectifs de la création de cet atelier est également de contribuer au développement économique de la région de Thetford en offrant des services aux entreprises. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, cela permettra de libérer celles-ci de certaines activités de travail.

La confection de bec verseurs pour l’entreprise DSD International est l’une des tâches effectuées par les employés de l’atelier.
Photo TC Media – Claudia Fortier

«C’est une façon de pouvoir donner une chance à des gens d’effectuer des tâches qui pour d’autres pourraient sembler routinières, mais pour ces personnes avec des limitations c’est tellement valorisant. C’est plaisant de pouvoir leur donner cette possibilité pour qu’ils puissent eux aussi contribuer à la société et faire une différence à leur façon. La qualité au niveau de la production est la même qu’à l’usine. Les gens sont très appliqués et font un bon travail», a soutenu Sonia Vachon, présidente de DSD International.

Francis Martin, directeur de production chez Biodélices, abondait dans le même sens. «Nous nous impliquons beaucoup du point de vue social, donc c’était naturel pour nous de participer à ce projet et nous avons vu tout le bien que ça allait apporter. Ce sont des tâches qui étaient moins valorisées chez nous, mais quand on arrive ici, on voit que les gens sont contents. Même que des fois, je vois de ces personnes à l’extérieur, je leur en parle et je peux constater qu’ils sont vraiment fiers de ça. Nous sommes aussi très satisfaits du travail accompli et nous en aurons de plus en plus à leur donner prochainement.»