Des enseignants investissent le bureau du dg

Des enseignants investissent le bureau du dg
Une vingtaine d'enseignants ont occupé de façon pacifique le bureau du directeur général de la CSA

THETFORD. Le personnel enseignant de la Commission scolaire des Appalaches (CSA) déplore les différentes mesures annoncées par le gouvernement Couillard dans le cadre de la réforme du système d’éducation. Une vingtaine d’entre eux ont occupé le bureau du directeur général Camil Turmel, lundi matin, pour lui faire part de leurs préoccupations.

Ces derniers s’opposent notamment à l’augmentation souhaitée du ratio d’élèves dans les groupes au secondaire. «Ça veut dire des fermetures de classes et cela peut avoir un impact sur le maintien de certaines écoles, plus précisément dans les petits villages. C’est certain que l’augmentation des ratios pourrait mettre en danger certains établissements», a mentionné le président du Syndicat de l’enseignement de l’amiante (SEA), Sébastien Jalbert-Perron.

Conditions inacceptables

Les enseignants de la CSA veulent également conserver leurs conditions de travail, principalement en ce qui a trait aux heures de travail. «Dans les dernières années, nous avons eu une négociation difficile sur ce sujet et finalement nous avons trouvé un genre de compromis. Le gouvernement demande aux commissions scolaires de nous fixer à l’horaire 35 heures de travail par semaine en plus du reste des autres tâches», a ajouté le président du syndicat.

M. Jalbert-Perron dénonce la volonté du gouvernement d’éliminer graduellement tous les postes à temps plein à la formation professionnelle et aux adultes en plus de vouloir abolir des services aux élèves en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation. «Nous savons que Disraeli, Coleraine et Beaulac-Garthy, entre autres, sont des milieux défavorisés. Si la partie patronale obtient ce qu’elle veut, on couperait la plupart des annexes qui garantissent certaines mesures de soutien pour ces élèves quand ils sont intégrés en classe. De plus, nous ne savons pas ce qu’il adviendrait des éducateurs spécialisés et des mesures d’appuis pour les groupes à plus d’une année d’étude. Nous trouvons cela inacceptable», a renchéri M. Jalbert-Perron.

Le président du syndicat des enseignants reconnait toutefois que la CSA a fait des efforts pour réduire ses dépenses au cours des dernières années. «Parfois, nous questionnons certains choix, mais nous les comprenons un peu. C’est vrai qu’ils sont rendus pris jusqu’au cou et surtout avec une croissance des dépenses de 0,2 %. Il faudrait les augmenter de 3 % seulement pour maintenir ce que nous faisons actuellement», a-t-il dit.

Épuisement professionnel

D’après Sébastien Jalbert-Perron, le milieu de l’enseignement figure dans le top 5 des professions où il y a le plus d’épuisement professionnel au Québec. «Il y a des cas dans la région et avec ce qu’on nous annonce, ça va juste être encore pire. C’est de l’argent jeté par les fenêtres en quelque sorte parce que nous payons le salaire de quelqu’un en bonne partie pour qu’il se repose chez lui alors que dans les faits, c’est de l’argent qui aurait pu servir à autre chose», a-t-il fait valoir.

Le porte-parole des enseignants croit que les mesures annoncées par le gouvernement Couillard représentent un désinvestissement dans le réseau de l’éducation. «Dans un pays où l’on veut améliorer notamment l’économie, avoir de la prospérité et créer de la richesse, tu ne peux pas faire ça en n’investissant pas dans l’éducation. Allez voir n’importe où dans le monde. C’est très clair que les dépenses en éducation et la prospérité d’une nation sont généralement en relation directe. Nous allons dans la mauvaise direction et cela va avoir des conséquences pour l’avenir», a-t-il indiqué.

Enfin, M. Jalbert-Perron dit surveiller de près le dossier entourant la fusion des commissions scolaires. Concernant les élections scolaires, il admet que le faible taux de participation est un problème. Selon lui, une réforme s’impose, mais il est toutefois contre la disparition complète de ce levier démocratique.

Un budget déficitaire à prévoir

Bien qu’il reconnaisse que les moyens de pression des enseignants font partie des règles du jeu, le directeur général de la Commission scolaire des Appalaches (CSA), Camil Turmel, persiste à dire que la négociation se fait au national et qu’un comité a été mandaté pour discuter des enjeux.

Les coupures annoncées dans le réseau de l’éducation sont minimalement de 150 millions $. «Nous n’avons pas reçu officiellement nos règles budgétaires, mais nous avons en main certains paramètres et nous évaluons les coupures à environ 750 000 $ chez nous. C’est une somme importante», a déclaré M. Turmel.

Depuis 2010, la CSA a coupé au-delà d’un million $, plus particulièrement dans le secteur administratif. L’an dernier, l’organisation a entre autres été forcée de sabrer dans l’aide aux devoirs, dans l’achat de livres et dans le programme d’intimidation et de violence. «Si le gouvernement nous oblige à couper une fois de plus dans le secteur administratif, très honnêtement, je pense que la commission scolaire n’aura pas le choix de présenter un budget déficitaire comme l’an dernier», a conclu M. Turmel, admettant que d’autres coupures viendraient inévitablement affecter les services aux élèves.

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