L’Association des riverains veut des réponses

L’Association des riverains du Grand lac Saint-François rencontre aujourd’hui les responsables du Centre d’expertise hydrique du Québec en espérant obtenir des réponses au sujet de la façon dont le barrage Jules-Allard a été géré cette année.

Le troisième plus grand lac québécois situé au sud du Fleuve Saint-Laurent est présentement cinq pieds en dessous de sa moyenne habituelle. Cette situation pourrait d’ailleurs s’avérer catastrophique pour les entreprises situées en périphéries puisque le lac est inaccessible à plusieurs endroits. Notons que cet attrait touristique génère des retombée d’environ 50 millions $ par année pour les municipalités, commerces et entreprises de ce secteur.

Réunis lors d’une conférence de presse tenue à la Marina Camping Le Grand Bleu, le jeudi 9 juin, les différentes associations du Grand lac, ainsi que les maires des municipalités, ont tenu à exprimer leur mécontentement envers cette situation. Organisée par l’Association des riverains du Chemin du Barrage (ARC), cette rencontre avait pour but d’informer les gens et d’exposer le silence du ministère de l’Environnement.

«Nous le savons qu’il y a eu une mauvaise gestion, a soutenu Denys Huot, président de l’ARC. Cependant, on ne nous donne aucune réponse. Nous voulons connaître les raisons pour lesquelles ils ont vidangé autant. Nous le savons qu’il est trop tard pour cette année, mais il est important de savoir ce qui s’est passé pour ne plus que cela se reproduise.»

De son côté, le propriétaire de la Marina Camping Le Grand Bleu à Saint-Joseph-de-Coleraine, André Bédard, a souligné que les précipitations en neige et en pluie ont en effet été moindres que l’an passé, mais puisque la différence n’est pas énorme, elles ne peuvent expliquer à elles seules la façon dont le barrage a été géré. Rappelons que la fonte hâtive du couvert de neige et le manque de précipitations au printemps sont les deux raisons que le ministère de l’Environnement a invoquées dans ses échanges avec TC Media Nouvelles.

Lors de cette rencontre, il a aussi été possible d’apprendre que l’Association des riverains du Grand lac Saint-François, l’organisme chapeautant les trois associations de riverains du lac, est censée rencontrer aujourd’hui (vendredi) les responsables du Centre d’expertise hydrique afin d’obtenir plus de réponses.

«Nous voulons savoir exactement ce qui s’est passé. Nous pensons que peut-être ils ont été trop prudents en craignant les inondations. Nous allons aussi demander qu’ils changent leur méthode de gestion de manière à avoir plus de stations de météorologie pour être capables de prendre plus de risque afin qu’une telle situation ne se reproduise plus. Nous voyons les effets des changements climatiques. J’espère que les gens vont commencer à y croire puisqu’il faut changer notre façon de gérer l’eau», raconte Michel Lamontagne de l’Association du Grand lac Saint-François Secteur Sud.

Effets sur la faune

Selon plusieurs personnes, les effets sur la faune du manque d’eau dans le Grand lac sont tout de même mineurs. Biologiste de formation, M. Lamontagne affirme qu’au moment où la fraie du doré a eu lieu en avril, le lac était encore à son niveau habituel, donc les impacts ne devraient pas se faire sentir de ce côté.

«Par contre, comme le lac est très bas, le débit de la rivière Saint-François est aussi plus faible. Pour la faune, le débit minimum de la rivière doit être maintenu à sept mètres cubes par seconde et c’est à ce niveau qu’il est présentement. S’il tombait en bas de ça, il pourrait en effet y avoir des impacts sur la faune.»

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