Restauration d’une maison ancestrale : un projet de vie

Restauration d’une maison ancestrale : un projet de vie
Sébastien Dufresne et Isabelle Gagné devant leur maison (Photo : Courrier Frontenac - Claudia Fortier)

C’est un véritable projet de vie qu’ont amorcé en 2017 Isabelle Gagné et Sébastien Dufresne avec la restauration de leur maison ancestrale située sur le 11e Rang à Saint-Pierre-de-Broughton. Après avoir complété l’extérieur, le couple prévoit s’attaquer à l’intérieur afin de redonner un éclat à la demeure tout en conservant son cachet d’antan.

Isabelle et Sébastien y habitent depuis 2011, mais ils ne sont devenus propriétaires que six ans plus tard. La maison appartient à la famille de Mme Gagné depuis une centaine d’années. Le projet revêt donc un caractère patrimonial et familial pour eux.

Les propriétaires se sont inspirés des photos d’époque afin de restaurer la maison.

« Ça concorde avec nos valeurs. Tout le monde se construit des maisons neuves, mais il faut aussi s’occuper des plus vieilles. Nous ne pouvons pas toutes les jeter à terre. C’est ce que plusieurs personnes nous avaient suggéré. Nous sommes tous les deux formés en histoire et nous trouvions important de conserver ce patrimoine. De plus, elle n’avait pas de gros vices, elle manquait seulement d’amour », a souligné Isabelle.

« Nous aimons les maisons avec une âme, a renchéri Sébastien. Même quand nous habitions dans la région de Sherbrooke, nous visitions des demeures plus anciennes qui avaient le même cachet. Puis, elle appartenait à sa famille depuis longtemps, donc il y avait cette histoire qui nous y accrochait. C’était inconcevable de la mettre à terre et de recommencer. Dès le départ, nous ne la voyions pas seulement comme une maison. »

Isabelle et Sébastien ont participé à la première mouture de la Clinique d’architecture patrimoniale en Chaudière-Appalaches (CAPCHA). Celle-ci a pour objectif d’aider les propriétaires de maisons ancestrales à mieux connaître les joyaux qu’ils ont en main. Elle permet aussi de les outiller pour qu’ils puissent adapter leurs demeures à leurs besoins contemporains (recyclage, agrandissement, changement d’usage, restauration, entretien, etc.) et de mettre en valeur ces résidences selon les règles de l’art en matière de restauration patrimoniale. L’architecte se rend sur place pour évaluer l’état des composantes du bâtiment, prendre des photos, réaliser un carnet de santé et dessiner des esquisses en fonction de la demande du propriétaire. Un rapport technique complet lui est remis. Une partie importante de ce service est subventionnée.

La résidence avait été endommagée par un incendie avant que le couple y habite.

Pour le couple, faire partie de ce projet lui a avant tout permis d’être bien entouré. « Ça nous a amené un premier contact, soit celui de l’architecte Marie-Josée Deschênes. Elle nous a fait notre première esquisse et elle nous a donné plein de conseils. Elle nous a aussi présenté les services qu’il y avait à notre disposition. C’est un premier contact qui t’en amène d’autres par la suite, donc ça t’évite de te casser la tête. Nous l’avons engagée pour d’autres étapes. Nous avons été très bien conseillés sur ce qui se faisait à l’époque », a expliqué Isabelle.

Selon Sébastien, ce service les a aussi aidés à éviter les erreurs dans la restauration de leur maison.

Prendre son temps

La première étape des travaux a eu lieu en 2017 et celle-ci consistait à soulever la maison et la sortir de son solage, qui était fait de pierres, afin de la placer sur une fondation en béton. La toiture a ensuite été refaite en tôle ancestrale. Le recouvrement extérieur a été retiré, la structure solidifiée, et le bâtiment isolé de l’extérieur.

« Notre entrepreneur Daniel Bellavance a beaucoup travaillé à remettre tout ça égal parce qu’avec le temps, le bois s’était un peu affaissé. Quand tu déplaces une maison, c’est aussi ce qui peut arriver », a indiqué Sébastien.

Les fenêtres ont également été changées. Ils ont opté pour le PVC plutôt que pour le bois qui était la norme à l’époque, mais tout en respectant le modèle à guillotine. D’ailleurs, ils ne se sont jamais sentis obligés d’utiliser un matériau qu’ils ne voulaient pas.

L’année suivante, les bardeaux de cèdre ont été posés sur les deux étages et demi. Ils ont décidé de refaire le garde-soleil qui avait disparu avec le temps et ils ont ajouté une galerie avant qui ne s’y trouvait plus après avoir vu sur les anciennes photos que la maison comprenait autrefois un grand porche. Un garage a aussi été reconstruit à l’arrière.

Il ne reste que quelques éléments à l’extérieur, mais les travaux y sont presque complétés.

Pour l’intérieur, les propriétaires souhaitent conserver le cachet de la demeure. Comme ils l’ont fait pour l’extérieur, ils ont bien l’intention de prendre leur temps.

« Nous avons appris à connaître notre maison avant de commencer parce que c’est quelque chose que nous réaliserons qu’une fois, donc nous voulons bien le faire », a soutenu Isabelle.

C’est aussi le principal conseil que le couple offrirait à quelqu’un qui voudrait entreprendre un projet comme le sien, soit bien se préparer et prendre son temps. « Nous étions encore à Sherbrooke et nous avions déjà commencé. Nous avions beaucoup de questions, mais finalement, nous avons évité les mauvaises surprises. Nous avons été étonnés de l’évaluation professionnelle de la valeur après les rénovations parce que c’est comme si chaque dollar que nous avions investi était considéré. Nous avons été récompensés par les choix que nous avons faits, ce qui n’est pas toujours le cas selon qu’on nous a dit. Nous avons été chanceux », a jugé Isabelle en ajoutant que le coût des travaux est tout aussi dispendieux que s’ils avaient construit en neuf.

Enfin, l’intérêt envers la rénovation est également important avant de se lancer. « J’avais rencontré quelqu’un qui m’avait dit qu’une maison ancestrale, c’est un projet de vie. Il avait raison. Tu y passes beaucoup de temps, alors il faut que tu aimes ça et que tu sois capable d’en faire une partie sinon les coûts montent rapidement. Il faut de plus regarder les programmes disponibles parce qu’il y en a », a conclu Sébastien.

À noter que la deuxième version de CAPCHA est financée par le Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) pour trois années (2019 à 2021). Dans la MRC des Appalaches, ce sont 39 dossiers qui pourront être soutenus. Plus de détails au capcha.ca

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