John Blouin est l’artiste de l’année en Chaudière-Appalaches

John Blouin est l’artiste de l’année en Chaudière-Appalaches
Les membres du jury ont souligné « l’année exceptionnelle » de l’artiste. (Photo : gracieuseté)

Le cinéaste et projectionniste originaire de Thetford Mines John Blouin a remporté cette semaine le prix d’artiste de l’année en Chaudière-Appalaches remis par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Celui-ci, assorti d’une bourse de 10 000 $, lui a été décerné dans le cadre d’une cérémonie virtuelle des Prix d’excellence des arts et de la culture.

Les membres du jury ont souligné « l’année exceptionnelle de John Blouin, un artiste très actif qui multiplie les projets artistiques ici comme à l’international. 2020 est marquée notamment par la large diffusion de son documentaire Vaillancourt : regarde si c’est beau, qui connaît un grand succès ».

Ce long-métrage, dont la création s’est échelonnée sur 12 ans, s’approche de l’univers du sculpteur Armand Vaillancourt qui se raconte, pensant à son présent, performant sa vie avec une authenticité désarmante. Le documentaire a été présenté dans plusieurs salles au Québec avant d’être présenté en Louisiane, à Vancouver et à Saskatoon. Les droits télévisuels ont été achetés par ARTV.

Pour John Blouin, qui demeure maintenant à Saint-Jacques-de-Leeds, ce prix a une signification particulière puisqu’il a été remis par sa région d’origine et celle où il a décidé de revenir après plusieurs années d’exil. « C’est drôle à dire, mais c’est une forme de soulagement, comme si je rentrais chez moi, a soutenu le récipiendaire en entretien avec le Courrier Frontenac. C’est aussi une bonne tape dans le dos, j’en suis très reconnaissant. Ça m’amène à me dire que ça vaut la peine de ne pas lâcher le morceau quand on a une idée. Ça m’a pris 12 ans à réussir un peu, échouer beaucoup, jusqu’à ce que nous nous rendions au bout du projet. Ça ne se fait pas tout seul, plusieurs personnes ont mis l’épaule à la roue à des moments précis. »

Cette aventure lui a apporté beaucoup, tant professionnellement que personnellement. « Armand, c’est un monument de l’art et de l’histoire au Québec. Ce fut un long processus et j’ai beaucoup appris. »

Par ailleurs, la bourse de 10 000 $ s’avère un bon coup de pouce pour le cinéaste et projectionniste. « Quand tu as un projet, tu t’investis totalement dedans, surtout financièrement et parfois plus que tu le pensais. Je pourrai me mettre à niveau de ce côté. J’aimerais aussi retourner en Thaïlande pour m’entraîner au muay thai. C’est ma façon de me recentrer et il y a un film que je veux faire là-bas en lien avec ces centres d’entraînement. »

Enfin, l’artiste aimerait prochainement réaliser une installation cinématographique incluant les petites séquences vidéo qu’il a filmées avec sa fille au cours du confinement. Son souhait serait de la présenter en première dans la région. Il prépare également un court métrage intitulé « Rivière noire » qui sera tourné au Grand lac Saint-François.

À propos

Lors de ses études en littérature, John Blouin devient projectionniste à l’Office national du film du Canada (ONF). Il crée des performances cinématographiques intitulées Cabina Obscura, alliant projecteurs 35-16 mm et numériques, ombres et trame sonore en direct. Il déambule ainsi dans quelques villes et festivals, de Montréal à Beijing.

Il s’intéresse à une autre facette de l’image en réalisant des courts métrages, dont Change Over, Filmstripe et Gate, trilogie sur la mort d’un cinéma. LUX, une installation cinématographique, et Cap au Pire, un nouveau cycle de performance, sont ses toutes dernières œuvres en circulation. Commissaire indépendant en cinéma et en art médiatique, il orchestre les deux dernières éditions de PHOS, un festival à Matane consacré aux divers usages de l’image photographique et numérique d’aujourd’hui.

À lire – «Vaillancourt : regarde si c’est beau», un documentaire de John Blouin

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jean roberge
jean roberge
1 mois

Bravo John Blouin !