Quand vivre autrement n’est pas permis

Quand vivre autrement n’est pas permis
L'abri forestier de Sylvain Pilon et Bonnie Kerr n'est pas conforme selon le règlement de la municipalité en raison de ses deux étages.

Sylvain Pilon et Bonnie Kerr ont décidé de vivre autrement, dans la nature, afin de s’en rapprocher et d’adopter un mode de vie plus respectueux envers celle-ci. Ce choix est toutefois menacé puisque des règlements municipaux les empêchent de vivre de cette manière.

Vivant sur une terre agroforestière de 20 acres à Saint-Joseph-de-Coleraine depuis plus de trois ans, le couple y a construit lui-même un abri forestier afin d’y résider. Ils cultivent eux-mêmes leur nourriture et sont presque autosuffisants. Le zonage de leur terre ne leur permet cependant pas de rester en permanence sur celle-ci.

«Pour qu’ils puissent y rester, il faudrait changer le zonage. Nous ne sommes pas retournés faire d’inspection depuis le dernier avis et nous ne savons pas s’ils ont fait des changements à leur abri, mais il demeure que ce n’est pas permis de vivre là», souligne le directeur général de Saint-Joseph-de-Coleraine, Martin Cadorette. En bref, la réglementation municipale ne leur permettra pas d’y rester, peu importe le type d’habitation qu’ils voudraient y construire ou installer.

Ayant donc reçu un avis d’infraction de la part de la Municipalité, Sylvain Pilon et Bonnie Kerr devront aller présenter leurs arguments devant un juge de la cour municipale dans quelques semaines.

Vivre comme bon leur semble

Même si pour l’instant, la réglementation est contre son mode de vie, le couple tient mordicus à défendre son droit de vivre de cette manière dans le but de créer le moins de dommages possible à l’environnement. «Plus personne ne remet en question que nous voyons les conséquences des changements climatiques se manifester sous nos yeux. La pollution de tout ce qui soutient la vie, incluant notre nourriture, a pris des proportions cataclysmiques. Bien se nourrir est devenu de plus en plus difficile, sinon impossible, pour une part de plus en plus grande de l’humanité, et ce, en dépit de nos prouesses technologiques», indique le couple.

 «Nous avons décidé de vivre la simplicité volontaire avant qu’elle nous soit imposée par les faits. Nous voulons surtout ouvrir la voie pour ceux qui croient qu’il faut agir maintenant, qui ont compris qu’il est futile d’attendre que les gouvernements, les entreprises ou les autres agissent», ajoute-t-il.

Conscient que son mode de vie est hors-norme, le couple soutient avant tout qu’il souhaite seulement qu’on le laisse tranquille. «Nous n’imposons pas notre mode de vie à personne. Nous voudrions aussi être libres d’agir en conformité avec notre conscience plutôt qu’en conformité avec l’inconscience des autres.»

Peu d’aide

Ayant droit à l’aide juridique pour se défendre, le couple a obtenu peu d’appui de ce côté. «C’est la première fois que nous avons affaire avec l’aide juridique. Nous fondions un espoir sur ce service, mais nous avons rapidement déchanté. Dès les premières minutes, il est apparu évident que la volonté n’y était pas. Au lieu d’essayer de voir comment elle pourrait nous aider, notre avocate a semblé s’engager dans un argument à savoir comment en faire le moins possible tout en nous chargeant le maximum. Ce n’est pas gratuit, même si vous y avez droit», raconte-t-il.

Sylvain Pilon et Bonnie Kerr ont donc décidé d’aller se défendre sans avocat pour le moment. La séance devant le juge de la cour municipale aura lieu le 30 mars au palais de justice de Thetford Mines.

À lire: Un mode de vie qui dérange

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bernard Barotte
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bernard Barotte
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bernard Barotte

Il existe un plan d’occupation des sols, qui définit des zones réservées à différentes activités…ou sans activité, afin de respecter les équilibres entre les différentes activités et les zones à protéger. Par exemple, il y a des zones constructibles ou pas. En étalant un tel taudis en pleine forêt, on pourrait d’abord penser à la réalisation d’un merveilleux rêve écologique… Et puis, si nous considérons que nous sommes plus de 65000000 de français et quelque 7 milliards d’êtres humains, on se rend compte que si une infime partie d’entre nous s’arrogeait le droit de suivre le même exemple, le désastre… Read more »