Dynamophilie : l’ascension impressionnante de Renée Croteau-Paradis

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Par Claudia Fortier
Dynamophilie : l’ascension impressionnante de Renée Croteau-Paradis
L’athlète de Thetford Mines vise maintenant l’or. (Photo : Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard (Utilisation interdite sans autorisation))

Bien qu’elle ne pratique la dynamophilie que depuis six mois, Renée Croteau-Paradis réussit déjà à se distinguer dans ce sport. Elle a en effet décroché la médaille de bronze lors du Championnat national qui avaient lieu à Ottawa du 4 au 9 mars dernier. La Thetfordoise a de plus battu deux records québécois à cette occasion.

Lors de cet événement réunissant près de 800 des meilleurs athlètes au pays, elle est montée sur le podium aux côtés de l’Ontarienne Debbie Peevers, membre de l’équipe canadienne en 2018 pour les championnats du monde, ainsi que de la Néo-Écossaise Anne Graham. Elle a réalisé un total de 237,5 kg au combiné des trois disciplines. Cette performance, en plus de constituer un record personnel, lui a permis de remplacer la marque du Québec datant de 2014 par pas moins de 20 kg.

Précédemment inscrite dans une catégorie différente, Renée Croteau-Paradis a d’abord enregistré un record personnel de 80 kg à la flexion de jambe, soit 7,5 kg de plus que son ancienne marque. Par la suite, lors du développé couché, son épreuve de prédilection, elle a amélioré de manière considérable le record québécois, datant aussi de 2014, qui était de 47,5 kg pour égaler le sien à 60 kg. Elle a terminé cette longue journée d’efforts intenses en réalisant une performance de 97,5 kg au soulevé de terre.

«Je n’ai pas réalisé tout de suite ce que je venais d’accomplir, explique-t-elle. C’est avec le recul que tu le constates. Tu vis longtemps pour cette journée. Ça faisait 16 semaines que j’étais en préparation avec un plan alimentaire, plusieurs restrictions et très peu de sorties.»

Pour le Championnat canadien, l’athlète avait décidé de changer de catégorie de poids pour passer des 72 kg aux 63 kg. «Ce n’était pas toujours évident parce que j’ai aussi une vie et un travail», souligne celle qui est enseignante en adaptation scolaire à l’école Ste-Luce de Disraeli.

La fierté est le premier sentiment qu’elle a ressenti après la compétition. «Quand tu y penses et que tu réalises que ça fait juste six mois que tu fais ça, tu te dis que tu n’es pas si pire!»

«Mon but était d’être sur le podium et c’est ce que j’ai réussi. C’est un bel accomplissement» – Renée Croteau-Paradis

Un retour à l’entraînement

Après avoir délaissé l’entraînement pendant deux ans, Renée Croteau-Paradis a décidé d’y retourner il y a un peu plus d’un an pour le plaisir et pour se remettre en forme. Elle a rapidement rattrapé ce qu’elle avait perdu et a commencé à lever des poids équivalents à des records québécois. Elle s’est d’abord entraînée au développé couché et a participé à sa première rencontre en juin. C’est en septembre qu’elle a ensuite fait sa première compétition de dynamophilie, ce qui lui a donné la chance de prendre part aux provinciaux en novembre et, finalement, aux nationaux au début du mois de mars.

«Le provincial c’était un gros événement et très stressant. Il y avait beaucoup de bons athlètes! Ç’a super bien été et j’ai réussi à décrocher l’or et ainsi me qualifier pour le Championnat national», affirme celle qui s’entraîne au CAPS avec l’aide de son conjoint André Garon.

Ce qu’elle aime par-dessus tout de son sport, c’est le dépassement de soi. «Il y a aussi l’adrénaline que ça t’apporte. Tu veux toujours lever plus pour battre tes propres records. Pendant les entraînements, c’est de voir jusqu’où tu vas te rendre. C’est toi contre toi-même, il n’y a personne d’autre.»

Objectif : l’or

Renée Croteau-Paradis est actuellement en repos à la suite du Championnat canadien. Elle prévoit toutefois prendre part à une prochaine compétition à la fin du mois de mai ou en juin. Elle recommencera également le processus qui la mènera de nouveau aux nationaux l’an prochain.

«C’est sûr que de battre mes propres records, c’est la première marche, ensuite c’est de viser l’argent, mais l’objectif ultime, c’est l’or!»

Participer à des compétitions internationales demeure aussi une possibilité emballante. «Afin d’être sur l’équipe mondiale, il faut gagner l’or au national.»

Pour les rencontres internationales, il faut qu’elle soit capable d’atteindre les standards qui deviennent de plus en plus élevés selon l’ampleur des événements. «L’important c’est d’y aller étape par étape», souligne l’athlète.

Après être montée sur le podium au Championnat national malgré le peu d’expérience qu’elle possédait dans cette discipline, qui sait jusqu’où la motivation de Renée Croteau-Paradis pourra l’amener?

À propos de la dynamophilie

La dynamophilie ou powerlifting en anglais, est un sport qui mesure la force absolue en soulevant le plus de poids dans une répétition. Elle consiste comme l’haltérophilie à lever des barres, mais elle s’en distingue par ses mouvements techniquement plus basiques, où les charges sont plus lourdes et où l’amplitude est plus réduite.

Ça consiste à exécuter trois épreuves: flexion de jambe (squat), développé couché (bench press) et le soulevé de terre (deadlift). Chaque compétiteur a droit à 3 essais par épreuve. Le meilleur essai reconnu bon par épreuve compte pour le total. À la fin de la compétition, la somme des meilleures barres sur les trois mouvements est faite pour chaque compétiteur qui détermine le classement final. En cas d’égalité, le compétiteur le plus léger remporte la victoire.

Source : Fédération québécoise de dynamophilie

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