François Morency : « la longévité fait foi de tout »

THETFORD. L’humoriste François Morency revient à la salle Dussault pour une supplémentaire de son spectacle « Furieusement calme », le 26 septembre, à 20 h. Pour cette occasion, le vétéran de l’humour a bien voulu s’entretenir avec le COURRIER FRONTENAC au sujet de son présent spectacle, de sa carrière et de ses projets.

Courrier Frontenac : Comme il s’agit de votre deuxième passage à Thetford Mines en cinq mois, croyez-vous qu’il est possible pour une personne qui l’a vu une première fois de l’aimer autant la deuxième fois?

François Morency : Je me rends compte que c’est possible d’apprécier un spectacle tout autant la deuxième fois que la première. Même moi comme spectateur, quand je vais voir un humoriste, le lendemain tu me demandes de te raconter des blagues que j’ai entendues et honnêtement, j’aurai de la misère à t’en raconter plus que cinq. Dans un spectacle d’une heure et demie où il y en a peut-être 480, tu ne peux pas te souvenir de tout. Il m’est arrivé souvent de revoir un spectacle et je l’ai tout autant aimé la deuxième fois.

C.F. : Comment se passe votre tournée jusqu’à maintenant?

F.M. : Le spectacle va bien. Il est déjà dans sa deuxième année et nous faisons des reprises dans certaines villes et des premières dans d’autres. La première année, je faisais de trois à quatre soirs par semaine. Nous avons dû abaisser ce nombre parce que je suis maintenant à la radio le matin. Les spectateurs sont là. Ça reste l’ultime compliment quand tu penses à tout ce que ça implique aller voir un spectacle. Il y a l’aspect financier, mais il faut aussi que les gens libèrent un gros trou dans leur horaire chargé, souvent des semaines à l’avance. C’est très flatteur de voir une salle de gens qui ont planifié autant dans leur vie à eux pour venir te voir.

C.F. : C’est votre quatrième spectacle solo, prévoyez-vous en faire un cinquième?

F.M. : Je n’en ai aucune idée. Je n’ai jamais eu de plan de carrière. Je n’ai jamais prévu quelque chose parce que souvent, les choses que j’avais prévues sont tombées à l’eau. Je ne sais pas encore non plus si ce spectacle va durer longtemps et je ne sais pas s’il y en aura un autre. J’y vais vraiment à l’instinct et sur les 12 mois qui suivent. Ce qui va meubler ma prochaine année, c’est la radio et les spectacles de ma tournée. J’ai déjà dit non à l’animation du Gala les Oliviers que j’avais fait plus tôt cette année parce que ça demande énormément de temps et d’énergie, ce que je n’avais pas nécessairement.

C.F. : Que peut-on souhaiter de positif à François Morency pour la suite de sa carrière?

F.M. : Me rendre à 25! Le vrai défi c’est de rester là, de rester en demande et d’être pertinent. J’ai toujours eu beaucoup de respect pour les artistes qui restent là longtemps. Même si je n’aime pas ce qu’ils font, je respecte leur longévité. Que ce soit en musique ou en humour, quand ça fait 30 ans que tu es là, ça ne peut pas être de la chance ou du hasard. Tu peux être chanceux pendant cinq ans, tu peux profiter d’un vent positif, mais quand ça fait 15 ans que tu fais ça, tu n’es plus la saveur du mois. Si tu me donnais le choix entre les trophées et ma longévité, je prendrais sans hésiter ma longévité parce que c’est la seule statistique qui ait une vraie importance.

Dans « Furieusement calme », François Morency rend un vibrant hommage à ses parents qui célèbrent leurs 62 ans de mariage et enchaîne les anecdotes grâce à des textes magnifiquement ficelés et des plus hilarants. Offrant une belle diversité de numéros, utilisant la projection de vidéos et d’images sur des écrans géants, c’est avec son efficacité légendaire que François Morency amène les spectateurs à rire de la peur : les siennes, les nôtres, les phobies, la peur du refus de l’engagement, des préjugés et du vide.

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