Un haras national pour sauvegarder le cheval Canadien

Un haras national pour sauvegarder le cheval Canadien
Les membres du conseil d’administration : Jean-Yves Routhier, Maxime R. Routhier (acériculteur et analyste financier), Pierre Caron (entrepreneur et éleveur de chevaux), Marie-Michelle Drouin (éleveuse et médecin vétérinaire équin), Oscar Lessard (entrepreneur, éleveur, cocher et hébergeur équin), Israël Neault (dresseur équin), Gisane Routhier (entrepreneure, secrétaire et passionnée de chevaux) et Lisa-Marie Gouin (entrepreneure, propriétaire et passionnée de chevaux) (Photo : gracieuseté)

Un projet de haras national est présentement en développement à Adstock. L’objectif de la Compagnie des 1000 associés, un organisme sans but lucratif, est de sauvegarder, valoriser et promouvoir la race du cheval Canadien.

Ce centre patrimonial et équestre, situé sur une terre du rang Turgeon, servira de ferme-école sur l’élevage, ainsi qu’à faire l’éducation populaire sur l’histoire et l’écologie. Le projet revêtira également un côté social puisqu’il est prévu que des jeunes en difficulté y soient accueillis dans un but de réinsertion. En plus d’y retrouver un musée hippomobile, cet endroit servira à présenter des compétitions et des démonstrations équestres ainsi que diverses festivités.

Jean-Yves Routhier (Photo Courrier Frontenac – Claudia Fortier)

« Le problème que l’on a aujourd’hui avec le Canadien, c’est qu’il y a de moins en moins de place pour lui. La mode est au Quarter Horse. Le cheval Canadien a la réputation d’être têtu. Je ne comprends pas parce qu’il n’est pas vraiment comme ça. Il a été sélectionné par nos ancêtres pour sa douceur, son intelligence et sa bravoure », explique Jean-Yves Routhier, président du conseil d’administration et chef du comité du plan de sauvegarde.

Ce dernier a d’ailleurs fait don de sa terre afin que le projet y soit développé. Il est aussi motivateur, éleveur, acériculteur ainsi que membre de l’Association québécoise du cheval Canadien (AQCC) et de la Société des éleveurs de chevaux Canadiens (SECC).

« Le Canada est le seul pays industrialisé à ne pas avoir de haras sur sa race nationale. Il y en a déjà eu, mais ils ont fermé. Cette race a pourtant été reconnue comme joyau du patrimoine agricole par le gouvernement du Québec en 1999 et cheval national par le gouvernement du Canada en 2002. Malheureusement, le nombre d’enregistrements n’était que de 126 en 2018, comparativement à 500 environ en 2004. Il y a un vieillissement du cheptel. C’est pourquoi nous jugeons important de mettre sur pied ce projet afin d’aider à renouveler sa population », indique M. Routhier qui est convaincu que cet endroit pourra devenir un site agrotouristique d’importance et un outil financier permanent pour le développement économique du Québec.

Des travaux de construction des installations sont aussi prévus. « Le surnom du Canadien, c’est le petit cheval de fer parce qu’il est comparé à une locomotive. Nous avons donc décidé de construire les bâtiments en forme de gare ferroviaire. Il y aura le bâtiment d’accueil, la gare, où nous recevrons les visiteurs et deux petites salles aux extrémités pour faire de l’entraînement. Puis, les deux écuries, les stations, où se trouveront les chevaux », raconte M. Routhier.

Le Club du P’tit cheval de fer sera responsable de la gestion du haras, de son bon fonctionnement et de la sécurité sur le site. On espère y tenir un cheptel d’environ 80 chevaux pour les compétitions, l’équithérapie et l’accouplement.

« Jusqu’à maintenant, nous avons de bons commentaires, autant des partenaires financiers que des instances politiques. Notre projet est qualifié d’innovateur et de visionnaire. Si nous le voulons, nous pouvons faire en sorte qu’il soit grandiose », souligne M. Routhier.

Financement

C’est en juin 2020 que le gouvernement provincial donnait son feu vert au projet intitulé « Pour l’Amour du Québec ». Un centre d’une telle ampleur nécessite évidemment beaucoup d’argent. L’objectif de l’organisme est de vendre 1000 actions avec privilèges (d’où le nom des 1000 associés) à 4000 $ chacune auprès d’entreprises de partout à travers le Québec, dont seulement 100 seront sélectionnées en Chaudière-Appalaches. De cette façon, le haras pourra s’autofinancer et se développer au rythme de ses retombées.

Plus de détails disponibles au www.chevalcanadien.ca

Le cheval Canadien

Selon les connaissances actuelles, le cheval Canadien a été introduit en Nouvelle-France en juillet 1665. C’est le roi Louis XIV qui aurait envoyé une première cargaison de douze animaux. On ne sait pas de quelle race ils étaient ni de quelle région de France ils provenaient. Certains écrits mentionnent les haras du roi, d’autres qu’ils ont été achetés par la Compagnie des Indes occidentales. De 1665 à 1763, sa population passera de 12 à 14 000 bêtes. Ils sont d’abord destinés aux communautés religieuses et aux gentilshommes les plus zélés pour la culture de la terre.

Pendant près de cent ans, les chevaux se multiplient en vase clos, sans apport de sang extérieur. Leur origine commune, l’absence de croisements avec d’autres races et leur multiplication considérable créent un groupe génétique particulier, qui donne naissance à une race unique : le Canadien.

Pourquoi ce nom? Parce que, jusqu’en 1867, date de la fondation du pays, la dénomination « canadien » désigne uniquement les francophones. Ce cheval étant d’origine française et répandu en grand nombre, d’abord dans la vallée du Saint-Laurent, il est normal, qu’à ce moment-là, on l’appelle de cette manière.

En 1895, la Société des éleveurs de chevaux Canadiens est fondée par le Dr J.A. Couture, vétérinaire. Elle s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui.

Source : Société des éleveurs de chevaux Canadiens

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Marthe-marthe Cameron

Bravo! Pour votre implication dans ce milieu social

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[…] Pour connaître tous les détails sur le haras national, consultez l’article de Claudia Fortier du Courrier Frontenac en cliquant ici. […]