L’Hôtel du Domaine à bout de ressources

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Par Jean-Hugo Savard
L’Hôtel du Domaine à bout de ressources
Malgré une saison touristique fort occupée, les gestionnaires du complexe hôtelier thetfordois peinent à recruter la main-d'œuvre nécessaire. (Photo : Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard)

Alors que la saison touristique 2020 est empreinte de succès, principalement dans les secteurs du plein air et de l’hôtellerie, la direction de l’Hôtel du Domaine de Thetford Mines affirme avoir de la difficulté à offrir une prestation de service à la hauteur de ses attentes en raison d’un important manque de personnel.

L’établissement a cumulé à quelques reprises les retards dans la livraison des chambres, forçant ainsi la clientèle à devoir patienter parfois jusqu’à 18 h avant de pouvoir prendre possession des lieux. Le nombre insuffisant d’employés a même obligé la direction à fermer les trois restaurants sur place à au moins deux reprises pendant le congé de la construction, et ce, malgré un taux d’occupation très élevé.

L’Hôtel du Domaine comprend 88 chambres, ainsi qu’un terrain de camping, un spa, un pub et un centre d’escalade. Au moment d’écrire ces lignes, l’endroit était en sous-effectif d’une vingtaine de personnes, alors qu’une semaine plus tôt, il en manquait une trentaine.

« Quand la COVID-19 est arrivée, nous avons procédé à 134 libérations d’emplois, ce qui est majeur. Nous avons réembauché, mais il en manque encore et il y a un roulement. Les autres années, nous étions capables d’avoir des étudiants, ce qui n’est pas le cas présentement », a d’abord mentionné le président Guy Roy.

Selon lui, la Prestation canadienne d’urgence (PCU) cause d’importants maux de tête à plusieurs entrepreneurs. « Si nous pouvions arrêter d’être en compétition avec le gouvernement, cela règlerait au moins la moitié de nos problèmes. Nous devons nous battre contre la PCU. Nous avons augmenté nos salaires pour attirer les gens, mais ils demeurent similaires à ce qu’ils reçoivent en restant chez eux. Je ne les blâme pas nécessairement, c’est le système qui a été fait comme ça pour supposément aider les PME », a-t-il ajouté.

Le président de l’Hôtel du Domaine dit lancer un véritable cri du cœur. « Nous ne savons plus quoi faire. Nous sommes en mode survie. Quand tu es obligé de fermer ton entreprise parce que tu n’as pas de ressources, c’est rendu grave. Avant, cette problématique se voyait ailleurs, maintenant, elle est rendue ici. »

Le manque d’employés à l’entretien a causé à quelques reprises des retards dans la livraison des chambres. (Courrier Frontenac – Jean-Hugo Savard)

Épuisement professionnel

La crise sanitaire a forcé les Québécois à revoir leurs plans en vue des vacances estivales. Les secteurs du plein air et de l’hôtellerie ont été très populaires cette année, épuisant ainsi le personnel en place selon le vice-président aux opérations, Sébastien Blais.

« Depuis quatre fins de semaine, nous accueillons entre 400 et 450 personnes, autant à l’hôtel que dans le camping. Je vous dirais qu’à 99 %, ce sont des gens de l’extérieur. Actuellement, nous sommes en mode protection de la santé de nos employés. »

Plusieurs d’entre eux ne seraient d’ailleurs pas loin de l’épuisement professionnel, communément appelé le « burnout ». « Nous sommes victimes d’un succès et nous avons brûlé notre monde. Nous avons tellement travaillé fort depuis environ cinq ans pour nous faire connaître et nous améliorer. Cette explosion arrive parce que les visiteurs sont à la recherche de produits exceptionnels. Ils veulent sortir des grandes villes et viennent dans un endroit comme ici », a renchéri M. Roy.

Les employés sur place et les membres de la direction sont, depuis quelques semaines, appelés à effectuer plusieurs tâches connexes. L’entreprise doit également faire appel à des firmes de nettoyage externes ainsi qu’à des gens issus du domaine hôtelier provenant de l’extérieur de la région.

La prochaine étape pour les dirigeants de l’établissement est de réussir à attirer des travailleurs de l’étranger. « Normalement, les délais sont de quatre à huit mois pour les faire venir ici, mais en raison de la situation actuelle, nous sommes plus autour des huit mois d’attente », a expliqué Sébastien Blais.

