Piéton happé mortellement : l’accusé subit son procès

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Par Jean-Hugo Savard
Piéton happé mortellement : l’accusé subit son procès
Palais de justice de Thetford Mines (Photo : Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard)

Le procès de Miguel Bolduc, accusé de négligence criminelle causant la mort de Danick Lachance, s’est ouvert devant la juge Marie-Claude Gilbert de la Cour du Québec, le lundi 23 novembre, au palais de justice de Thetford Mines.

Les faits reprochés à l’homme âgé dans la vingtaine se sont produits le 21 janvier 2017 peu après 21 h. Danick Lachance, âgé de 19 ans, a été happé mortellement alors qu’il marchait le long de la route 112 à la sortie du secteur Robertsonville à Thetford Mines. Le conducteur fautif, Miguel Bolduc, est soupçonné d’avoir utilisé son cellulaire au volant, plus précisément l’application Snapchat.

Lors de son témoignage mardi après-midi, l’accusé a expliqué que l’accident est survenu après qu’il ait « pogné le fixe » alors qu’il utilisait le bouton du volume de la radio de son véhicule.

L’accusé Miguel Bolduc (Photo Facebook)

Il a cependant affirmé ne pas se souvenir de « grand-chose » de la soirée du 21 janvier 2017 entre 21 h et 21 h 20. Il a admis avoir utilisé à plusieurs reprises l’application Snapchat jusqu’aux feux de circulation situés dans le secteur Robertsonville et même un peu au-delà. Il ignore à quand remonte précisément la dernière manipulation du cellulaire, mais il a nié être en train de l’utiliser lorsque l’impact est survenu.

Rappelons que l’accident s’est produit à haute vitesse. Miguel Bolduc a estimé qu’il roulait entre 100 et 110 km/h, alors que la limite maximale était de 90 km/h. Il a déclaré avoir eu, à la suite de l’impact, le réflexe de mettre son cellulaire dans l’une de ses poches et de quitter son véhicule pour se diriger vers la victime. Selon ses souvenirs, des gens sont arrivés sur les lieux rapidement et il a par la suite été conduit à l’hôpital, puis interrogé par les policiers pendant plusieurs heures.

Autres témoins

Mardi matin, la procureure de la Couronne, Me Audrey Roy-Cloutier, a questionné Audrey Gagnon à titre de témoin. Celle-ci s’est décrite comme une amie de l’accusé depuis le Cégep. Elle a confirmé avoir eu des échanges avec lui le soir des événements, soit entre 21 h 05 et 21 h 11.

Le sergent Steve Berberi de la Sûreté du Québec, spécialisé en extraction de données informatiques, a ensuite fait état de l’analyse des informations contenues dans le cellulaire de Miguel Bolduc et de sa copine de l’époque ainsi que de celles fournies par la compagnie propriétaire de l’application. Il a relaté les heures précises des différents échanges qu’il y a eu avant l’accident.

Le dernier témoin entendu en matinée a été Bruno Côté, un employé du ministère des Transports du Québec. Il a raconté avoir aperçu un individu marcher le long de la route 112 à proximité de l’ancien camping Nirvana. Trouvant cela anormal qu’une personne circule à pied dans ce secteur isolé à cette période de la journée, il a indiqué avoir communiqué avec son contremaître pour l’aviser afin que celui-ci puisse faire des vérifications. M. Côté a expliqué que la victime portait des vêtements foncés et qu’elle était à au moins cinq ou six pieds de l’accotement. Questionné sur la présence d’éclairage dans le secteur, le témoin a affirmé qu’il y avait des lampadaires, mais que ceux-ci pouvaient être espacés. À son avis, il est possible que la victime ait été moins visible des automobilistes.

La victime Danick Lachance (Photo Facebook)

Lundi

À l’ouverture du procès lundi, trois personnes ayant porté secours à Danick Lachance ont été questionnées par la procureure de la Couronne sur ce qu’elles ont entendu après l’accident. L’accusé aurait notamment mentionné ne pas avoir vu le piéton. L’avocat de la défense, Me Luc Ouellette, a tenté de faire ressortir des doutes sur d’autres causes possibles ayant provoqué l’accident.

La Couronne a par la suite appelé à la barre l’agent Yves Brière de la Sûreté du Québec. D’après l’analyse de l’expert reconstitutionniste, rapportée par le quotidien Le Soleil, juste avant l’impact, la voiture de Miguel Bolduc avait dévié d’environ deux degrés de sa trajectoire sur une distance de 51 m.

En suivant les traces sur la chaussée et les débris laissés par la collision, M. Brière a estimé que l’accusé avait happé la victime dans l’accotement, à environ 1,48 m de la ligne blanche. Le véhicule aurait terminé sa course à environ 100 mètres du lieu d’impact. Toujours d’après l’analyse de l’expert, à la suite de l’inspection mécanique du véhicule, rien ne pouvait être contributif à la collision.

Les plaidoiries de la Couronne et de la défense auront lieu mercredi matin. S’il est reconnu coupable, Miguel Bolduc est passible d’une peine d’emprisonnement maximale de 14 ans.

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