Éoliennes à Saint-Adrien : plainte en déontologie contre quatre élus

Éoliennes à Saint-Adrien : plainte en déontologie contre quatre élus

SAINT-ADRIEN-D’IRLANDE – Le Regroupement citoyen en faveur des éoliennes à plus de 2 000 mètres des zones habitées a déposé, mardi matin, une plainte au directeur de la Commission municipale du Québec (CMQ) contre quatre élus municipaux en lien avec le houleux dossier des éoliennes.

Selon le regroupement composé d’environ 90 citoyens, ces conseillers auraient enfreint trois lois incombant à leur poste. La première loi mentionnée est le code déontologique de la municipalité de Saint-Adrien-d’Irlande, la deuxième est la loi des élections et référendums du Québec et la troisième est la loi d’éthique en matière d’élus municipaux au Québec.

Le porte-parole du regroupement, Jocelyn Desjarlais, soutient que trois des quatre élus mentionnés dans la plainte auraient signé des ententes avec le promoteur éolien 3CI. Son groupe souhaite aussi un respect des codes, procédures et loi en vigueur par le conseil municipal. « S’assurer qu’il n’existe plus d’apparences de collusion, corruption ou irrégularités municipales », peut-on lire dans un document préparé par le regroupement en rapport avec leurs objectifs.

« C’est chercher le trouble. »

Rejointe par le COURRIER FRONTENAC mardi soir, la mairesse de Saint-Adrien-d’Irlande affirmait ne pas encore être au fait des plaintes. Elle n’était cependant pas surprise de cette nouvelle. Comme la semaine dernière, elle a réitéré son appui envers ses conseillers.

« C’est chercher le trouble parce que chaque fois qu’on prend des décisions, les personnes en question se retirent. Ils ont le droit comme tout le monde d’être dans la salle, affirme Mme Lacombe. À mon avis, c’est correct et il n’y a pas de problème là-dedans. »

« Ce qu’ils cherchent c’est probablement de mettre la bisbille dans le conseil et la municipalité. Je ne sais pas sur quels mots ou détails ils se basent, mais selon ce que j’en sais de l’éthique, pour moi tout est correct », ajoute-t-elle.

De plus, la mairesse signale que les conseillers n’avaient pas l’obligation claire de se retirer, mais après que les membres du conseil en aient discuté entre eux, ils ont trouvé préférable de le faire.

Pas contre les éoliennes, mais…

Le Regroupement citoyen en faveur des éoliennes à plus de 2 000 mètres des zones habitées, comme en fait foi son nom complet, n’est pas contre la présence d’éoliennes sur le territoire de la municipalité.

Toutefois, il exige qu’aucune éolienne ne soit située à moins de 2 000 mètres de toute habitation ou lieu de travail; à moins de 250 mètres de la voie publique, d’un chemin forestier ou sentier balisé et à moins de 250 mètres de la ligne d’un terrain, d’une érablière, d’une étable ou tout bâtiment agricole. Aussi, le promoteur devra obtenir l’accord de tout voisin à moins de 500 mètres.

« C’est une question de santé publique. Il faut voir de manière responsable à la santé publique. On ne veut pas voir personne être malade pour le fonctionnement d’une machine », soutient M. Desjarlais. En plus d’études de spécialistes, le regroupement se base également sur le témoignage de citoyens de Saint-Ferdinand et de Sainte-Sophie-d’Halifax chez qui la présence d’éoliennes aurait des effets négatifs, tant au niveau de la santé que de la qualité de vie.

Injonction en cour supérieure

Le regroupement se prépare présentement à déposer une injonction en Cour supérieure du Québec, en plus de la plainte au commissaire de la CMQ, afin de rendre le conseil municipal inapte à siéger en regard d’apparences de fautes majeures. M. Desjarlais affirme que le dépôt de l’injonction devrait se faire d’ici les 30 prochains jours.

À lire: Un référendum sur la présence des éoliennes à Saint-Adrien-d’Irlande

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