Confrontation avec le cardinal Gérald Cyprien Lacroix devant l’église St-Alphonse

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Par Claudia Fortier
Confrontation avec le cardinal Gérald Cyprien Lacroix devant l’église St-Alphonse
Roger Lessard

L’archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, a été accueilli dimanche devant l’église St-Alphonse par Pierre Bolduc et Denis Cloutier, deux présumées victimes du prêtre Jean-Marie Bégin qui leur aurait fait subir, alors qu’ils étaient enfants, plusieurs sévices sexuels entre les années 1960 et 1980. Cette manifestation avait pour but de démontrer leur mécontentement au cardinal qu’ils accusent de manquer d’empathie envers les victimes. 

Selon Roger Lessard, porte-parole des victimes, le cardinal n’a visiblement pas apprécié être confronté de cette manière. «Il n’a vraiment pas aimé ça. Il a figé et il n’a pas dit grand-chose. […] Il avait l’air du petit gars de dix ans que je disputais parfois quand j’étais directeur d’une école primaire. Chaque fois qu’il en parle, on dirait que c’est lui la victime et nous les agresseurs. C’est comme ça au niveau mondial aussi. L’Église catholique se sent toujours agressée sur cette question.»

Gérald Cyprien Lacroix a, par le passé, refusé de rencontrer Pierre Bolduc qui désirait s’entretenir avec lui pour lui raconter son histoire. Le diocèse avait plutôt organisé une rencontre avec un avocat bénévole, Simon Hébert.

«Dans la première lettre que Pierre a envoyée à l’archevêque, le 4 juillet 2011, il lui disait qu’il aimerait le rencontrer pour savoir si Jean-Marie Bégin avait fait d’autres victimes et lui raconter les séquelles des abus sur le reste de sa vie. Quand on lui a demandé pourquoi il avait été reçu par un avocat, la seule chose qu’il a répondue pendant tout ça c’est que M. Hébert était là en tant que bénévole et non en tant qu’avocat. Je lui ai dit voyons M. Lacroix, ce n’est pas vrai», a raconté M. Lessard en soulignant que Simon Hébert avait caché sa véritable profession à Pierre Bolduc, même quand ce dernier lui a clairement posé la question.

Roger Lessard déplore également que Mgr Lacroix remette en doute les histoires des victimes en disant que puisqu’il est décédé depuis longtemps, Jean-Marie Bégin ne peut pas se défendre.

Délai de prescription

M. Lessard et les victimes interpellent également le gouvernement Couillard qui continue d’ignorer leurs demandes quant à l’abolition du délai de prescription. Rappelons que le Québec est encore la seule province canadienne où une victime ne peut pas obtenir justice en cour civile, peu importe le temps passé depuis son agression. Bien que le délai ait été augmenté de 3 à 30 ans en 2013, la nouvelle loi n’est pas rétroactive.

Enfin, le printemps dernier, Pierre Bolduc a porté plainte bureau du Protecteur du citoyen qui a décidé par la suite d’ouvrir un dossier au sujet du délai de prescription. Le résultat de l’analyse est attendu d’ici la fin de 2017.

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