Luc Berthold dénonce l’Internet «à deux vitesses»

Luc Berthold dénonce l’Internet «à deux vitesses»
Paul Vachon et Luc Berthold

Le député conservateur de Mégantic-L’Érable, Luc Berthold, ainsi que les trois préfets de sa circonscription, ont rencontré le 15 avril dernier le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) afin de dénoncer le problème d’accès à Internet haute vitesse ralentissant le développement des communautés rurales.

Lui ayant déjà fait parvenir un mémoire à ce sujet il y a quelques semaines, les trois MRC et le député ont demandé au CRTC de mettre en place une réelle politique qui ordonnera le déploiement de la large bande dans l’ensemble du Canada, jusqu’à la dernière maison rurale. Comme les compagnies fournissant l’Internet sont privées, rien ne les oblige à offrir le service aux communautés rurales éloignées si l’investissement n’en vaut pas la peine.

«C’est un système à deux vitesses, une pour les villes n’ayant pas de problème avec Internet et l’autre avec les communautés rurales qui ne sont pas bien desservies. Si on laisse les compagnies toutes seules, ça continuera d’être au plus fort la poche», a expliqué M. Berthold, lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 29 avril dans les bureaux de la MRC des Appalaches à Thetford Mines.

La rencontre qui ne devait durer provisoirement que dix minutes s’est finalement étendue beaucoup plus longtemps. «Le CRTC nous a posé des questions et a échangé avec nous pendant plus d’une heure. Le président et les commissaires semblaient intéressés à avoir notre point de vue. Nous avons eu une belle écoute. Maintenant, nous sommes en attente de leur rapport», a poursuivi le député.

Le préfet de la MRC des Appalaches et maire de Kinnear’s Mills, Paul Vachon, a avoué qu’il n’était pas très enthousiaste de se présenter devant le CRTC au départ, mais lui aussi a apprécié l’accueil que la délégation a reçu. «Nous avons eu l’impression qu’ils ont entendu notre message.  Pour la MRC des Appalaches, j’ai aussi parlé de la téléphonie cellulaire. En milieu montagneux, nous n’y avons pas du tout accès, ce qui est aussi un problème», a-t-il souligné.

Valeur des terrains à la baisse

Par ailleurs, outre le difficile accès à Internet haute vitesse et au réseau cellulaire, le préfet a dénoncé la décision de Bell Canada ne plus installer de fils de cuivre conventionnels dans les nouveaux développements.

«À Kinnear’s Mills, nous avons acheté des terrains où le téléphone ne pourra jamais se rendre. Bell Canada a décidé qu’il ne déployait plus de fils de cuivre parce que ça coûte trop cher et c’est dépassé. La fibre optique, on ne l’a pas déployé ici parce que la population n’est pas assez grande. Nous n’avons pas non plus le cellulaire alors quelqu’un qui voudrait aller s’installer là n’aura pas de téléphone. Aussi bien dire que ces terrains resteront inoccupés», a-t-il déploré, ajoutant que cela allait à l’encontre du développement du territoire.

Pour Paul Vachon, il ne s’agit pas seulement d’une question de droit d’accès, mais aussi de sécurité. «Nous sommes en 2016 et le monde est à notre portée. Tout le monde a besoin de communiquer. C’est aussi important pour les services de sécurité. Présentement, les gens qui habitent les régions éloignées sont considérés comme des citoyens de second ordre parce que nous n’avons pas le même service partout. À mon avis, ce n’est pas acceptable», a soutenu le préfet.

Enfin, selon Luc Berthold, c’est le rôle du CRTC d’organiser tout le monde afin que tous aient accès aux meilleurs services de communication, tout en protégeant les petites coopératives vis-à-vis les gros fournisseurs. «Le fait que nous devions encore aujourd’hui demander des solutions renforce notre position d’avoir des règles claires afin de légiférer ce "Far West". Tous les citoyens et toutes les entreprises de nos régions désirent faire partie du processus évolutif au Canada», a-t-il conclu.

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