UNIS : les excuses publiques de Justin Trudeau

Par Godlove Kamwa, Initiative de journalisme local
UNIS : les excuses publiques de Justin Trudeau
Justin Trudeau

Le premier ministre du Canada a reconnu qu’il avait commis une erreur en ne se récusant pas des discussions visant à attribuer un contrat à l’organisme de bienfaisance qui avait des liens étroits avec sa famille.

« J’aurais dû me retirer des discussions et je ne l’ai pas fait, a confessé Justin Trudeau en conférence de presse. C’était mon erreur ; je m’en excuse profondément », s’est-il exprimé, expliquant que la situation ne s’était pas déroulée comme on l’aurait voulu, et qu’il était « profondément déçu » de lui-même.

Il a dit regretter l’impact que cette affaire a eu sur le déploiement du programme de bourses de bénévolat étudiant mis sur pied dans le contexte de la COVID-19.

« C’est particulièrement frustrant parce qu’il y a des jeunes qui auraient pu être en train de servir dans leur communauté par ce programme, qui vont devoir attendre encore un peu à cause d’une erreur que j’ai faite. »

Interrogé à plusieurs reprises sur les cachets que sa mère Margaret et son frère Alexandre avaient touchés pour leur participation à des évènements d’UNIS en tant que conférenciers, le premier ministre est passé aux aveux tout en soutenant qu’il ne savait pas à quel point ils avaient été rémunérés.

« J’aurais dû avoir ces détails et je le regrette », s’est-il incliné, présentant des excuses à plusieurs reprises.

L’implication du gouvernement

Justin Trudeau pourrait faire l’objet d’une troisième enquête du commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique. Il a promis d’étudier la possibilité de témoigner devant un comité parlementaire tel que l’a demandé le Parti conservateur. Le premier ministre s’est montré disposé à « prendre les décisions en conséquence ».

Au cours de la conférence de presse, le chef du Parti libéral a esquissé une explication sans en conclure à des circonstances atténuantes.

« Le fait que c’était la fonction publique qui avait fait cette recommandation de façon indépendante nous a rassurés un petit peu, mais comme on le voit maintenant, j’aurais dû aller plus loin, j’aurais dû me retirer complètement de cette discussion », a-t-il soutenu.

D’autres membres du gouvernement auraient également des liens avec l’organisme caritatif selon la presse. Le ministre des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, et la cheffe de cabinet du gouvernement, Katie Telford, ont été cités dans une collecte de fonds. Il en est de même pour les filles de Bill Morneau, le ministre des Finances.

UNIS avait été retenu sans appel d’offres en conseil des ministres pour gérer un programme de bourses de plus de 900 millions $, contre un paiement de 19,5 millions $. La controverse suscitée par cette affaire a poussé l’organisme à se retirer du contrat.

L’opposition maintient la pression

Plusieurs réactions sont publiées sur les réseaux sociaux depuis le mea culpa de Justin Trudeau. C’est le cas du député conservateur Alain Rayes qui « ne croit pas que les Canadiens vont avaler ça ».

« Combien de fois un PM peut-il se tromper avant qu’il ne soit plus digne de sa fonction », s’interroge le député du Bloc québécois Denis Trudel dans un autre tweet.

Pour Charlie Angus, porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d’éthique, cette affaire porte moins sur l’impolitesse de Justin Trudeau que sur le conflit d’intérêts. Il a insisté sur la raison pour laquelle « personne au bureau du premier ministre ne lui a expliqué ses devoirs dans un dossier aussi évident ».

Au-delà de la rencontre du comité parlementaire de l’éthique, les conservateurs demandent une enquête criminelle de la Gendarmerie Royale du Canada sur cette affaire.

Pour le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, Justin Trudeau doit rendre son tablier et passer le témoin à la vice-première ministre Chrystia Freeland en attendant la fin des enquêtes. Une option à laquelle le premier ministre n’a pas cédé.

« Je pense que les partis d’opposition ont leur job à faire, mais moi aussi j’ai une job à faire », a-t-il répondu.

Les procédures du commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique Mario Dion pourraient durer en moyenne sept mois.

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Ce »Poster Boy » me fait penser à ce qu’un Vieux Sage nous enseignait…. »Belle Vitrine, mais bien petit Magasin »