Forte demande en matière d’hébergement

Photo de Jean-Hugo Savard
Par Jean-Hugo Savard
Forte demande en matière d’hébergement
Les promoteurs Martin Bilodeau et William Simard prévoient être en mesure d'accueillir les premiers locataires à la fin du mois de février. (Photo : Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard)

Les besoins en matière d’hébergement sont de plus en plus importants à Thetford Mines, notamment en raison de l’arrivée de nombreux travailleurs provenant de l’étranger. Des travaux de conversion d’une ancienne école située sur la rue Labbé sont d’ailleurs en cours depuis l’été dernier et devraient prendre fin dans les prochaines semaines.

Ce projet aura nécessité des investissements d’environ 1,5 million $ afin d’y construire des unités pouvant accueillir 56 nouveaux résidents. Déjà, plusieurs petits 4 ½ ont été aménagés dans les classes, tandis que trois 6 ½ le seront dans la partie où vivaient les religieuses. L’ex-gymnase sera quant lui transformé en chambres avec des aires communes.

« Nous essayons de répondre à la demande parce qu’il y a un réel besoin à Thetford Mines pour loger les travailleurs étrangers. Ici, ils seront à proximité des services. Il y a un dépanneur juste en face de la rue, des terrains sportifs et une piscine municipale. Ils sont près de tout. Nous prévoyons aussi leur aménager sur le bord de la rivière à l’arrière un petit parc avec des tables à pique-nique », a mentionné au Courrier Frontenac l’un des promoteurs, Martin Bilodeau.

Son partenaire d’affaires, William Simard, estime que ces nouvelles unités situées au même endroit favoriseront une meilleure intégration. « Ce sera plus facile eux et ils se sentiront davantage à la maison. »

Les promoteurs ont conclu des ententes avec au moins cinq entreprises de la région intéressées à y héberger leurs nouveaux travailleurs qui commenceront à emménager à partir de la fin du mois de février. Ceux-ci auront d’ailleurs droit à un clé en main puisque les unités seront entièrement meublées. « Ils auront même de la literie, des serviettes et un code pour avoir accès à Internet haute vitesse. Ils n’auront qu’à acheter leurs effets personnels », a souligné M. Bilodeau.

Ce dernier ne cache pas que la réalisation de ce projet a représenté son lot de surprises. « Le bâtiment était abandonné depuis dix ans. Il y avait quatre pouces d’eau au sous-sol lorsque nous l’avons acquis. Nous partions de loin. Il n’y avait toutefois pas d’amiante. Pas moins de 160 fenêtres et plusieurs portes d’entrée ont été changées. Nous avons conservé le plancher en terrazzo, mais nous avons recouvert les murs des corridors où se trouvaient les crochets pour les manteaux des élèves en »stucco » parce qu’ils étaient trop détériorés. »

Tout porte à croire que le bâtiment de la rue Labbé sera rapidement au maximum de sa capacité. La construction d’un nouvel immeuble sur le même terrain est dans les plans. « Éventuellement, si la demande continue d’être comme ça, nous avons de la place pour faire un autre 20 logements pouvant accueillir 40 à 50 personnes », a dit Martin Bilodeau.

Notons que d’autres projets verront le jour au cours des prochains mois. Les deux hommes possèdent un grand terrain sur le boulevard Lemay près du Cégep de Thetford et prévoient construire des immeubles visant à répondre aux besoins des étudiants. Le début des travaux est prévu au cours des prochains mois. « Il y a la possibilité d’une centaine de portes. Nous sommes aussi propriétaires des terrains situés à côté du palais de justice (ancien site de l’exposition agricole) et il y a de la place pour cinq bâtiments de 36 unités avec stationnements souterrains et ascenseurs. Nous érigerons le premier cet été », a-t-il renchéri.

Des opportunités à saisir

Le directeur général de la Société de développement économique (SDE) de la région de Thetford, Luc Rémillard, a affirmé que cela fait un certain temps que son équipe entend parler des problèmes liés au logement. Beaucoup d’entreprises disent éprouver des difficultés au niveau de l’hébergement puisqu’elles ont de plus en plus recours au recrutement de main-d’œuvre à l’international. « Plusieurs d’entre elles doivent acheter des maisons ou des immeubles pour leurs travailleurs, mais il faut dire que ce n’est pas pour gérer ce type d’installation qu’elles sont dans le milieu des affaires. »

En avril 2021, la SDE a réalisé un sondage éclair auprès de quelques entrepreneurs afin d’obtenir un portrait de la situation. Un peu plus d’une trentaine d’entre eux ont ainsi répondu. « Ce petit groupe prévoyait recevoir à ce moment-là une centaine de travailleurs étrangers et 125 supplémentaires au printemps 2022. Ce sont donc 225 personnes qui étaient attendues, et cela, sans compter le recrutement qui s’est poursuivi depuis », a-t-il ajouté.

Un nouveau coup de sonde devrait être réalisé d’ici les prochains mois afin d’obtenir une mise à jour des besoins actuels. M. Rémillard a souligné que des discussions sont déjà en cours avec d’autres promoteurs immobiliers qui pourraient avoir de l’intérêt. « La demande est forte. Je suis persuadé que cela débouchera sur quelque chose de concret rapidement. »

Dernièrement, le seuil permettant aux entreprises œuvrant dans des secteurs désignés d’employer des travailleurs étrangers temporaires a été haussé à 20 %, plutôt que 10 %. Selon le directeur général de la SDE, ce changement représente un potentiel de recrutement à l’international encore plus grand. « Évidemment, plusieurs vont en profiter. Ce qui est intéressant pour les promoteurs, c’est que cela fera augmenter la demande pour tout le secteur de l’immobilier. Ce sont de bonnes nouvelles. »

Accompagnement

Le recrutement de main-d’œuvre à l’international est dans le collimateur de la SDE depuis plus d’une dizaine d’années. « Nous voyions la problématique arriver. Il faut se souvenir qu’à cette époque, nous étions comme des »bibittes » quand nous organisions des déjeuners pour sensibiliser nos entrepreneurs à cette problématique. Aujourd’hui, tout le monde en parle. »

Au fil des ans, une panoplie de services a été mise en place pour bien accompagner les entreprises. « Nous répondons à leurs besoins qui peuvent être de différentes natures, par exemple pour la recherche d’un logement, le permis de conduire et la carte d’assurance maladie. Des organismes locaux ont été financés et commencent à prendre le relais comme Intégration communautaire des immigrants et le Carrefour jeunesse-emploi de Frontenac dépendamment du groupe d’âge. »

Son organisation pourra donc se concentrer davantage à bien renseigner les futurs citoyens. « Les entreprises sont capables de bien se vendre auprès d’un potentiel travailleur, mais une personne qui songe à s’installer ici va rapidement se demander où se trouve Thetford Mines et comment ça fonctionne avec les écoles. L’idée est de parler du milieu d’accueil et de la qualité de vie que nous avons. C’est plus vers là que nous nous tournons. Nous sommes présents sur des plateformes de recrutement à l’international et souvent nous leur répondons directement. »

Bien que plusieurs projets et initiatives soient déjà en place, Luc Rémillard croit que le défi des années à venir sera de travailler pour que ces nouveaux arrivants décident, finalement, de demeurer dans la région.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires