De tarif unique à utilisateur-payeur

De tarif unique à utilisateur-payeur
(Photo : Archives)

THETFORD. Plusieurs voix dans le monde des centres de la petite enfance (CPE) se sont fait entendre depuis quelques jours contre la hausse des frais en fonction du revenu familial, s’opposant totalement au projet de modulation des tarifs du gouvernement.

Rappelons que le jeudi 20 novembre, la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, annonçait les intentions du gouvernement de Philippe Couillard de moduler la tarification dans les garderies. Le coût sera ainsi toujours de 7,30 $ par jour, mais sera ajusté au moment de la production de la déclaration de revenus. Une famille gagnant moins de 50 000 $ ne paiera que 7,30 $. Celles au revenu de 75 000 $ devront débourser 8 $, tandis que celles qui ont un salaire familial de 100 000 $ défraieront 11,75 $. Enfin, il en coûtera 20 $ par jour, soit le maximum, pour un revenu annuel de 150 000 $ et plus.

Dans la région, le Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches (CCQCA-CSN) dénonce avec vigueur la fin de l’universalité qu’impose le gouvernement au programme des centres de la petite enfance et des garderies subventionnées.

«Un programme public est universel quand il est payé par l’ensemble des contribuables en fonction de leur revenu par leur impôt. Il ne l’est plus si l’État applique la formule de l’utilisateur payeur et introduit une modulation des coûts de garderie pour les parents seulement», peut-on lire dans un communiqué du CCQCA-CSN.

Selon le syndicat, le premier ministre Couillard s’était engagé en campagne électorale à ne pas toucher au principe de l’universalité du programme. «Il attaque ce principe allégrement au nom d’une équité sociale purement idéologique qui bénéficie qu’à une minorité de la population. Par cette décision, le gouvernement Couillard invite-t-il les femmes à rester à la maison?»

Après l’annonce, le premier ministre avait cependant déclaré que son parti ne connaissait pas l’état des finances publiques au moment de former le gouvernement. «Dans l’état actuel des finances publiques, avec la structure en place, le système de garde à contribution réduite, auquel nous tenons, n’était pas soutenable», avait-il indiqué, soulignant que le coût réel d’une place en garderie est de 60 $ par jour.

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