Ned Young se souvient…

Ned Young se souvient…
Ned Young s'est toujours impliqué dans la communauté de Thetford Mines

THETFORD. Chaque fois que l’ancien lieutenant de l’armée canadienne Harold N. Young se rappelle la Seconde Guerre mondiale, il se remémore les personnes croisées au cours de son service, ainsi que des amis et soldats ayant donné leur vie afin que notre société reste libre.

«C’est très important pour moi de souligner leur sacrifice chaque année, surtout celui des personnes que je connaissais. Nous sommes en mesure de vivre en liberté ici et nous n’avons pas les mêmes problèmes que les gens vivaient là-bas avec la dictature de l’Allemagne, parce que des personnes se sont opposées à ce régime au prix de leur vie», a affirmé l’homme de 94 ans, résident de Thetford Mines.

Originaire de Victoria en Colombie-Britannique, celui que plusieurs surnomment affectueusement Ned tient d’ailleurs chaque année à faire sa part afin de souligner le courage de ceux ayant défendu les intérêts du Canada. Ayant lui-même enfilé l’uniforme, il n’a finalement jamais combattu, la guerre se terminant alors qu’il se rendait au front en tant qu’officier d’artillerie. Même s’il n’a pas fait face au champ de bataille, il n’en a pas moins gardé de précieux souvenirs de cette époque.

La musique et non la guerre

Ned Young est entré dans la milice canadienne à 14 ans, en 1934, afin d’y jouer dans l’orchestre. Deux ans plus tard, il signait les papiers officiels en tant que membre des forces. «À ce moment-là, je n’avais aucune idée de ce que ça signifiait. Je voulais seulement continuer à faire partie de l’orchestre. D’ailleurs, jusqu’au début de la guerre, je n’ai jamais reçu d’entraînement militaire et je ne me considérais pas non plus comme un soldat.»

Trois ans après avoir signé avec l’armée, en 1939, ce geste anodin fera basculer sa vie. «La Grande-Bretagne a déclaré la guerre à l’Allemagne et peu de temps après, le Canada a fait pareil. Disons que je n’étais pas très enchanté à l’idée d’y aller, surtout que j’avais entendu parler que des gens meurent parfois à la guerre.»

Alors âgé de 19 ans, il s’est tout de même rapporté pour son entrevue de recrutement. Selon lui, un certain chaos régnait à ce moment au sein de l’armée canadienne. En effet, avec moins de 5000 membres permanents auparavant et maintenant plus de 750 000 nouveaux soldats à entraîner et équiper, il y avait encore peu de direction au sein des forces. Ne sachant pas quoi faire de lui, il a été retourné chez lui pour qu’il puisse continuer d’apprendre le métier de machiniste. En 1942, on lui ordonne toutefois de se rapporter à l’armée pour son entraînement et l’année suivante, il est envoyé en Grande-Bretagne.

La fin avant le commencement

Quelques mois plus tard, il y est finalement nommé officier d’artillerie afin de soutenir les troupes au front. Après un rigoureux entraînement, il est envoyé aux Pays-Bas, près de la frontière avec l’Allemagne. «Mon tour était finalement venu. Je rêvais depuis longtemps de faire ma part. C’est le 8 mai 1945 que mon envoi au front s’est effectué. Le même jour, les Allemands se rendaient, sans condition, la guerre avec l’Allemagne était terminée.»

Ayant manqué l’action tant désirée, Ned Young s’est par la suite porté volontaire dans le but d’aller combattre au Japon puisque là-bas, la guerre faisait toujours rage. Le 1er juillet 1945, il quitte la Grande-Bretagne pour le Canada, via les États-Unis. On lui accorde alors un mois de liberté avant de rejoindre l’Oklahoma pour son entraînement. La journée où son transfert devait se faire de Kingston en Ontario jusqu’aux États-Unis, le Japon capitule. «Je me suis toujours dit que les Allemands et les Japonais avaient eu peur de mon arrivée», a-t-il précisé avec humour.

Après la guerre, M. Young a étudié l’ingénierie à l’Université McGill. C’est en 1956 qu’il obtient un emploi à Thetford Mines, à la Société Asbestos, et qu’il s’installe ici avec sa femme. Près de 60 ans plus tard, il y demeure toujours.

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