«Me laisser mourir ce n’était pas une option»

«Me laisser mourir ce n’était pas une option»
David Nadeau (au centre) a qualifié l'expérience du Cyclo-défi Enbridge d'extraordinaire

Il y a un an, plusieurs médecins confirmaient le pire diagnostic possible à David Nadeau: il était atteint d’un cancer irréversible, il ne lui restait seulement que quelques mois à vivre. Peu de temps après, le docteur Félix Couture lui a toutefois redonné un mince espoir, il était admissible à un protocole de recherche pour un nouveau médicament. Aujourd’hui, il se considère presque comme un miraculé.

Depuis juillet dernier, les métastases qui se retrouvaient auparavant dans ses poumons, son œsophage et les ganglions de son cou sont disparues.

«Mes médecins me disent que le cancer ne disparaîtra jamais, surtout en raison de l’ampleur qu’il avait, mais avec le médicament, ils ont pu endormir le mal. Combien de temps cela va durer? Je ne le sais pas et eux non plus. Ils ont été bien clairs avec moi que cela ne me guérirait pas et que ça pourrait ne pas marcher, je reste un cobaye. J’ai un suivi tous les dix jours pour voir si tout va bien. Jusqu’à maintenant, les résultats sont concluants», souligne David Nadeau.

Ce dernier fait partie d’un protocole de recherche de l’Université Laval en collaboration avec l’Hôpital général juif. Le médicament auquel il faut référence est le pembrolizumab, un anticorps permettant d’accroître la capacité du système immunitaire afin de combattre le cancer. De janvier à juillet, David Nadeau s’est rendu à Québec afin de subir des traitements de ce médicament jumelé à de la chimiothérapie. Depuis la confirmation de la disparition des métastases en juillet, il ne reçoit que le médicament de recherche.

«Ça va continuer comme cela tant qu’il fera effet. Dans quelques semaines, le protocole de recherche sera terminé. J’espère que le médicament sera accepté. Je sais qu’il a marché sur certains et sur d’autres non, mais c’est quand même une bonne nouvelle qu’il y ait des résultats positifs. De plus, c’est possible que mes médecins espacent éventuellement le temps écoulé entre mes traitements ou qu’ils les arrêtent si tout continue de bien fonctionner. Si le mal revient, on m’a dit qu’ils pourraient revenir avec le même médicament ou quelque chose de différent pour encore éteindre le feu», mentionne-t-il.

Pas toujours facile

Les deux traitements aux 20 jours pendant six mois n’ont pas été faciles pour David Nadeau. «Chaque fois, mon système immunitaire était vraiment à la limite pour recevoir la dose suivante, mais je n’en ai jamais manqué. La chimiothérapie, ça brûle autant le méchant que le bon. J’ai eu beaucoup d’effets secondaires, comme la perte de l’appétit et la perte de poids, mais chaque fois on me disait que mon corps répondait bien, donc je n’avais pas le choix de continuer. Maintenant, ça va bien mieux de ce côté», explique-t-il.

En plus des effets physiques, David Nadeau soutient que les conséquences sur le mental sont tout aussi importantes, et même plus. «Le physique va peut-être de mieux en mieux, mais le mental ne suit plus un moment donné. Ça ne sera plus jamais comme avant parce que le cancer reste toujours là. Une journée c’est super bon, mais le lendemain ça peut aller moins bien. L’incertitude, ça joue dans la tête», affirme-t-il.

Il rappelle néanmoins qu’aucune autre porte de sortie ne s’offrait à lui il y a un an et que maintenant, il se considère chanceux de pouvoir continuer à vivre. «Quand j’ai embarqué dans ce protocole de recherche, ce n’était pas un choix, mais la seule option que j’avais. Me laisser mourir ce n’était pas une option, surtout pas à l’âge que j’ai, pas dans la quarantaine. Ce n’est pas facile et il n’y a rien de garanti, mais si ça peut en aider d’autres, tant mieux. Je le prends du côté positif, je suis encore en vie.»

Le père de famille a recommencé à travailler deux jours par semaine. Il avoue que cela lui fait du bien. Pas parce qu’il a pu reprendre une vie normale, il en a fait son deuil de la vie normale, mais bien parce que cela lui permet de mettre le négatif de côté.

Redonner au suivant

Selon David Nadeau, l’entraînement l’a beaucoup aidé à passer au travers. Rappelons qu’en mai dernier, le Courrier Frontenac publiait un texte au sujet de son histoire et de son intention de participer au Cyclo-défi Enbridge, un trajet en vélo de plus de 200 kilomètres en deux jours entre Montréal et Québec afin d’amasser des fonds pour la recherche sur le cancer. Il croit que cet objectif lui a donné les forces nécessaires dans le but de s’entraîner chaque jour.

«J’ai vécu une expérience extraordinaire et mon équipe l’était tout autant. Je ne remercierai jamais assez ceux qui m’ont accompagné et ceux qui m’ont aidé dans cette aventure. Tu découvres des amis que tu ne soupçonnais même pas que tu avais. C’est inexplicable à quel point tout ça peut faire du bien», raconte-t-il.

Soulignons que pendant l’événement tenu l’été dernier, le Broughtonnais a reçu un maillot d’ambassadeur du défi pour reconnaître les actions de son équipe.

David Nadeau espère maintenant organiser une activité similaire dans sa région avec l’aide de son équipe et de son entourage. «On m’a beaucoup aidé et maintenant je veux aider les autres à mon tour. Je ne sais pas encore à quelle cause nous allons nous rattacher, mais il y en a plusieurs qui le méritent, nous devrons choisir au hasard. L’idée derrière tout ça est de redonner au suivant et je crois que d’un autre côté, ça m’aide à aller de l’avant» conclut-il.

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