L’obsession ne prend plus le dessus sur ma vie

Une chronique de l'Association pour la santé publique du Québec

Publié le 6 février 2017

L’important c’est d’être à l’écoute de ses signaux de faim et de satiété. On mange quand on a faim et on arrête quand on n’a plus faim.

©Rawpixel Ltd.

Jusqu'au 8 février, c’est la semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires : une initiative d’Anorexie Boulimie Québec (ANEB) et de la Maison l’Éclaircie. La thématique de cette année : l’obsession détruit; l’équilibre nourrit.

La cause des troubles alimentaires me tient à cœur et fait référence à certains dossiers de l’ASPQ. En effet, depuis 17 ans nous travaillons sur le dossier des produits, services et moyens amaigrissants afin de mettre en garde la population et informer les professionnels de la santé sur les risques spécifiques liés au recours à ces méthodes de perte de poids. Nous traitons également d’intimidation à l’égard du poids, dossier qui nous a permis de développer deux guides éducatifs qui s’adressent aux enseignants du secondaire pour qu’ils soient mieux outillés pour aborder le sujet.

Sur une note plus personnelle, j’ai moi-même souffert d’anorexie de 13 à 24 ans : 11 ans de souffrance, de honte, de contrôle. J’ai eu la chance d’être bien entouré et d’avoir le support nécessaire, de l’amour et de ne jamais me sentir jugée par mes proches. Chanceuse dans ma malchance, je proviens d’un milieu aisé, ce qui m’a permis d’avoir accès à des services de santé mentale au privé. Si j’avais dû opter pour le secteur public, il m’aurait fallu attendre plus d’un an avant de bénéficier d’un suivi. Les troubles alimentaires non traités peuvent entraîner des conséquences sociales, psychologiques et physiques néfastes, pouvant même mener à la mort. En savoir plus en cliquant ici

Bonne nouvelle, la prévention est possible! Puisque les troubles alimentaires se développent le plus souvent à l’adolescence, il est donc nécessaire d’agir dès l’enfance. Aidons-les à bâtir une bonne estime de soi, à gérer leurs émotions et à se créer un réseau social positif.

Il importe également de déboulonner les mythes et les fausses croyances à l’égard du poids, de l’apparence et de l’alimentation.

Quelques exemples de mythes et de fausses croyances:

·         Le poids n’est qu’une question d’alimentation et d’activité physique : FAUX. La génétique joue également un rôle, tout comme le fait d’avoir ou non fait plusieurs tentatives de perte de poids, l’environnement dans lequel on vit, etc.

·         Les hommes aussi sont touchés par les troubles alimentaires : VRAI. Selon les études, 10% des personnes souffrant de troubles alimentaires sont des hommes.

·         Manger après 19h fait grossir : FAUX. Les calories consommées en soirée ne font pas plus engraisser.

·         Manger entre les repas me fera prendre du poids : FAUX. Au contraire, manger des collations nutritives au cours de la journée vous permettra de maintenir un bon niveau d’énergie. L’important c’est d’être à l’écoute de ses signaux de faim et de satiété. On mange quand on a faim et on arrête quand on n’a plus faim.

L’organisme ANEB ainsi que la Maison l’Éclaircie offrent entre autres une ligne d’écoute et des groupes de soutien non seulement pour les personnes atteintes de troubles alimentaires, mais aussi pour leurs proches. Ces lignes d’écoute m’ont été d’un grand support dans des périodes plus sombres où je ne me sentais pas le courage de me présenter en thérapie.

Si vous pensez souffrir d’un trouble alimentaire ou si vous croyez que l’un de vos proches en souffre, n’hésitez pas à demander  de l’aide !

Émilie Dansereau, chargée des dossiers Saines habitudes de vie à l'Association pour la santé publique du Québec

Plus d'infos en cliquant ici