Coupable d’agression sexuelle : Jeannot Doyon écope de 2 ans de prison

THETFORD – Le juge Pierre Rousseau de la Cour du Québec a pris en considération les nombreux facteurs aggravants dans le dossier de Jeannot Doyon et l’a condamné, jeudi matin au Palais de justice de Thetford Mines, à une peine de deux ans moins un jour de prison.

En 2010, le broughtonnais avait plaidé coupable à cinq des huit chefs d’accusation contre lui, dont agression sexuelle et attentat à la pudeur contre quatre victimes, dont sa fille, Sylvie Doyon, sa nièce, Suzanne Tardif, et son ex-belle-fille, Samantha Lachance.

L’avocat de la défense, Me Luc Ouellette, demandait une peine de six à dix mois de prison tandis que le procureur de la couronne, Me Yvan Corriveau, avait recommandé une sentence de 36 mois de prison fermes.

Lors de l’annonce de la sentence, le juge a évoqué plusieurs facteurs aggravants afin de justifier la sentence. En effet, selon les rapports des professionnels, Jeannot Doyon semblait ne pas avoir de regret pour les gestes commis, malgré les excuses proférées aux victimes. Le coupable avait également évoqué que dans cette histoire, le tort avait été plus grand envers lui qu’envers les victimes. De plus, il n’a pas entamé de thérapie depuis son plaidoyer de culpabilité en 2010.

Les victimes entre deux eaux

À leur sortie de la salle d’audience, les trois victimes identifiées de Jeannot Doyon étaient visiblement émotives. Elles se sont d’ailleurs dites satisfaites de la sentence, mais précisaient avoir besoin de temps avant de tourner la page.

« Moi je suis contente parce que deux ans moins un jour de prison c’est relativement long. Selon ce que le juge a dit, il devrait avoir le soutien nécessaire afin de régler son problème et c’est aussi ce que je voulais », a déclaré Sylvie Doyon.

« Je suis contente que ce soit réglé. C’est supposé être complètement terminé. C’est sûr qu’en étant dans la même famille, ce n’est pas évident », a affirmé Suzanne Tardif.

« Je m’attendais à moins alors je suis contente de la sentence, a soutenu Samantha Lachance. Je ne sais pas comment je me sens. C’est comme si je n’avais pas encore compris que c’est terminé. Ça fait trop longtemps qu’on attend ce moment. J’ai l’impression que ce n’est pas fini, qu’il va arriver autre chose. »

« On a tellement été souvent reportées, annulées, biaisées dans tout le dossier qu’on a l’impression qu’il va y avoir un revirement. Alors tant qu’on n’aura pas un certain délai pour assumer que tout est fini maintenant, le stress va rester là », a ajouté Mme Doyon.

Les trois femmes espèrent maintenant inspirer d’autres victimes d’actes sexuels à sortir de l’anonymat et à dénoncer leur agresseur afin qu’elles puissent, comme elles, avoir la chance d’enfin tourner la page.

À lire: Agressions sexuelles : des victimes peuvent enfin briser le silence

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