Les producteurs agricoles demandent au Canada de ne pas céder 

Dans le cadre des négociations pour l’entente de libre-échange Partenariat Transpacifique (PTP), les producteurs agricoles de la MRC des Appalaches ont joint les rangs de la campagne «Forts et unis pour la gestion de l’offre» afin de convaincre le gouvernement canadien de ne pas ouvrir son marché aux autres pays. 

Les producteurs laitiers, de volaille et d’œufs se sont d’ailleurs réunis, le jeudi 2 juillet, à la Ferme Hamcou située sur la rue Johnson Ouest à Thetford Mines, en présence de Bertrand Gagné, président du syndicat de l’Union des producteurs agricoles (UPA) des Appalaches, et de Marcel Groleau, président de l’UPA. Tous sont évidemment concernés et inquiets de ces négociations.

«Il y a beaucoup de pression sur le Canada de la part de certains pays pour qu’il ouvre son marché en diminuant ses tarifs envers les produits étrangers. En raison de la taille de nos fermes familiales et de la rigueur de notre climat, les producteurs d’ici auront beaucoup de difficulté à tirer leur épingle du jeu si cela arrive. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement de tenir bon et de protéger la gestion de l’offre», a soutenu M. Groleau en entrevue avec le COURRIER FRONTENAC.

Les États-Unis est l’un des pays les plus actifs pour que le Canada ouvre son marché. Outre un climat moins rigoureux, les producteurs américains profitent également de meilleures subventions que leurs semblables québécois. De plus, ils possèdent déjà une part de 78 % des importations laitières du Canada, ce qui représente environ 400 millions $. Pour leur part, les importations de volaille et d’œufs américains au Canada totalisent respectivement 717 millions $ et 100 millions $.

Une gestion capitale

La gestion de l’offre est un système qui a été développé dans les années 1960 au Canada. Il est en quelque sorte une forme de contrat social. «Les producteurs agricoles limitent leur production pour ne pas créer de surplus. En échange de cette discipline, ils reçoivent de l’aide afin de couvrir les coûts de production. C’est un système qui fonctionne très bien parce que cela permet à des fermes de taille moyenne d’être rentables. Cela permet aussi à la relève agricole d’accéder plus facilement à ce métier», a expliqué le président de l’UPA.

Ce système est toutefois en péril en raison des négociations du PTP. «C’est sûr que si nous ouvrons nos marchés, nécessairement les producteurs canadiens devront produire moins. Pour nos économies locales, cela signifie moins d’emplois, moins de réinvestissements sur nos entreprises. Cela signifie aussi une décroissance de l’agriculture canadienne», a poursuivi M. Groleau.

Un jeu de négociation

Avec le PTP, le Canada vise à durcir ses liens commerciaux avec les pays de l’Asie et du Pacifique. Outre le Canada, les états en faisant partie ou en négociation sont les États-Unis, le Mexique, le Pérou, le Chili, le Japon, la Malaisie, Singapour, Brunéi Darussalam, le Vietnam, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

«Le gouvernement veut conserver ses accès aux marchés américains et japonais pour l’automobile ou d’autres produits. Ils demandent des concessions de la part du Canada. Pourtant, par le passé, le gouvernement a pu négocier des ententes avec d’autres pays sans faire de concessions dans la gestion de l’offre. Les autres pays ont aussi besoin de nos produits, par exemple, l’aluminium. Nous ne sommes pas contre le PTP, mais nous croyons fermement qu’il y a moyen d’arriver à une entente sans céder sur la gestion de l’offre», a conclu M. Groleau.

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