La santé publique inquiète devant la hausse des éclosions

Par Éric Gourde
La santé publique inquiète devant la hausse des éclosions
Dre Liliana Romero, directrice régionale de santé publique pour Chaudière-Appalaches (Photo : gracieuseté)

La directrice régionale de santé publique de Chaudière-Appalaches, Dre Liliana Romero, affichait déjà son inquiétude en fin de semaine dernière face à la hausse importante des cas positifs à la COVID-19 dans la région. Les hausses observées au cours de la fin de semaine et l’ouverture d’une deuxième unité d’hospitalisation consacrée au virus, à Saint-Georges, tendent à lui donner raison.

Plusieurs nouvelles éclosions ont été rapportées au cours des derniers jours, dont 52 dans des entreprises et 26 dans des écoles ou des milieux de garde. Dre Romero estime même que le congé de Pâques n’est pas nécessairement en cause, que la problématique se serait développée avant. « Comme le virus peut incuber plusieurs jours avant de se développer chez une personne, il est tôt pour dire que le congé de Pâques est en cause. Les cas que l’on voit apparaître datent possiblement de la fin mars. Ce sera plus clair la semaine prochaine. Ce que l’on voit, ce sont plutôt les impacts du passage de la région au palier orange il y a quelques semaines. »

La fermeture des écoles dans plusieurs MRC était inévitable selon elle, consciente, malgré tout, des difficultés de motiver les jeunes avec l’école à la maison. « On comprend tous les impacts au niveau psychosocial. La précaution est toutefois importante, car dans la progression de la maladie, ça commence à l’école, les enfants transmettent ensuite à leurs parents qui se rendent au travail et ainsi de suite. Dans la dernière semaine seulement, les cas ont augmenté de plus de trois fois chez les 10 à 19 ans. Prenons l’exemple que les écoles seraient ouvertes cette semaine. J’aurais dû en fermer plusieurs parce que ça ne va pas bien. La mesure de l’enseignement à distance est contraignante, mais nécessaire. »

La vaccination avance

La vaccination va bon train, sauf que des cas sont apparus aussi dans quelques résidences pour aînés où la clientèle avait déjà été vaccinée une première fois. Dre Romero rappelle que si une première dose offre une bonne protection, la deuxième dose sera tout aussi importante. « Les vaccins sont très efficaces, mais pour une protection complète, ça prend une deuxième dose. Pour les personnes de 70 ans et moins, il faut attendre au moins 14 jours pour avoir une certaine protection, alors que pour les gens plus âgés qui ont des problèmes de santé chroniques, l’immunité diminue avec l’âge et il faut au moins un mois avant d’être protégé. »

Un élément complique toujours la tâche de la santé publique, soit que plusieurs personnes sont asymptomatiques. Dre Romero avance même que 30 % des gens de la région seraient dans cette catégorie. « Peut-être que les symptômes sont passés inaperçus ou qu’ils n’ont pas de symptômes, mais ils transmettent la maladie. »

Quant au nombre de tests faux positifs potentiels lors de la pandémie, Dre Romero semble rejeter du revers de la main cette possibilité, même avec l’apparition des variants. « C’était rare qu’on puisse faire ce constat, on avait plutôt des faux négatifs. La personne est malade, mais son test est négatif et on sait qu’elle a le virus. Ça peut arriver avec des tests rapides, car ça ne détecte pas la maladie à certaines périodes de son évolution. »

Faire des prédictions est très difficile ajoute Dre Romero, espérant seulement que les gens comprennent l’urgence de la situation. Elle craint maintenant une hausse des hospitalisations chez les groupes d’âge plus jeunes que ce que l’on voyait dans le passé. « Ça va continuer à monter. Nous sommes à un point où la mobilisation de chacun en avril sera la clé. On arrive à la conclusion que tous les efforts que l’on fait en santé publique ne donneront rien si la population ne collabore pas. On est à un point de non-retour. »

Dre Romero suggère fortement à la population de ne plus porter de masque en tissu, puisque le fait d’uniquement se couvrir le visage ne serait pas suffisant. Le masque de procédure de qualité médicale serait plus approprié, selon ses dires.

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