Une nouvelle microbrasserie à Thetford Mines

Une nouvelle microbrasserie à Thetford Mines
(Photo : Courrier Frontenac - Claudia Fortier)

Grands passionnés de microbrasseries depuis longtemps, Sophie Cullen-Aubut et Mathieu Hébert-Turcotte ont récemment ouvert leur propre établissement sur la rue St-Alphonse à Thetford Mines. Son nom, la Microbrasserie des Haldes, se veut autant un hommage aux paysages uniques de la région qu’un rappel de son histoire.

Les deux entrepreneurs rêvaient d’un endroit rassembleur où la population locale, autant que les touristes, pourraient se retrouver. « Nous voyageons beaucoup tous les deux et partout où nous allons, nous visitons les microbrasseries. Ça remplace le perron de l’église! Quand tu arrives dans une ville que tu ne connais pas, tu peux venir dans un établissement comme ça et les gens qui sont là vont faire office de guides touristiques et vont te conseiller des hôtels, des restaurants et des endroits à visiter. Chaque région a sa saveur parce qu’elle met en valeur le côté local. C’est ce que nous voulions recréer à Thetford Mines », explique Mathieu Hébert-Turcotte.

Ce dernier a suivi une formation à l’Institut brassicole du Québec et œuvre dans le domaine du traitement des eaux. Sophie Cullen-Aubut a pour sa part travaillé plus de dix ans dans le milieu des bars. Le couple brassait déjà sa propre bière à la maison. Depuis deux ans, il s’occupait également de dégustations chez IGA.

« Jimmy St-Pierre a été très ouvert, il ne nous disait pas de promouvoir un produit en particulier, il nous demandait simplement de faire découvrir aux gens ceux que nous voulions. Notre mandat était de discuter de bières avec la population », raconte Mathieu.

Cette expérience est en quelque sorte devenue une étude de marché pour eux. « Ça nous faisait découvrir leurs goûts, nous pouvions faire des tests avec des produits plus spéciaux, nous voyions ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. Pour nos premiers brassins, nous nous sommes basés sur ce qui ressortait le plus », soutient Sophie.

À long terme, ils aimeraient offrir de six à huit variétés brassées sur place, ainsi qu’une à deux lignes invitées. « Le but est de faire découvrir d’autres styles, faire venir des importations d’autres pays et même des produits de microbrasseries près de chez nous », indique Mathieu.

Un thème qui s’est imposé

Bien qu’au départ, les entrepreneurs ne voulaient pas nécessairement utiliser le thème des mines pour leur commerce puisqu’il était déjà exploité par deux autres microbrasseries, soit à Asbestos et à Val-d’Or, celui-ci est devenu incontournable selon Sophie. « Ce qui représente la région et la distingue, ce sont ses haldes. Nous avons plusieurs amis qui viennent de l’extérieur et lorsqu’ils nous visitent, ils sont surpris de voir ces montagnes. »

D’après Mathieu, ce nom revêtait aussi un aspect informatif. « Beaucoup de personnes vivant ici qui ne savent pas ce que signifie le mot halde. Puis, nous nous disions que c’était plus discret comme nom que Microbrasserie des Mineurs. »

Le couple natif d’ici a lu sur sa région afin d’être en mesure de bien expliquer l’histoire derrière les noms des produits. « Nous voulons mettre en valeur l’histoire locale. Ce n’est pas ce que nous souhaitions au début, mais le thème des mines s’est imposé parce que ça fait partie de Thetford », mentionne Mathieu.

Soutien

Le projet, qui était en développement depuis deux ans, s’est heurté à un obstacle majeur il y a quelques mois : le début de la pandémie. Cela a eu pour effet de retarder la fin des travaux et l’ouverture du commerce qui devait avoir lieu au printemps. Pour l’instant, les possibilités demeurent limitées aux produits et à la cuisine pour emporter. Les cruchons, qu’ils prévoyaient rendre disponibles seulement en 2021, mais qui ont été devancés, ont connu un fort engouement dans les dernières semaines, tellement que les deux entrepreneurs ont un peu été pris par surprise.

Par ailleurs, ces derniers sont reconnaissants de l’aide qu’ils ont reçue. « Nous avons un grand soutien de la communauté », souligne Mathieu.

Leur investissement financier représente pour le moment près de 200 000 $. « Le propriétaire de la bâtisse nous a beaucoup aidés en la revampant. Nos amis ont aussi été précieux. Nous avons eu des entrepreneurs très compréhensifs et la Ville nous a bien épaulés », disent-ils.

Lors de la première brasse, ils ont pu compter sur l’aide de celui qui leur a vendu l’équipement. Les entrepreneurs se comptent également chanceux d’avoir la Malterie Frontenac tout près. Ils prévoient de plus une collaboration avec la Fruitière Mario Nadeau afin de développer une bière avec un fruit qu’ils ne veulent pas dévoiler pour le moment.

« Nous parlons avec des entrepreneurs et ils nous disent que c’est certain que ça va marcher et que ça va grossir, mais notre objectif serait de rester petits et de continuer à toucher à tout, précise Mathieu. Si ça devient gros, nous allons seulement faire de la gestion et ce n’est pas ça que nous voulons. Nous souhaitons plutôt avoir le temps de brasser ensemble, de servir et de parler de nos produits avec les clients. »

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