Centre de transformation agroalimentaire : le temps presse

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Par Jean-Hugo Savard
Centre de transformation agroalimentaire : le temps presse
Michel Nadeau et Raymond Cimon espèrent une réponse positive d'Investissement Québec rapidement. (Photo : Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard)

Après plusieurs années de démarches parsemées d’embuches, le projet de construction d’un centre de transformation agroalimentaire dans le secteur Sacré-Cœur-de-Marie à Adstock est finalement sur le point de se concrétiser. Cependant, le temps presse aux dires du président du Comité de développement agroalimentaire des Appalaches, Michel Nadeau.

« Nous espérons être capables de compléter le financement d’ici la fin du mois de décembre. Si nous pouvions obtenir des réponses officielles rapidement, nous pourrions même commencer les travaux d’excavation afin que la bâtisse puisse être prête à utiliser pour le mois de juin », a-t-il mentionné en entretien avec le Courrier Frontenac.

Projet estimé au départ à 1,2 million $, les membres du conseil d’administration ont eu droit à plusieurs surprises. « Quand nous sommes allés en soumission cet été, nous n’étions plus à la même place puisque le tout avait grimpé à 2 millions $. Nous avons dû nous virer de bord pour trouver une autre source de financement », a ajouté M. Nadeau.

Selon lui, l’augmentation du coût des matériaux de construction depuis le début de la pandémie est en partie responsable. « Au début, le prix du bois avait bondi de façon exponentielle. À un certain moment, il représentait 35 % de la hausse. Il s’est stabilisé depuis, mais actuellement le problème concerne la tôle et l’acier inoxydable. Lorsque nous avons parlé à l’entrepreneur général il y a quelques semaines, il nous disait que celui-ci montait de 2% par mois. »

Pour sa part, le vice-président du comité, Raymond Cimon, a indiqué que certains ajouts nécessaires ont également joué un rôle sur les investissements liés au projet. « Nous devons mettre le bâtiment aux normes entourant la ventilation et les salles de refroidissement. Les frais de raccordement aux services d’aqueduc et d’égout sont aussi plus élevés depuis la pandémie. Il faut dire que tout augmente. À mon avis, elle a pas mal le dos large. »

C’est alors que le Comité de transformation agroalimentaire des Appalaches a décidé de se tourner vers Investissement Québec afin d’obtenir les quelque 800 000 $ manquants, soit une partie en prêt et l’autre en subvention. « Ce montant comprend aussi l’embauche d’un coordonnateur ou d’une coordonnatrice pour développer la clientèle et gérer des employés, ainsi que d’un ou d’une technicienne pour veiller au respect des règles sanitaires. Ces deux personnes représentent une masse salariale importante », a précisé M. Cimon.

Les travaux de la future usine d’un peu plus de 6000 pieds carrés ont déjà été confiés à l’entreprise Constructions Marco Lachance de Sainte-Clotilde-de-Beauce. « Sa soumission est valide jusqu’au 18 décembre. Le problème, c’est que nous arrivons également aux dates limites dans certains programmes gouvernementaux. C’est pour cela que le temps presse. Il faut que cela aboutisse », a martelé Michel Nadeau.

Ce dernier espère que la volonté exprimée par le premier ministre du Québec François Legault de favoriser les investissements en agriculture va se refléter sur le terrain. « Nous sentons une plus grande ouverture de la part d’Investissement Québec qu’avant. Il y a à peine deux ans, nous nous étions fait répondre que notre projet était inadmissible. Ce qui est effrayant, c’est que nous avons un fonds de diversification de 50 millions $ dans la région. Nous aurions pu régler ce dossier en un claquement de doigts, mais à cause des critères, on n’y avait pas accès. Heureusement, nous avons pu compter sur l’appui de Desjardins qui a accepté de nous accorder 200 000 $ pour la mise de fonds du milieu. Cela a réellement aidé à faire avancer le projet. »

Les deux hommes ne cachent pas leur hâte d’assister enfin à la première pelletée de terre. « Je dois vous dire que pour la MRC des Appalaches, ce projet est extraordinaire. Nous serons la seule région en Chaudière-Appalaches à avoir une usine de ce style-là », a affirmé Raymond Cimon.

Étude de marché

Les résultats d’une étude de marché publiés en 2018 par la Société de développement économique de la région de Thetford, en collaboration avec le Comité de développement agroalimentaire des Appalaches, démontrent que les besoins pour ce type d’installation sont bien présents.

Au total, 348 utilisateurs souhaitaient obtenir les services d’un centre de transformation agroalimentaire dans la MRC des Appalaches, et ce, dès les premières années de mise en service. Ils provenaient de la région immédiate, mais également d’autres MRC de la Chaudière-Appalaches, suivis des MRC du Centre-du-Québec et de l’Estrie.

Les petits producteurs de fruits, de légumes et de viandes de spécialité sont ceux qui ont démontré le plus d’intérêt.

À lire : Secteur agroalimentaire : vers une mise en marché plus structurée

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