Des pertes économiques catastrophiques

Le manque d’eau dans le Grand lac Saint-François pourrait avoir des conséquences économiques désastreuses sur les commerces situés dans ce secteur, notamment pour les marinas.

André Bédard, propriétaire de la Marina Camping Le Grand Bleu à Saint-Joseph-de-Coleraine, soutient que chez lui les pertes pourraient se chiffrer à plus de 100 000 $ à la fin de l’été. «On ne se le cachera pas, nous avons un début de saison affreux. C’est malheureux parce qu’il fait très beau. Nous sommes censés avoir un été chaud et sec et nous devions renflouer les coffres pour les dix dernières années, mais là c’est le contraire qui se produit», déplore-t-il.

Si l’eau reste à ce niveau, soit trois pieds ou plus bas de la normale, la marina ne pourra pas installer ses quais flottants. «Nous avons 95 places et il n’y a aucun moyen de les placer sans briser. Comme le lac va continuer à baisser, cela nous mettrait dans le trouble pour les sortir par la suite. Environ 40 % de nos occupants sont des voiliers et c’est même impossible de les mettre à l’eau présentement», explique M. Bédard.

Même son de cloche du côté du Môtel La Source argentée et de sa marina à Saint-Romain. Une partie des quais a pu être installée, mais la descente à bateaux est totalement inutilisable. «Depuis que nous avons ouvert la première fin de semaine de mai, nous pouvons parler de quelques milliers de dollars en moins. Par contre, la grosse période n’est pas encore passée et si c’est comme ça encore en juillet, ce sera catastrophique comme pertes», raconte le propriétaire Bernard Mercier.

Plusieurs secteurs touchés

Ces deux marinas offrent la restauration, un camping pour un et un motel pour l’autre, des postes à essence pour les embarcations nautiques, ainsi que plusieurs autres services connexes. Tous ces secteurs sont actuellement touchés et si la situation perdure, ils n’ont aucun moyen pour accommoder les plaisanciers.

«Nous sommes à peu près au quart des réservations journalières normales au camping. Pour les saisonniers, en ce moment nous ne pouvons pas leur installer les quais donc les campeurs sont moins assidus à se présenter. Moins de campeurs signifie aussi moins d’achalandage à notre petit bistro-pub. Je ne vends pas d’essence et tout ce qui s’appelle crème glacée pour les gens qui sont sur le lac, on va oublier ça», affirme M. Bédard.

De plus, ce dernier s’inquiète pour les locations de sports nautiques et d’embarcation à la Source argentée. «Denis Proteau vient d’investir plus de 100 000 $ en équipements nautiques. Ce serait dommage aussi pour lui.»

André Bédard souligne également que plusieurs plaisanciers ont brisé leur embarcation ou leurs remorques depuis le début de la saison. «Certains ont découvert des roches qu’ils n’avaient jamais vues quand le lac est plus haut, tandis que les descentes sont trop dangereuses.»

Plusieurs questions

André Bédard croit que la situation a été mal gérée par les responsables au Centre hydrique du Québec (CEHQ), mais jusqu’à maintenant, il n’a pas pu avoir de réponses à ses questions.

«Quand on regarde les graphiques, on le voit bien qu’ils ont trop vidangé en mars et en avril. À la mi-mars, ils ont doublé l’ouverture du barrage à 90 mètres cubes par seconde alors qu’habituellement à cette période elle est de 45 mètres cubes. Ils ont refermé le 1er avril pour ensuite rouvrir quatre fois plus que la normale pendant un bon moment durant le mois. J’ai de la misère à m’expliquer la raison, surtout que nous n’avions pas beaucoup de neige. Une chose est sûre, c’est vraiment désastreux ce qui se passe», conclut-il.

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