Des organismes locaux agissent contre la violence faite aux femmes

Des organismes locaux agissent contre la violence faite aux femmes

Nancy Gosselin

THETFORD – Le Centre femmes La Rose des Vents et Se parler… d’Hommes à Hommes souligneront la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, qui se tiendra le 6 décembre, en proposant différentes activités susceptibles de rejoindre la population.

En collaboration avec la Table de concertation en violence conjugale de L’Amiante, les deux organismes mèneront une campagne de sensibilisation sous le thème « Ensemble, dénonçons la violence ».

Tout d’abord, afin de rejoindre les jeunes, les organismes visiteront les quatre polyvalentes du territoire et les deux centres d’éducation des adultes pour distribuer massivement des signets, du ruban blanc (symbole de la mobilisation contre la violence faite aux femmes) et une lanière porte-clés sur laquelle apparait le thème retenu cette année dans la région.

« Nous avons choisi d’inclure le porte-clés à notre distribution de signets car nous avons constaté un peu partout que les jeunes portent régulièrement ce type d’objet suspendu à leur cou. Ce qui nous donne l’assurance que le message sera visible au-delà d’une seule journée et qu’il sera vu dans les familles ou lors de sorties entre amis », explique la coordonnatrice de La Rose des Vents, Nancy Gosselin.

« Quant aux adultes, poursuit Mme Gosselin, ils seront rejoints lors d’un barrage routier organisé en collaboration avec la Sûreté municipale, de 11 h à 12 h sur la rue Ste-Marthe, entre Jalbert et Simoneau. Au total, on prévoit distribuer 2 500 porte-clés ainsi que 6 000 signets et rubans. 

 

Les jeunes plus à risque qu’on ne le pense

Sophie Des Rosiers Gagné, agente de liaison et intervenante à Se parler… D’Hommes à Hommes explique que l’idée de rejoindre principalement les jeunes repose sur la prémisse que la violence conjugale les concerne directement.

Dans un rapport du ministère de la Sécurité publique paru en 2011 concernant la criminalité commise dans un contexte conjugal, on constate que les victimes étaient majoritairement des femmes (81 %). Ce qui est surprenant toutefois, c’est que le taux d’infractions par 100 000 habitants progressait dans quelques groupes d’âge, surtout celui des jeunes de 12 à 17 ans. Malgré ces variations annuelles, les infractions dans un contexte conjugal sont principalement perpétrées à l’endroit des 18 à 24 ans, leur taux par 100 000 habitants atteignant 622,1.

Parmi les différents facteurs présents en situation de violence conjugale chez les jeunes, on peut noter que le désir de contrôler existe encore beaucoup chez plusieurs garçons. Les médias sociaux, téléphones intelligents et autres gadgets électroniques participent à l’exercice du contrôle et de certaines formes de violence. On s’aperçoit ainsi que la violence vécue dans les couples adolescents ressemble beaucoup à celle qui se vit dans les couples adultes.

Mme Des Rosiers Gagné insiste donc sur l’importance de proposer des modèles de rapports égalitaires entre les filles et les garçons.

 

La violence conjugale en chiffres au Québec

Les conjointes, qui forment 45 % de toutes les victimes, sont en proportion plus nombreuses à subir des infractions susceptibles de causer des blessures ou la mort. En effet, elles composent 75 % des victimes d’homicide, 67 % des victimes de voies de fait de niveau 3 (blessent, mutilent, défigurent la victime ou mettent sa vie en danger) et 64 % des victimes de tentative de meurtre. Elles sont aussi très présentes parmi les victimes de voies de fait de niveau 1 (tenter d’employer ou employer la force contre une personne sans son consentement) et de niveau 2 (avec une arme ou causant des lésions corporelles).  

Les ex-conjointes sont pour leur part davantage représentées parmi les victimes d’appels téléphoniques indécents ou harcelants (73 %), de harcèlement criminel (71 %), d’intimidation (62 %) et de menaces (58 %).

Quant aux amis et ex-amis intimes de la victime, qui composent 18 % de toutes les victimes, ils sont davantage présents parmi les victimes d’enlèvement (47 %) et d’agression sexuelle (39 %).

Dans ce même rapport, on indique que les corps policiers ont enregistré au total 19 373 infractions contre la personne commises dans un contexte conjugal, c’est-à-dire par une personne conjointe, ex-conjointe, amie intime ou ex-amie intime de la victime. « Toutes ces statistiques ne reflètent cependant qu’une infime partie de la criminalité, soit celle signalée ou connue des autorités policières et enregistrée dans les dossiers officiels », note Mme Des Rosiers Gagné.

 

Et chez nous

La région de la Chaudière-Appalaches affiche l’un des taux les plus bas du Québec (avant-dernier rang) en matière d’infractions dans un contexte conjugal. Cependant, selon des données publiées en novembre 2013 sur le site du ministère, on remarque que celui-ci a augmenté de 11 % entre 2011 et 2012, ce qui place la région au troisième rang pour le pourcentage d’augmentation.

 

La clé : en parler

Selon les deux personnes-ressources, quelle que soit la forme de violence, il faut en parler. La peur, la honte ou la gêne peuvent maintenir les victimes de violence dans l’isolement. Il est important de briser le mur du silence, de se confier et d’aller chercher de l’aide. Cela s’applique aux victimes, à l’homme qui exerce la violence en contexte conjugal ou familial et aux témoins.

Il est essentiel de bien écouter et ne pas juger les personnes qui se confient. De plus, il faut s’assurer de respecter le rythme de chaque personne qui cherche à reprendre le contrôle sur sa vie. La MRC des Appalaches compte plusieurs ressources qui peuvent aider les personnes à y arriver.

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