Un sentiment mitigé pour le propriétaire de La Face de Bœuf

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Par Jean-Hugo Savard
Un sentiment mitigé pour le propriétaire de La Face de Bœuf
Le propriétaire de La Face de Bœuf, Stéphane Morin (Photo : Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard)

Le propriétaire du restaurant pub-steakhouse La Face de Bœuf de Thetford Mines, Stéphane Morin, se prépare comme plein d’autres à rouvrir son établissement au public. Se disant un éternel optimiste, il ne cache pas son inquiétude face aux mesures gouvernementales qui empêchent, entre autres, la tenue de spectacles.

« La présence de chansonniers, c’est l’élément différenciateur de La Face de Bœuf par rapport aux autres. Si les gens doivent quitter après avoir mangé, les soirées vont se terminer vers 21 h 30 ou 22 h, plutôt qu’à 3 h du matin. Il serait d’ailleurs impossible de présenter un spectacle et demander aux gens de demeurer à deux mètres de distance. Ce serait un peu ridicule », a-t-il mentionné au Courrier Frontenac.

M. Morin a expliqué que dans le milieu de la restauration, la majorité du chiffre d’affaires provient de la vente de boissons alcoolisées. « Les marges de profit dans la nourriture sont très faibles. Nous faisons notre argent avec les consommations puisque le restaurant se transforme en bar en soirée. C’est comme cela que je suis capable de donner autant de commandites et de proposer un menu avec des prix très raisonnables si l’on compare dans le marché. Je ne fais pas d’argent avec le bœuf. »

Depuis le début de la crise sanitaire, son entreprise enregistre une baisse de revenus d’environ 76 % tous les mois. Comme bien d’autres restaurateurs, il bénéficie du programme fédéral pour le loyer commercial qui lui donne un peu d’air, mais qui demeure une préoccupation. « Nous payons 25 % de notre loyer. Le programme est bon pour moi parce qu’il est fidèle à la situation actuelle. Cependant, quand il va cesser et que je vais devoir assumer 100 %, c’est une mathématique qui ne fonctionnera plus. Je vais devoir prendre une entente avec mon locateur, sinon la réalité sera celle que nous voyons ailleurs. Plusieurs commerces ferment », a-t-il souligné.

Avant la COVID-19, M. Morin donnait de l’emploi à une cinquantaine de personnes. À ce jour, 80 % d’entre eux sont prêts à revenir au travail, mais le restaurateur se demande si les clients seront au rendez-vous ou préféreront demeurer à la maison. « Manger en présence de plexiglas et d’employés portant le masque ou la visière, il n’y a plus vraiment d’expérience gastronomique. Le lien avec le client ne sera plus là. J’aimais bien m’asseoir avec eux et jaser, malheureusement, ça ne pourra plus se faire. »

Se disant devant l’inconnu, le propriétaire de La Face de Bœuf a affirmé ne pas avoir l’intention de défier les consignes de la Santé publique. Il croit cependant qu’un appui supplémentaire sera nécessaire pour que le milieu de la restauration puisse passer au travers. « J’espère que ça va se rétablir rapidement. Je pense qu’à long terme, si nous n’avons pas d’aide, que ce soit des subventions salariales ou de revenus, il sera impossible de résister. »

Notons que la reprise du service aux tables devrait avoir lieu autour du 20 juin. Une période de rodage est à prévoir en raison des nouvelles règles et de la coordination entre les commandes pour emporter, la livraison et la salle à manger. L’endroit aura désormais une capacité d’accueil d’environ 110 clients à l’intérieur et sur la terrasse, comparativement à 275 auparavant.

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