Gibier sauvage dans les restaurants : les chasseurs s’y opposent

Gibier sauvage dans les restaurants : les chasseurs s’y opposent

APPALACHES – Prendrez-vous un peu d’écureuil avec votre cerf? Vous pourriez bientôt entendre cette phrase dans un restaurant du Québec alors que le gouvernement a récemment annoncé la mise sur pied d’un projet pilote permettant aux restaurateurs d’offrir du gibier sauvage au menu. 

Toutefois, des regroupements de chasseurs s’y opposent, prétextant que cela favorisera le braconnage. « C’est sûr que pour nous, ça va ouvrir la porte à plus de braconnage. Selon le projet-pilote, le cerf offert en restaurant ne viendra que de l’île d’Anticosti, mais ce sera dur à légiférer », croit le président du Regroupement des chasseurs et pêcheurs de la MRC des Appalaches, Rénald Routhier.

Le président ajoute également que le braconnage est un fléau pour les amateurs de chasse québécois et il ne voit pas comment le projet pilote pourra protéger la faune s’il y a une prolifération des activités illégales.

Du côté de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP), on condamne les propos de certains restaurateurs qui ont déclaré aux médias qu’une majorité de la viande des animaux chassés était gaspillée.

« Les chasseurs sont les plus grands alliés de la faune et ils le démontrent lors de la mise en place des plans de gestion visant à améliorer et à maintenir les populations de gibier en santé. Ceux-ci apportent un grand soin au gibier récolté puisque cela représente leur plus grande récompense pour tous les efforts et l’argent investis. Dire que plus de 70 % de la viande des gibiers récoltés au Québec est gaspillée est un mensonge éhonté qu’aucune statistique ni étude ne vient corroborer », peut-on lire dans un communiqué de la FédéCP.

De plus, la Fédération croit que la vente de gibier est contraire à leurs valeurs. « Cela va à l’encontre du Modèle nord-américain de la conservation de la faune qui indique entre autres que le gibier est un bien collectif et que lorsqu’il est chassé, il ne peut être vendu. »

Au total, ce sont cinq espèces d’animaux sauvages qui seront offerts, soit le cerf de Virginie, le rat musqué, le chevreuil, le lièvre d’Amérique et le castor. Dès cet automne, dix restaurateurs situés à Montréal, à Québec, dans Charlevoix et au Bas-Saint-Laurent auront la permission d’en cuisiner pour leurs clients.

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