L’apprentissage scolaire par le sport

L’apprentissage scolaire par le sport
Afin d’encourager la réussite scolaire des jeunes accompagnés par l’Atelier 803, le projet consiste à développer un outil pédagogique qui crée des traits d’union éducatifs entre les mathématiques et le basketball. (Photo : Atelier 803)

Favoriser le goût du savoir chez ses jeunes athlètes en passant par le sport, voilà l’objectif que vise l’Atelier 803 avec son nouveau projet «La réussite scolaire par la réussite sportive». Afin d’y arriver, l’académie de basketball établie dans la région de Thetford depuis six ans a lancé cette semaine une campagne de sociofinancement via la plateforme La Ruche.

L’idée a germé au printemps dernier, lors du confinement, pendant que les jeunes devaient poursuivre leur éducation à distance. « Bien qu’ils faisaient ce qui leur était demandé, nous sentions un certain découragement. Ce n’était pas un environnement très stimulant de faire l’école à la maison. Puis, avec tout le contexte de la pandémie, ça occasionnait du stress. Face à ce constat, nous nous sommes demandé comment développer un outil pour leur redonner le goût d’apprendre », explique l’un des administrateurs de l’Atelier 803, Francis Ihaza.

Le projet consiste à intégrer les matières scolaires au sport, plus précisément créer des liens éducatifs entre le basketball et les mathématiques. « C’est l’une des matières que nous avons choisies parce qu’elle représente un enjeu au niveau de la réussite de nos jeunes. L’idée est de créer des mini-départements de statistiques au sein de nos équipes. Par exemple, les jeunes vont récolter les données de performance dans un exercice quelconque et ils pourront les analyser à l’aide de notions mathématiques apprises en classe afin de mesurer leur progression dans l’atteinte de leur objectif sportif. Ce que nous voulons, c’est leur montrer la pertinence de cette matière et générer un environnement d’apprentissage stimulant qui inclut leur passion pour le basket. Nous faisons une pierre deux coups puisque cela leur permet aussi de s’améliorer du côté sportif », poursuit M. Ihaza.

L’objectif est de tester cet outil avec les jeunes de l’Atelier et une fois qu’il sera peaufiné, le rendre disponible à tous, que ce soit dans la région ou ailleurs au Québec. « En parlant avec des administrateurs et des entraîneurs d’autres programmes similaires au nôtre, ils ont fait le même constat, dans le contexte de la COVID-19, il y a un léger découragement par rapport à l’école. Les mesures ne sont pas toujours faciles. Les jeunes sont résilients et persévérants, mais ce n’est pas un environnement d’apprentissage idéal. Nous essayons donc de rendre ça plus plaisant pour eux même si la situation rend les choses compliquées », soutient Francis Ihaza.

Les responsables visent principalement les matières liées aux sciences, mais le projet revêt plusieurs possibilités. Il pourrait également être développé dans d’autres sports.

Afin de rendre le tout possible, l’Atelier 803 a besoin de ressources humaines telles que des tuteurs et des professeurs ainsi que des consultants et des pédagogues pour bien fignoler le projet. Des activités pédagogiques sont aussi prévues dès que la situation le permettra. L’organisation a donc lancé une campagne de sociofinancement avec un objectif de 47 250 $. Le Fonds Mille et UN projet pour la jeunesse, une initiative du Secrétariat à la jeunesse du Québec à laquelle ce projet est admissible, permettra de doubler le montant pour atteindre 94 500 $.

Les jeunes de retour en classe

Les étudiants-athlètes de l’Atelier 803 sont de retour dans la région depuis le début de l’année scolaire. Malgré les restrictions du côté sportif, cela a peu d’impact pour le moment puisque le groupe est considéré comme une bulle familiale et que les ligues dans lesquelles les équipes évoluent commencent habituellement en janvier. Au total, 17 jeunes fréquentent actuellement la polyvalente et quatre autres étudient au cégep. D’autres joueurs originaires de France et de Guyane sont en attente chez eux puisqu’ils ne peuvent pas encore entrer au Canada. Francis Ihaza espère qu’ils pourront arriver bientôt.

« Les entraîneurs prennent toutes les mesures nécessaires et nous suivons les recommandations de la santé publique. C’est une adaptation, mais ça fait maintenant un mois et ça va bien. Les jeunes sont surtout heureux de retrouver leurs coéquipiers, leurs amis, leur école et d’avoir la chance de continuer leur aventure ici », conclut-il.

Pour aider la campagne de sociofinancement : https://laruchequebec.com/fr/projet/la-reussite-scolaire-par-la-reussite-sportive

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