Des carrières en attente

Des carrières en attente
Sébastien Roy et Thomas Chabot (Photo : Courrier Frontenac – Jean-Hugo Savard et Vincent Éthier/EOTTM)

La confinement a mis un frein à l’élan de deux boxeurs professionnels locaux, Sébastien Roy et Thomas Chabot. Comme leur promoteur Eye of the Tiger Management (EOTTM), les deux pugilistes dénoncent le fait que la plupart des sports soient déconfinés, sauf le leur.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a récemment avisé EOTTM que la Santé publique envisage d’interdire les sports de combat professionnels jusqu’à l’obtention d’un vaccin ou d’un traitement contre la COVID-19.

« Je trouve la situation injuste, car l’attente peut être très longue. Je crois que si nous permettons les sports d’équipe, nous devons permettre les sports de combat. Pour moi, ça ne fait pas de sens », soutient Sébastien Roy, invaincu en neuf combats professionnels.

De son côté, Thomas Chabot, qui a passé le K.O. à ses adversaires lors de ses deux premiers affrontements en carrière, ne se dit aucunement surpris de la situation. « Je m’y attendais à voir comment le déconfinement se passe pour tout le monde, autant les magasins que les autres sports. Que ce soit aussi long pour la boxe, ce n’est pas surprenant sinon ça aurait été fait en même temps que les autres sports. »

Il ne voit pas en quoi la boxe serait plus dangereuse. « Au contraire, je crois que les combats seraient beaucoup plus protégés contre le virus que les autres sports. Les boxeurs seraient testés avant le combat, donc déjà là je ne vois pas quel est le problème si les deux sont testés négatifs. Je ne comprends pas de quelle façon ils prennent leurs décisions, ça nous affecte beaucoup », ajoute Thomas.

EOTTM affirme qu’une telle décision aurait des conséquences irréversibles pour la boxe québécoise. « Tout comme le hockey, les sports de combat font partie intégrante de la culture québécoise depuis plusieurs décennies. Qu’on pense à Georges St-Pierre, Lucian Bute ou encore David Lemieux, nos athlètes contribuent au rayonnement de la province aux quatre coins du monde tant au niveau professionnel qu’olympique. La décision que le Dr Arruda s’apprête à prendre causera des dommages irréparables pour le sport ainsi que pour nos boxeurs qui seront forcés à l’inactivité pour une trop longue période et qui se verront dépouillés de leurs ceintures et classements mondiaux », a souligné par voie de communiqué le président d’EOTTM, Camille Estephan.

C’est notamment le cas pour Sébastien Roy qui se voyait offrir des combats de plus en plus importants. « Même si j’ai seulement 28 ans, je n’ai pas de temps à perdre. Pour plusieurs boxeurs, c’est un gros problème. Ce sont des années d’efforts et de travail acharné qui sont ralenties. Ça fera mal à la boxe québécoise », dit-il.

Un plan boudé

EOTTM a élaboré un protocole visant à définir les mesures sanitaires à adopter dans le but d’assurer la sécurité des participants en vue d’une éventuelle reprise d’événements de boxe professionnelle à huis clos. Celui-ci a été soumis aux autorités de Santé publique il y a plus d’un mois. Après les avoir relancés à plusieurs reprises, ceux-ci ont finalement organisé une rencontre avec la Régie des alcools, des courses et des jeux et un représentant de la CNESST le 25 juin afin de préparer le guide de normes sanitaires.

La Santé publique semble maintenant vouloir aller vers la suspension des sports de combat pour une longue durée. « Nous avons été proactifs et avons soigneusement élaboré notre plan de relance en étudiant ce qui se faisait ailleurs dans le monde au sein des autres organisations de boxe professionnelle ou de combats ultimes qui ont pour leur part déjà renoué avec l’action depuis quelque temps. Nous avons tenté à maintes reprises d’établir un dialogue et de travailler de concert avec la Santé publique, mais force est d’admettre qu’il semble y avoir un préjugé contre la boxe puisqu’elle ne veut rien entendre et n’a aucune justification valable pour expliquer une telle décision », s’est indigné Camille Estephan.

Rester actifs en temps de pandémie

Lorsque les centres d’entraînement ont fermé, les athlètes ont dû être persévérants afin de maintenir leur niveau physique. « Je suis resté en bonne forme pendant le confinement, mais disons que j’étais bien content à l’ouverture des gyms, raconte Sébastien. À la maison, le garde-manger me faisait de l’œil! »

Thomas Chabot s’est équipé le mieux qu’il pouvait à la maison. « Ça s’est bien passé, j’ai travaillé aussi fort que d’habitude, mais différemment. Je me suis tenu en super forme, fidèle à mes habitudes. »

Bien que le retour au gym soit possible depuis quelques semaines, les pratiques avec un adversaire sont encore interdites.

Thomas, qui est devenu boxeur professionnel à temps plein à la fin de l’année dernière, continue d’être épaulé par EOTTM. « L’entreprise soutient énormément ses boxeurs et en prend soin. Je ne manque de rien, mais c’est certain que je n’ai pas la paye des combats, donc c’est un peu plus difficile. C’est mon travail et ça fait souvent une différence. »

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