L’automne à nos portes

Bien qu’il soit difficile de prévoir ce que les prochains mois réservent, le président de l’Hôtel du Domaine essaie tant bien que mal d’encourager ses employés actuels. « Ce qui nous tient présentement, c’est le fait que nous pensons que le mois de septembre sera plus tranquille. Nous nous disons qu’éventuellement, la PCU va finir et que nous pourrons alors engager du personnel. Nous espérons que ce soit un peu plus tranquille pendant quelques semaines pour nous permettre de respirer, nous structurer, nous organiser, refaire le plein d’énergie et donner des congés à nos gens », a souligné Guy Roy.

La menace d’une deuxième vague de COVID-19 préoccupe grandement le vice-président aux opérations. « C’est un autre problème que nous savons qui s’en vient à l’automne, mais que nous ne sommes pas capables d’affronter. La journée où il y aura un nez qui coule parce que la personne a attrapé un rhume ou la grippe saisonnière, il faudra qu’elle reste chez elle le temps d’obtenir son résultat. Cela peut prendre quelques jours et si elle est déclarée positive au coronavirus, nous allons la perdre et il risque d’y en avoir d’autres », a prévenu Sébastien Blais.

Guy Roy a toutefois tenu à préciser que la protection de ses employés et du public sera toujours mise à l’avant-plan. « Nous avions prévu de mettre en place des cellules au sein de nos équipes de travail afin de limiter les risques de propagation, mais nous ne pouvons plus le faire parce que nous devons mixer notre monde partout en raison du manque de main-d’œuvre. Au pire, nous serons encore obligés de fermer. S’il faut réduire le nombre de chambres, nous allons le faire, mais ce n’est pas ce que nous visons parce que nous avons tellement travaillé fort et nous ne voulons pas briser ce momentum. »

Se disant conscient que la pandémie mondiale ne disparaîtra pas du jour au lendemain, M. Roy dit travailler sur une vision à long terme afin de minimiser les impacts qui pourraient survenir l’été prochain. Il s’attend d’ailleurs à une autre saison estivale aussi achalandée que celle en cours, notamment en raison d’un nombre élevé de mariages qui ont été reportés et ceux qui se sont ajoutés. La reprise graduelle des réunions d’affaires est aussi attendue.

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Marcel Talbot
Marcel Talbot
2 mois

Je pense que ce genre de texte n’aidera pas a recruter de bon employés. On fait référence a des gens en burnout et que si tu travailles la, tu devras faire des tâches connexes. Je pense que le message n’est pas bon, qui veut commencer un emploie dans ces conditions, quand on sait que y’a plein d’autres endroits qui demandent du monde.

Michelyne
Michelyne
2 mois
Répondre à  Marcel Talbot

Bien sûr! Pourquoi les gens iraient travailler alors qu’ils reçoivent un beau 2000$ à rester chez eux? L’économie a beaucoup de misère, il aurait fallu arrêter ça en juillet pour donner une chance aux entreprises de rouler leur bosse.

C’est mon opinion,

William Provencher
William Provencher
2 mois

Bizarre je travaillais en cuisine depuis 1 ans a temps partiel et ont ne m’a pas rappelé…. Si vous voulez des employés soyez a vos affaires vous avez mis le chef dehors de son propre restaurant Willam Lafontaine et le 2/3 de l’équipe et une personne qui est rentré une semaine avec la fermeture en raison de la covid est devenu chef cuisinières n’allez surtout pas la

marc
marc
2 mois
Répondre à  William Provencher

thetford mines c est tres petits.tout ce sait.

Andre Roy
2 mois

Tout ces gens qui se plaint de la PCU me vont rire si tu t’es employé et que les traités bien tu les garder à long le problème ces les gens sont traités come des numéros il y plus de loyauté pendant des années les employeurs on profité des employé et maintenant ils on besoins moi j’ai travaillé dans hôteliers pendant plusieurs années j’ai laissé ces domaine parceque les salaires représentent pas le coût de la vie ces domaine très demandant avec peu de avantages sociaux il faut que sa change et je pense il va du changement maintenant a cause du covid