L’APLT presse la Ville de Thetford d’agir dans le dossier de la rivière de l’Or

L’APLT presse la Ville de Thetford d’agir dans le dossier de la rivière de l’Or
À l'époque, la Ville de Thetford Mines avait creusé un canal pour détourner la rivière afin de protéger sa prise d'eau des sédiments. (Photo : gracieuseté)

L’Association des propriétaires du lac à la Truite (APLT) a interpellé la Ville de Thetford Mines à plus d’une reprise au cours des dernières années à propos des travaux nécessaires pour la santé du lac consistant à retourner la rivière de l’Or dans son lit. La Ville refuse toutefois de s’acquitter du coût des travaux en entier.

Jusqu’en 2017, c’est dans le lac à la Truite que Thetford Mines puisait son eau. Dans le but de protéger sa prise près de la station de pompage, la Ville avait procédé dans les années 1960 au creusage d’un canal détournant la rivière de l’Or de son lit d’origine.

« Aujourd’hui, ça ne se ferait pas pour une question d’environnement. Beaucoup de sédiments se ramassent dans la baie où le canal arrive. Une étude du Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des bassins versants (RAPPEL) a révélé que l’équivalent de 400 camions de sédiments, soit 4000 mètres cubes, a été déversé depuis des années », a expliqué au Courrier Frontenac la présidente de l’APLT, Lucie Tardif, en ajoutant que cela a un impact négatif sur la santé du lac et la population de poissons.

La solution au problème d’après une étude serait de retourner la rivière de l’Or dans son lit. « Cela fait au-dessus de 15 ans que nous disons qu’il y a un apport important de sédiments et qu’il faut corriger cette situation. À l’époque, c’était toutefois difficile parce que la Ville puisait encore son eau dans le lac et on parlait de plusieurs centaines de milliers de dollars. Quand Thetford Mines a cessé d’y puiser son eau, nous avons fait faire une autre étude par le RAPPEL qui nous a dit que c’était maintenant possible de remettre la rivière dans son lit pour 45 000 $ », a poursuivi Mme Tardif.

La Ville refuse toutefois de payer la facture en entier. Elle a plutôt informé l’association qu’elle contribuerait à la hauteur de 50 %. « La Ville voudrait que nous participions, mais nous ne sommes qu’une association de 200 membres. Au niveau des études environnementales, nous avons déjà payé pratiquement 15 000 $ », a soutenu la présidente.

Pour l’APLT, la responsabilité revient à la Ville de Thetford puisqu’elle a puisé son eau dans le lac pendant 50 ans, qu’elle a elle-même causé les dommages et que les terrains où doivent se réaliser les travaux lui appartiennent. D’autant plus que dans ses communications, elle présente l’environnement comme un volet important.

« La seule chose que Thetford a faite autour de 2011 à la demande de l’association, ce sont des travaux pour stabiliser le canal, mais ça n’a pas fonctionné. Il ne se soutient pas, se défait et apporte encore des sédiments dans le lac, ce qui pose beaucoup des problèmes », a indiqué l’un des administrateurs de l’APLT, Serge Vallée.

Un coup d’épée dans l’eau

L’association qui représente les riverains du lac à la Truite autant dans le secteur de Thetford Mines que celui d’Adstock a également dénoncé le programme de subvention pour la naturalisation des berges de leurs étendues d’eau et de celles du lac Bécancour annoncé cet été par la Ville de Thetford Mines. D’après l’APLT, cette aide arrive au moins dix ans trop tard puisque 80 % des berges ont déjà été revégétalisés. Elle déplore aussi ne pas avoir été consultée et se sent un peu insultée que la Ville refuse de payer pour ce qu’elle a causé, mais qu’elle débloque des fonds pour « un coup d’épée dans l’eau ».

« C’est sous l’initiative de feu monsieur Raynald Paré, un ardent défenseur de l’environnement, ancien président et résident propriétaire au lac à la Truite, que la Municipalité d’Adstock et l’association riveraine ont travaillé de concert et financé ensemble afin de renaturaliser les bandes riveraines. À défaut d’avoir eu une écoute active de la Ville, nous avons travaillé avec Adstock qui a adopté une réglementation proactive. Lorsqu’il est question d’environnement, il n’y a pas de frontière entre les deux territoires et le lac à la Truite est un milieu de vie à part entière. On ne peut pas se permettre d’avoir des pratiques différentes », a souligné Lucie Tardif.

Ce programme est aussi considéré comme une action arrivant un peu trop tard par le président de l’Association du lac Bécancour, Daniel Vachon. « Chaque année, nous avons une subvention de 500 $ de la Ville et nous donnons aux membres un arbuste ou deux. Ça fait plusieurs années que nous faisons cela. La végétalisation des berges, c’est aussi presque fait chez nous », a-t-il affirmé en précisant que son association n’a pas non plus été consultée.

La Ville ne veut pas être la seule à payer

Tout en confirmant qu’une offre de paiement de la facture à 50 % était bel et bien sur la table, le maire de Thetford Marc-Alexandre Brousseau a tenu à mentionner qu’à l’époque, lorsque la Ville a réalisé les travaux, le tout avait été fait selon les règles de l’art et ce qui était demandé par les ministères.

« Nous n’avions aucune obligation par la suite, mais malgré cela, la Ville est prête à avancer de l’argent. Cependant, nous ne pensons pas que nous devons être les seuls à payer pour cela et à être responsables. Il y a quand même une offre importante. »

Le maire estime que d’autres sources pourraient participer au financement. « Il y a déjà la MRC qui s’est engagée par un programme afin de donner un montant d’argent. Il pourrait aussi y avoir Adstock puisque ça se passe sur son territoire ainsi que d’autres sources gouvernementales », a-t-il proposé.

Bien qu’il reconnaisse la possibilité que le programme de subvention pour la naturalisation des berges arrive un peu tard, Marc-Alexandre Brousseau soutient qu’il s’agit d’une bonne nouvelle si les gens se sont relativement bien conformés, mais l’idée est de s’assurer que les sommes soient là s’il y a encore des travaux à faire pour améliorer la santé des lacs.

Le maire semblait toutefois un peu surpris d’apprendre que les associations n’auraient pas été consultées et a convenu qu’il se serait attendu à ce que ce soit le cas. « S’il y a d’autres façons dont nous pourrions intervenir pour les aider, nous en discuterons avec eux pour voir comment », a-t-il conclu.

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