Stéphanie Beaudoin regrette ses gestes

Par cthibodeau

Stéphanie Beaudoin, cette jeune femme de 21 ans de Victoriaville sur qui pèsent 114 chefs d’accusation d’introduction par effraction et vol, notamment, affirme regretter les gestes posés. «Oui, je regrette mes gestes. J’ai agi sur un coup de tête, lors d’une mauvaise passe. Je subis les conséquences et c’est vraiment correct aussi», a-t-elle confié à La Nouvelle Union, ajoutant qu’elle souhaitait regarder vers l’avant.

Devant le juge David Bouchard de la Cour du Québec, celle que plusieurs médias québécois et d’ailleurs ont baptisé «la voleuse sexy» ou la «voleuse au petit chien» s’est engagée, lundi après-midi, à enregistrer un plaidoyer de culpabilité à la prochaine audience fixée au 9 décembre.

Stéphanie Beaudoin reconnaîtra sa culpabilité à certains chefs d’accusation qui couvriront toutefois l’ensemble des dossiers. L’accusée aurait commis, finalement, une trentaine de vols, et non une quarantaine comme on le croyait au départ.

«Elle plaidera coupable à certains chefs, une possibilité d’une trentaine. On parle d’une trentaine de vols. Les vols qui lui sont attribués sont moins nombreux que tous ceux qu’on lui attribuait au départ», a expliqué Me Denis Lavigne, l’avocat de la jeune femme accompagnée et soutenue, non seulement par ses parents, mais aussi par plusieurs de ses amis.

Pas une surprise

L’engagement de l’accusée à plaider coupable ne constitue pas une surprise pour le représentant du ministère public, Me Anthony Cotnoir.

«On s’attendait à un plaidoyer vu la preuve dans le dossier. Il ne s’agit pas d’une surprise. Nous avions des discussions entamées avec la défense. Tout indiquait que Madame avait l’intention de régler depuis les débuts», a-t-il précisé.

Une période dépressive?

Lors de l’audience du 9 décembre, la confection d’un rapport présentenciel sera exigée. «Ce rapport, on l’espère, nous éclairera sur les motivations, les raisons qui ont poussé Madame à faire ce qu’elle a fait puisque, pour l’instant, on est toujours dans le noir», a fait valoir Me Cotnoir.

Pour sa part, le criminaliste Me Denis Lavigne pense que sa cliente a agi lors d’une période dépressive. «Ce que je pense, avec les informations disponibles, c’est qu’elle a agi lors d’une période dépressive qui s’est ensuite résorbée. Mais elle suit toujours les conseils de ses médecins, a souligné l’avocat. Le rapport présentenciel nous apportera beaucoup d’éclairage sur sa situation psychologique au moment où les délits se sont produits.»

Emprisonnement ferme ou dans la collectivité?

Le Code criminel, pour les introductions par effraction, prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à la perpétuité.

«On voit souvent des peines de détention, surtout ici, avec le nombre de dossiers. Mais il s’agit ici d’un cas particulier. Voilà pourquoi le rapport présentenciel nous éclairera, notamment sur le risque de récidive», a confié le procureur aux poursuites criminelles et pénales.

«L’imposition d’une peine, a-t-il ajouté, constitue un exercice individualisé. Pour le moment, il me manque trop d’informations pour statuer sur le genre de peine qui sera demandée.»

L’avocat de Stéphanie Beaudoin, cependant, recherche une peine à purger dans la communauté. «C’est ce qu’on souhaite pour une erreur de parcours, même s’il s’agit d’une grosse erreur. C’est une première pour elle et il y a beaucoup d’explications à donner», a fait savoir Me Lavigne, affirmant aussi que sa cliente regrette beaucoup ses gestes.

«Elle a hâte d’écrire ses lettres pour les victimes pour le tort qu’elle leur a causé», a-t-il dit, soutenant que l’accusée souhaite même présenter ses excuses en présence des journalistes.

Quant à ses complices, deux personnes d’âge mineur, le processus suit son cours devant le Tribunal de la jeunesse. Pour Me Lavigne, toute cette affaire relève «d’une aventure commune» qu’on ne peut attribuer seulement à sa cliente.

Des vols totalisant plus de 5000 $

Les crimes reprochés à Stéphanie Beaudoin ont été commis en juin et juillet dans plusieurs résidences des MRC d’Arthabaska et de L’Érable.

Pour le procureur du ministère public, il est difficile d’évaluer la valeur totale des biens dérobés. «C’est difficile parce qu’il s’agit notamment d’estimations effectuées par les plaignants. Mais on parle de vols de plus de 5000 $. Les policiers ont retrouvé lors des perquisitions de petits objets, des bijoux et de l’argent, entre autres, mais aussi des armes à feu dans le véhicule de l’accusée. Ce sont d’ailleurs les chefs d’accusation les plus graves, ceux concernant la possession d’armes à feu volées», a mentionné Me Anthony Cotnoir.

Condition modifiée

Les parties ont aussi profité de l’audience pour modifier l’une des conditions que doit respecter Stéphanie Beaudoin qui, jusqu’ici, était assignée à domicile en tout temps, sauf exception.

Maintenant, l’accusée devra se trouver chez sa mère entre 21 h et 7 h.

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