Recyc RPM officiellement en faillite

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Par Eric Gourde
Recyc RPM officiellement en faillite
L'entreprise Recyc RPM est finalement en faillite.

AFFAIRES. Le recycleur de plastique Recyc RPM a finalement déclaré faillite, le vendredi 3 octobre dernier. Une centaine de personnes ont ainsi perdu leur emploi.

Les frères Louis et Luc Métivier n’ont eu d’autres choix que de baisser les bras, et ce, même si les créanciers de l’entreprise avaient appuyé un plan de relance en juillet.

Recyc RPM avait pignon sur rue à Beauceville et Saint-Damien et souhaitait moderniser ses équipements sauf que les pourparlers avec des partenaires comme Recyc-Québec étaient toujours à l’étude. « Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation semblait de bonne foi, mais rien ne laissait voir de réels changements dans la chaîne de valeur », explique le PDG de l’entreprise Louis Métivier.

« En plus, nous avons dû attendre 14 mois avant d’obtenir notre certificat d’autorisation du ministère pour faire l’installation de notre nouvelle machinerie provenant d’Europe, sans ce certificat nous ne pouvions rien produire ce qui nous a coûté des millions $. »

Iniquité et mauvaise information

L’homme d’affaires estime qu’il y a beaucoup d’iniquité dans le domaine du recyclage et que les besoins sont méconnus de la population. « Ceux qui font la cueillette sont payés, le tri également, le recycleur de pneus est aussi payé, mais le plastique rien », se désole-t-il. « Le système de la collecte sélective doit être revu de A à Z. Le verre n’est plus recyclé ou presque au Québec et notre province voisine, l’Ontario, donne beaucoup d’avantages aux recycleurs de plastique et de pneus comparativement à ici.

Les gens mettent du PVC (# 3), du polystyrène (# 6), ainsi que du  # 7 (autres) dans leur bac de récupération, il ne faut pas, mais personne ne leur dit. Nous sommes un recycleur de type polyoléfine (HDPE et PP) provenant du bac de récupération. Celui qui se retrouve avec des déchets et qui doit payer pour les enfouir, c’est nous. »

Louis Métivier déplore également que le gouvernement péquiste précédent ait donné une compagnie en faillite à l’un de ses clients Soleno, maintenant devenu RCM-Soleno, subventionnant largement la démarche au passage. « Les péquistes ont donné une compagnie à mon plus gros client. Celui-ci nous achetait pour environ 500 000 $ de plastique chaque mois. Je le comprends d’avoir choisi de produire son matériel lui-même. »

La faillite de Recyc RPM provoque la perte d’une centaine d’emplois, dont certains avaient déjà été mis à pied de façon temporaire en mai lorsque l’entreprise s’est placée à l’abri de ses créanciers. Les créances de RPM se chiffrent à près de 20 millions $.

Des impacts dans la région de Thetford?

Le directeur général de Récupération Frontenac, Junior Saint-Cyr, trouve dommage de voir une belle entreprise comme celle des frères Métivier, qui a autant de valeur, fermer ses portes. « Nous avons vendu seulement quelques fois en l’espace de deux ans à Recyc RPM. Celles qui achètent nos plastiques sont situées dans l’ouest de la province. Toutefois, sa fermeture occasionne des impacts pour tous les centres de tri, car il s’agissait d’un gros joueur. »

M. Saint-Cyr a fait savoir que lorsqu’un recycleur de ce calibre disparait, cela peut avoir un effet à la baisse sur les prix que les centres de tri obtiennent pour leurs matières, car il y a un acheteur de moins.

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