Ce ne sont pas seulement que des chiffres

Opinion
Ce ne sont pas seulement que des chiffres
Florence Loubier du conseil d’administration de CATTARA a déposé une corbeille de fleurs en mémoire des travailleuses et travailleurs décédés ou blessés au travail. (Photo : Gracieuseté – Océanne Chamberland)

Le 28 avril, comme chaque année, marque la Journée internationale des travailleuses et travailleurs décédés ou blessés au travail, mais elle sert aussi de prétexte à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) pour dévoiler ses statistiques en matière de décès et d’accidents au travail.  

Or, au-delà de ces chiffres, il faut avoir en tête que des personnes sont en cause. C’est pourquoi on devrait s’attendre à ce que le nombre de victimes diminue de façon significative d’année en année. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Selon la CNESST, en 2020, ce sont 18 travailleurs qui ont perdu la vie en Chaudière-Appalaches, cinq lors d’un accident du travail et 13 des suites d’une maladie professionnelle. En ce qui concerne les personnes victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles qui n’ont pas causé la mort, les chiffres grimpent cette année à 6747 chez nous et à 94 750 pour l’ensemble du Québec, sans compter les 9982 personnes atteintes d’une maladie professionnelle. Il s’agit donc d’un total de 104 732 victimes.

Oui, on parle d’une légère diminution par rapport à l’an dernier, mais plus de 100 000 victimes de lésions professionnelles dans une même année, il n’y a pas de quoi se péter les bretelles. De plus, ces chiffres ne reflètent pas la réalité puisqu’ils ne prennent pas en considération le fait que le Québec a vécu au ralenti tout au long de 2020 et qu’une large partie des travailleurs étaient en arrêt. Il suffit de penser au secteur de la construction où l’on enregistre habituellement une bonne proportion des accidents du travail. Nous pouvons nous demander si nous devons réellement nous réjouir de cette baisse.

Quoi que l’on dise, il est clair que nous sommes loin, même très loin du jour où partir de chez soi pour aller au travail ne sera pas synonyme de danger… parfois mortel.

Mario Dufresne
Directeur du Comité d’appui aux travailleurs et travailleuses accidentés de la région des Appalaches (CATTARA)

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