Des ralentissements à plusieurs niveaux

Des ralentissements à plusieurs niveaux
(Photo : depositphotos.com)

La région de Thetford commence à sentir les effets du ralentissement que connait depuis quelques années l’économie québécoise. À la suite de la fermeture de certains commerces au détail et restaurants, comme le magasin Yellow et le Millénium, le COURRIER FRONTENAC a interrogé quelques intervenants locaux à propos de cette situation.

Selon plusieurs, Thetford Mines vit actuellement ce ralentissement qui prévaut cependant depuis six ans à travers le Canada. «C’est clair que dans les dernières années, nous avons été peu touchés par la crise financière de 2008, soutient Luc Rémillard, directeur général de la Société de développement économique (SDE) de la région de Thetford. La raison principale est la venue de certains grands projets comme le Parc des moulins et le gaz naturel. Ceux-ci ont fait en sorte que nous avons “surfé” sur la vague au lieu de vivre le ralentissement économique. On ressent maintenant les mêmes effets que les autres régions ont vécu il y a quelque temps.»

Même son de cloche du côté de Louis Thivierge, directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Thetford Mines (CCITM). «Nous sommes dans une période économique plus difficile. Il y a deux ans, le projet des éoliennes amenait 250 travailleurs. C’était de “l’argent neuf” dépensé dans les hôtels, les magasins et les restaurants. On a vogué sur cette vague pendant près de deux ans, mais c’est maintenant terminé», dit-il.

Le mur technologique

Outre la période creuse sur le plan économique, les deux hommes ont également abordé le sujet de la vente en ligne qui prend beaucoup plus de place et nuit à plusieurs commerces de la région et du reste du Québec.

«Il faut conscientiser les commerçants à prendre le virage technologique parce que le mur s’en vient. Aux dernières nouvelles, près de 25 % des achats sont maintenant faits en ligne. Ce n’est pas juste à Thetford Mines, mais nous sommes rendus là. Si les commerces ne prennent pas le virage, ce sera dangereux pour eux et la possibilité de disparaître sera énorme», affirme Louis Thivierge.

Selon lui, cela fait plusieurs mois que la CCITM lance des avertissements concernant cette situation. «Nous faisons des campagnes d’achat local, mais le concurrent n’est plus nécessairement à Québec ou à Victoriaville comme auparavant. Il est rendu partout dans le monde. Pour plusieurs personnes, c’est plus facile acheter en ligne.»

La solution de la CCITM pour aider les commerces de la région avec le phénomène de l’achat sur Internet faisait d’ailleurs partie des demandes du Comité de concertation économique. Membre de ce groupe, l’organisation a présenté un projet d’une valeur de plus de 3 millions $ afin, entre autres, de créer un portail Web régional pour augmenter la présence des entreprises thetfordoises sur Internet. Le but étant de permettre aux entreprises de présenter leurs produits et services et même de les vendre en ligne.

Pénurie de main-d’œuvre

Le manque de main-d’œuvre est aussi une conséquence qui guette les commerçants et restaurateurs puisque Thetford Mines peine à trouver des gens qualifiés pour remplir les postes disponibles. «Il y a pénurie de main-d’œuvre dans le manufacturier et un peu partout. Le commerce de détail ne s’en échappe pas. De plus, ce n’est pas le domaine où l’on retrouve les plus gros salaires alors que c’est celui qui emploie le plus de monde», prévient Louis Thivierge.

La propriétaire du restaurant L’Maudit Français situé au centre-ville de Thetford Mines, Marise Plante, abonde dans le même sens. «C’est un véritable combat de trouver un cuisinier et de le garder. Avoir de la bonne main-d’œuvre et réussir à la conserver est l’une des plus grandes difficultés dans mon domaine», conclut-elle.

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