Un service que la région n’a pas les moyens de perdre

THETFORD. Selon plusieurs représentants de la région des Appalaches, Thetford Mines ne peut absolument pas perdre le service de transport interurbain d’Orléans Express vers Victoriaville qui relie la ville à Montréal. En effet, il en va de la prospérité de la région.

Lors de l’audience de Kéolis, propriétaire d’Orléans Express, devant la Commission des transports du Québec (CTQ) tenue au Balmoral jeudi dernier, plusieurs intervenants et organismes de la région, en plus de la Ville de Thetford Mines, ont présenté leur point de vue quant aux conséquences de la perte d’un tel service. À la Ville, une chose est claire, cette perte de service va à l’encontre des efforts déployés afin d’attirer des gens dans la région.

« Que ce soit d’un point de vue social, géographique, institutionnel ou économique, Thetford Mines a besoin de conserver ses services, dont celui d’offrir une liaison par transport en commun vers l’ouest. Nous travaillons fort afin d’augmenter la population et de recruter de la main-d’œuvre, alors quel est ce message de couper dans les services offerts et dans l’accès à notre municipalité », a soutenu le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau.

Clientèle étudiante

Même son de cloche du côté du Cégep de Thetford qui a présenté les impacts qu’a un tel service sur leur recrutement. « Depuis les dernières années, le Collège a réussi à maintenir un nombre d’inscriptions satisfaisant, et ce, malgré les prévisions décroissantes du ministère de l’Éducation. Pour ce faire, des sommes importantes sont investies dans le recrutement à l’extérieur de la région de Thetford.  En effet, un total de 38 % de notre population étudiante provient de l’extérieur de la région. Cela représente 532 étudiants qui voyagent chaque semaine pour venir étudier ici. Quant aux enseignants, ils sont 41 à avoir une adresse civique à l’extérieur de la région », peut-on lire dans le mémoire présenté par l’institution qui croit que la disparition du service viendrait nuire au nombre d’étudiants de l’extérieur.

Le Cégep a également mentionné que le fait de couper un lien aussi important peut avoir un impact considérable sur les programmes d’études offerts et sur la santé de la région.

Qualité de vie de la région

Pour la MRC des Appalaches, à l’heure où la notion d’occupation du territoire prend tout son sens, que les élus unissent tous leurs efforts pour préserver une qualité de vie dans les régions, la coupure du service va directement à l’encontre des efforts déployés.

« Il est impératif de maintenir ce tronçon Thetford-Mines/Victoriaville, il va dans la survie de notre région, et ce, à tous les points de vue : économique, social, culturel et communautaire », a présenté la directrice générale de la MRC des Appalaches, Marie-Ève Mercier.

Dommage pour les plus démunis

Selon l’Association coopérative d’économie familiale des Appalaches (ACEF), la disparition du service de transport interurbain entre Thetford Mines et Victoriavilles n’aurait pas seulement des impacts économiques et démographiques, mais aussi sociaux puisque plusieurs personnes l’utilisant n’ont pas les moyens ou la capacité d’avoir une voiture.

« Quand l’on prend les choses en perspectives, et que l’on compare les sommes nécessaires à l’achat et à l’entretien d’une voiture aux prestations de base de l’aide sociale qui sont établis à 7320 $ par année pour une personne vivant seule, on comprend vite que c’est hors de prix pour de nombreux citoyens », constate l’ACEF.

Enfin, l’organisme croit que la fin du service d’Orléans Express aurait pour effet d’isoler encore plus une région et sa population. Aussi, selon l’ACEF, l’échéance très rapide de la demande empêche la collectivité à se prendre adéquatement en main pour trouver des alternatives viables.

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