KB3 : une reprise des travaux sur fond d’incertitude

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Par Jean-Hugo Savard
KB3 : une reprise des travaux sur fond d’incertitude
Le chantier sur le site du Centre historique de la mine King (KB3) a repris le 11 mai dernier. (Photo : Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard)

Touchés par l’arrêt des chantiers en raison de la pandémie de COVID-19, les travaux visant la réalisation de la phase 2.1 du Centre historique de la mine King (KB3) ont finalement pu reprendre le lundi 11 mai.

Le retour des camions et de la machinerie sur le site ne peut que réjouir le président du Musée Minéro de Thetford | KB3, Yvan Faucher. « La pandémie nous a fait perdre un gros mois. Nous essayons de récupérer cela. C’est un soulagement parce que nous avions obtenu une subvention de Développement économique Canada et nous devions respecter des délais pour investir cette somme. Les fonctionnaires ont fait preuve d’ouverture dans le contexte actuel. »

Le gouvernement fédéral a en effet accordé un montant de 3,6 millions $ sur les 4,3 millions $ nécessaires à la réalisation de ce projet. Normalement, la construction de la galerie souterraine et l’aménagement du parc urbain devaient être complétés au plus tard le 31 mars dernier.

Selon M. Faucher, les travaux à l’intérieur de la galerie sont sur le point d’être achevés. Son équipe disposera de deux à trois mois pour y ajouter la partie muséologie. Quant à l’aménagement du terrain, le tout devrait être terminé à la fin juin.

La crise sanitaire fait toutefois planer beaucoup d’incertitude puisque même si les travaux sont complétés, l’ouverture officielle n’est pas pour demain. « Si l’accès au parc est permis, les gens pourront le fréquenter en suivant les exigences du gouvernement, mais pour ce qui est de la muséologie il faudra faire attention. L’un des éléments à considérer, c’est que les décors à l’intérieur de la galerie doivent être fabriqués par un atelier de Montréal. Lorsque j’ai parlé avec le responsable, il m’a dit que son équipe n’avait pas encore commencé et qu’il ne savait pas quand ce serait possible. Cela nous amène beaucoup d’interrogations. En même temps, si demain il était prêt à livrer le matériel, je ne sais même pas ce que nous pourrions lui répondre », a expliqué le président du Musée.

Au départ, la phase 2.1 devait se mettre en branle en juin dernier. Des modifications aux plans initiaux ont forcé son report plus tard à l’automne. Cela a donc eu un impact important sur la saison 2019. « Le taux de fréquentation a été moins élevé parce que nous n’avions pas fait de publicité pour ne pas attirer les gens sur un chantier. Quand on voit comment celui-ci évolue présentement, nous nous rendons compte que cela aurait été difficile de fonctionner au travers des travaux. Dans le fond, le bon côté c’est que la pandémie nous aura donné un peu plus de temps pour finaliser le projet, mais je ne peux pas vous donner de date d’ouverture parce que nous ne connaissons pas l’avenir. »

Malgré tout, le projet aura tout de même été réalisé dans un court laps de temps aux dires de M. Faucher. « Lorsque nous le regardions il y a quelques années, nous nous donnions deux ans pour construire la galerie et l’aménager. Là, nous l’aurons fait pratiquement en 14 ou 15 mois. Idéalement nous aurions pris un an de plus, mais nous sommes contents du résultat. »

Musée Minéro

Par ailleurs, la situation liée à la COVID-19 obligera l’équipe du Musée Minéro | KB3 à revoir sa façon de fonctionner lorsque sa réouverture sera permise. « L’exposition Au poil que nous présentions à notre installation sur le boulevard Frontenac, nous ne pourrions même plus la tenir parce que celle-ci demande beaucoup de manipulation. Les gens étaient invités à toucher les différentes textures. À l’avenir, il y a de fortes chances que tout cela soit à réévaluer, mais le problème que nous avons c’est qu’une exposition ne se prépare pas en six mois. Ça peut prendre deux à trois ans. Nous ne savons pas trop quelle forme cela prendra », a précisé Yvan Faucher.

La fermeture des institutions muséales occasionne évidemment des impacts importants sur le plan financier. « Une partie de nos revenus provient du taux de fréquentation. D’un autre côté, nous avons moins de dépenses au niveau du personnel puisque tous les employés, à l’exception de la directrice générale, reçoivent des prestations du gouvernement. Par contre, lorsque nous allons rouvrir, qu’est-ce que cela va nécessiter comme aménagement? De plus, les groupes scolaires représentent une bonne partie de notre clientèle. Est-ce qu’ils viendront à l’automne? Nous sommes complètement dans la noirceur », a-t-il déclaré.

Pour le moment, Yvan Faucher n’est pas en mesure de chiffrer les pertes de revenus. Son organisation peut toutefois compter sur l’appui du gouvernement du Québec qui continue de lui verser des sommes destinées au fonctionnement du Musée.

NDLR: La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a annoncé le vendredi 22 mai que les musées de la province pourront rouvrir, à leur rythme, à compter du vendredi 29 mai. Contacté à ce sujet, Yvan Faucher a affirmé qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle et qu’il voyait enfin une lueur au bout du tunnel. Il a toutefois mentionné ne pas connaître les mesures qui devront être mises en place et ne peut, pour le moment,  avancer une date de réouverture des deux installations de Thetford Mines.

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juan cayer
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juan cayer
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juan cayer

Vraiment super que ca bâtiment soit blanc, ainsi on n’aura pas besoin de le peinturer lorsqu’il sera vraiment rendu un éléphaht…blanc!