Les chasseurs disent non au projet de loi 64

THETFORD. Environ 200 chasseurs, tireurs sportifs et collectionneurs d’armes ont manifesté devant le bureau de comté du député de Lotbinière-Frontenac et ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, ce matin à Thetford Mines, pour dénoncer le projet de loi 64 visant l’implantation du registre québécois des armes à feu.

«Nous sommes contre l’idée d’un tel registre et voulons que le ministre Laurent Lessard et son gouvernement comprennent le message. Il y a beaucoup de chasseurs dans la région de Thetford Mines et le gouvernement touche une corde sensible avec ce projet de loi. Les chasseurs voient cela comme une atteinte à la vie privée», a d’abord mentionné le fondateur du collectif «Tous contre un registre québécois des armes à feu», François Picard, à TC Media Nouvelles.

Selon lui, les lois actuellement en vigueur au Canada suffisent. «Les chasseurs doivent absolument détenir le Permis de possession et d’acquisition (PPA). Avec cela, tous les policiers savent que vous avez des armes à feu. Quand ils interviennent, automatiquement, ils sont obligés de vérifier si vos armes sont enregistrées, et ce, registre ou pas», a-t-il ajouté.

Son organisation estime que le projet de loi 64 représente un mauvais investissement. «Chaque fois qu’il y a des suicides ou des homicides, on ne se le cachera pas, c’est un problème de santé mentale qui est caché derrière cela. Nous voulons éviter ces drames et le meilleur moyen pour y arriver est de retourner à la base. Le gouvernement doit investir davantage auprès de ces gens-là», a déclaré M. Picard.

Québec fait fausse route

Plusieurs chasseurs ne comprennent pas pourquoi le gouvernement du Québec s’entête à mettre en place un registre québécois des armes à feu. C’est notamment le cas pour Jean-Roch Doyon qui chasse le petit gibier, l’original et le chevreuil depuis son plus jeune âge.

«Selon moi, ce registre représente la pire folie qui ne s’est jamais faite au Québec. Le gouvernement a déjà dépensé notre argent dans celui du fédéral. Il dit qu’il n’a pas d’argent, mais veut quand même en dépenser pour cela. Ce n’est pas logique. L’ancien registre n’a pas empêché des gens qui avaient des armes enregistrées de tirer sur des voitures de police ou sur qu’importe qui.»

M. Doyon et plusieurs de ses amis chasseurs ont déploré l’absence du ministre Laurent Lessard lors de la manifestation. «Il est mieux de changer sa position parce qu’il ne fera pas vieux os dans la région. Tout le monde déteste l’idée d’un tel registre ici. Il ne travaille pas pour se faire réélire. Laurent Lessard n’écoute pas ses citoyens. Il devrait plutôt monter debout sur son bureau et dire non à ce registre.»

Pour sa part, Robert Corriveau a confié que l’ancien registre n’a pas empêché son voisin atteint d’une maladie mentale de lui tirer dessus. «Nous passons en Cour en mai prochain. Il a utilisé un pistolet à plomb et m’a blessé pour le restant de mes jours. Ce ne sont pas les armes de mon agresseur qui étaient dangereuses, c’est lui», a-t-il dit.

Faux sentiment de sécurité

Dyane Bergeron de l’Estrie a été victime de violence conjugale dans les dernières années. Malgré tout, elle s’oppose à l’implantation d’un registre québécois des armes à feu. «J’ai moi aussi cru à l’ancien registre du gouvernement fédéral. Après avoir caché toutes ses armes, vous savez ce que mon ancien conjoint a fait? Il est parti et est revenu avec des balles pour ensuite me les "garrocher". Il m’a dit que même si j’avais fait disparaître ses armes, il savait où en trouver et à la fin, il avait seulement besoin de ses mains», a-t-elle partagé.

«Vivre la violence conjugale, c’est loin d’être drôle, mais ça ne m’empêche pas d’aller à la chasse et d’avoir des armes à feu. Le registre donne seulement un faux sentiment de sécurité. Je sais c’est quoi, je l’ai eu ce faux sentiment-là», a-t-elle conclu. 

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