Le Courrier Frontenac : pas une mine d’or… mais pas en danger non plus!

Le Courrier Frontenac : pas une mine d’or… mais pas en danger non plus!
Mathieu Allard, directeur général du Courrier Frontenac (Photo : Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard)

Plusieurs personnes se sont informées de la situation du Courrier Frontenac à la suite de l’annonce de la faillite imminente de Capitales Médias. Certains étaient encore plus inquiets, car ils croyaient que notre journal appartenait à ce groupe. Bien que les belles années soient derrière nous, le Courrier Frontenac n’est pas en mauvaise santé présentement. Je crois qu’il est donc nécessaire de faire une petite mise au point à ce niveau.

Premièrement, le groupe de presse dont fait partie le Courrier Frontenac est iciMédias et non Capitales Médias. Notre groupe de presse possède 23 hebdomadaires locaux en Chaudière-Appalaches, au Centre-du-Québec, en Mauricie, en Estrie et en Montérégie. Il se concentre sur les hebdos et ne possède aucun quotidien.

La différence

Il est important de faire la distinction entre les quotidiens vendus et les hebdomadaires locaux. Pour notre part, nous ne vendons pas d’abonnement. Nous n’avons pas non plus l’obligation de publier un journal tous les jours, même si certaines journées sont déficitaires. Notre modèle d’affaires est basé sur la vente de publicité et la distribution dans le Publisac une fois par semaine. Ce n’est pas la quantité de nouvelles qui fait le nombre de pages, mais bien le nombre d’annonceurs. Si les revenus publicitaires nous permettent de faire 32 pages, le journal aura 32 pages. Si nous avons assez d’argent pour faire 40 pages,  le journal aura 40 pages. Cette flexibilité nous permet de publier des journaux avec une certaine rentabilité.

Par contre, cette flexibilité a des limites. Ne nous mettons pas la tête dans le sable! Nous sommes bien loin de l’époque des journaux de 92 pages. Ce qui explique la baisse du nombre de pages est en grande partie dû à la diversité publicitaire qui est maintenant offerte aux commerçants. À une certaine époque, le journal était l’une des seules (voir la seule dans certains endroits) sources efficaces de placement publicitaire. De nos jours, il pousse des options publicitaires tous les jours!

Un autre facteur qui influence le nombre de pages est le coût d’impression et de distribution. Nos dépenses augmentent significativement d’année en année, mais le budget des annonceurs n’augmente pas au même rythme. Nous devons alors placer un pourcentage de publicités plus élevé dans le journal afin de couvrir nos frais.

La très grande majorité du transfert vers le numérique sont les petites annonces et les publicités des grandes chaînes nationales.

Les avis publics

L’abolition de la loi qui obligeait les Villes à publier leurs avis publics a fait extrêmement mal à nos journaux. Si nous faisons une comparaison, entre cette année et il y a deux ans, les pertes monétaires dans le cas du Courrier Frontenac sont équivalentes à 120 pages qui n’ont pas été publiées. Si nous faisons un calcul rapide, nous avons une moyenne d’environ 32 pages par semaine, ce qui veut dire que l’équivalent de quatre éditions complètes n’a pas été publié dans la dernière année. Bon, quatre éditions sur 52, ce n’est pas la fin du monde vous allez me dire…. mais si je vous dis que dans la prochaine année, vous recevrez quatre paies de moins de la part de votre employeur… en raison d’une nouvelle loi gouvernementale… selon moi, ce ne sera pas long que le bureau du député va déborder!

Je peux comprendre certaines Municipalités qui remettaient en doute la pertinence de placer ces avis publics dans le journal. Par contre, si cet argent avait été placé sous forme de publicité, les villes et villages auraient pu profiter du lectorat du journal pour faire connaitre leurs activités, organismes locaux et leur développement industriel, commercial et résidentiel. Nous ne demandons pas un don avec rien en retour! Ce serait une solution gagnant-gagnant. Dans certains journaux, c’est le salaire d’un ou deux journalistes qui a été perdu.

Je me dois de spécifier ici que certaines Villes et Municipalités placent encore des publicités et des avis de façon sporadique. Elles n’ont pas toutes fait le choix de ne plus en placer. Par contre, le constat est que la baisse des revenus qui vient des Villes et Municipalités est significative pour le Courrier Frontenac.

L’avantage iciMédias

Le fait de faire partie d’un groupe de presse indépendant est plus que bénéfique pour le Courrier Frontenac. Premièrement, nous avons une plus grande liberté au niveau de la gestion locale du journal. Surtout, nous avons accès à un support et à des ressources afin de développer de nouveaux produits pour nos annonceurs. Notre automne sera chargé à ce niveau, car nous travaillons extrêmement fort afin de développer une offre de service qui couvrira l’ensemble des besoins publicitaires de nos annonceurs.

Pour terminer, le nombre de pages diminue, en effet, mais les lecteurs sont toujours au rendez-vous. Un sondage sera prochainement réalisé et je suis persuadé que les résultats seront convaincants pour le Courrier Frontenac. C’est ma ligne directrice. Nous devons miser sur l’information locale de qualité afin de créer un auditoire intéressant, autant dans le journal papier que sur notre site Internet. Le succès de notre média passe par l’information locale. Plus il y aura d’annonceurs dans le journal, plus nous pourrons investir dans la salle de rédaction.

Pour soutenir votre journal local

La meilleure façon de soutenir votre journal local est de visiter les annonceurs que vous voyez dans le journal. Et n’hésitez pas à leur dire que vous avez vu leur annonce dans le journal!

Visitez régulièrement notre site Web. Vous êtes de plus en plus à nous consulter et nous l’apprécions beaucoup. Abonnez-vous également à notre infolettre. C’est gratuit et vous recevrez les dernières nouvelles directement dans votre boite courriel.

Visitez notre plateforme Rabaischocs.com. Celle-ci vous permet d’acheter des certificats-cadeaux à rabais chez nos commerçants locaux. Le Courrier Frontenac a été le premier journal du groupe iciMédias à joindre l’aventure.

Appuyez la démarche www.jaimemonpublisac.ca, Publisac étant un partenaire majeur dans la distribution des hebdomadaires du Québec.

Si vous êtes un commerçant, pensez aux journaux locaux lorsque vient le temps de faire la publicité de votre entreprise, vos offres d’emplois ou d’une activité.

Mathieu Allard
Directeur du Courrier Frontenac

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Éric Leclerc
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Éric Leclerc
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Éric Leclerc

Investissement Québec et le Ministère de la culture et des communications ont déjà débloqué 20 M$ en fonds publics pour aider les médias écrits, pendant que la haute direction de Power Corporation s’est débarrassée d’une division de papiers journaux devenue non-rentable. Tôt ou tard tous les hebdomadaires régionaux comme le vôtre, devront migrer DÉFINITIVEMENT vers le web pour assurer leur survie financière ou disparaître. Par ailleurs, même si Pierre-Karl Péladeau achète les journaux régionaux menacés de fermeture, où dont la situation financière est appelée à s’améliorer, il imposera sa façon de faire, en exigeant des journalistes du contenu pertinent et… Read more »