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Des retombées économiques importantes pour la région

Résultats de l’étude pour la remise en service de la voie ferrée


Publié le 12 juillet 2017

Si le ministère des Transports donnait son aval à un tel projet, Stéphan Vachon de Chemin de fer Sartigan pense qu’il pourrait prendre forme entre trois et cinq années suivant cette confirmation.

©Photo TC Media – Jean-Hugo Savard

Une étude de marché visant la remise en service de la voie ferrée entre Vallée-Jonction et Thetford Mines et l’implantation d’une cour de transbordement ferroviaire a récemment démontré le grand potentiel d’un tel projet dans la région.

En effet, elle a révélé que 10 158 wagons par an pourraient transiter sur le tronçon, soit 7 283 wagons entrants et 2 875 sortants. «Nous sommes très surpris des résultats. Ils sont quatre fois ce qu’il fallait pour justifier la remise en état. Au début, c’est un peu un risque parce que si les résultats ne sont pas là, tu mets le clou dans le cercueil, mais à présent c’est au-delà de ce que nous espérions», a mentionné Stéphan Vachon, directeur général et copropriétaire de Chemin de fer Sartigan.

Notons que Développement PME (DPME) a été mandatée conjointement par l’entreprise ferroviaire, Logi-Bel Inc. et Industries Canatal pour réaliser cette étude de marché. Elle a été effectuée auprès d’environ 40 entreprises de plus de 30 employés. Sur les 34 rencontrées, près de 70 % utiliseraient le train si la voie ferrée était de nouveau fonctionnelle.

«Elles ont toutes été contactées par moi. Je leur expliquais au téléphone la démarche et leur demandait une rencontre lors des trois premières semaines de juin, a expliqué Christian Tremblay, expert en logistique chez DPME et responsable de l’étude. Pour onze d’entre elles, le retour du train n’a aucune utilité puisque leurs fournisseurs sont situés à de courtes distances alors le camion reste le plus compétitif. Le transport par chemin de fer c’est bon pour les distances d’au moins 1000 kilomètres. Il peut toutefois y avoir certaines exceptions si le train passe dans la cour des entreprises.»

Parmi les réponses qui sont ressorties du lot, soulignons celles de deux entreprises qui ont affirmé à M. Tremblay qu’il était question de leur survie dans la région. «Il y en a vraiment deux qui m’ont dit qu’elles avaient absolument besoin du train. Si elles ne l’ont pas dans quelques années, soit elles ferment, soit elles déménagent. Il y en a même une qui m’a dit où elle s’en irait. C’est au Québec, où le train passe.»

Depuis le temps que nous en parlons, nous savions qu’il y avait un volume demandé, mais là ça dépasse largement nos espérances

Stéphan Vachon

Coûts et retombées

Les résultats de l’étude seront prochainement présentés au ministère des Transports qui est propriétaire du tronçon afin de le convaincre de financer le projet. Questionné à savoir combien couteraient les travaux de réfection des 50 kilomètres de voie ferrée entre Vallée-Jonction et le secteur Black Lake à Thetford Mines, Stéphan Vachon a mentionné un chiffre autour de 30 millions $.

«C’est ce qu’on m’a dit dernièrement. Ce n’est pas cher considérant qu’une couche d’asphalte qu’on met aux quatre ans sur la route 112 coute entre 200 000 $ et 250 000 $ du kilomètre, ce qui représente 10 millions $. Donc, 30 millions $ pour des composantes qui durent 30 ans, ce n’est pas si dispendieux. En Gaspésie, pour réparer la voie jusqu’à Port-Daniel, le ministère exigeait 3000 wagons pour dépenser 50 millions $. Si c’est bon pour la Gaspésie, c’est aussi bon pour la région de Thetford qui cherche à se diversifier», a soutenu le copropriétaire de Chemin de fer Sartigan.

De plus, en terme de retombées économiques, les bénéfices justifieraient largement l’argent dépensé selon Christian Tremblay. «Pour les entreprises que nous avons rencontrées, ça pourrait représenter 5 millions $ par année en économies, mais c’est une estimation très conservatrice. Je suis pas mal convaincu que ça peut facilement être 8 millions $ d’économies par année. Les entreprises pourraient mettre cet argent ailleurs pour être plus compétitives. Certaines m’ont dit qu’elles pourraient élargir leur marché alors qu’elles ne le peuvent pas présentement en raison des coûts trop élevés en transport. D’autres ont même dit que des projets actuellement impossibles pourraient être réalisés. Plusieurs sont d’ailleurs reliés aux résidus miniers», a relaté le responsable de l’étude.

Le Courrier Frontenac a tenté de parler au ministre des Transports, Laurent Lessard, mais son attaché politique, Jean-Philip Gagné, a répondu qu’il préférait prendre connaissance de l’étude complète avant de commenter.