Opposition aux primes de dégel envers les transporteurs

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Par Frederic Desjardins
Opposition aux primes de dégel envers les transporteurs
Cette pratique en transport nuirait à la mise en marché efficace et ordonnée du bois des producteurs selon l'APBB. (Photo : Gracieuseté)

Au moment où les bas inventaires de bois rond sont liés aux prix alléchants du bois d’œuvre, certaines usines paient des primes de dégel directement aux transporteurs. L’Association des propriétaires de boisés de la Beauce (APBB) s’oppose à cette mesure au nom des producteurs forestiers.

Selon le syndicat, la période de dégel limitant la capacité portante des camions et la hausse importante du prix du diesel accroissent le coût du transport du bois des producteurs. Cependant, ces hausses de coûts ne se limitent pas à celles assumées par les transporteurs.

« Le producteur paie plus cher pour récolter et transporter son bois, alors que l’entrepreneur forestier voit ses coûts d’opération augmenter tout comme le transporteur. Il en va de même pour le scieur qui achète le bois des producteurs livré dans sa cour d’usine. Toute la chaîne d’approvisionnement en subit les impacts, sans exception », explique l’APBB par voie de communiqué.

Visant initialement à dédommager les transporteurs pour la livraison de voyages à taille réduite, ces primes induiraient des conséquences néfastes pour l’ensemble de la chaîne de valeurs.

« Comptant sur ces primes, les transporteurs peuvent tenter de diriger le bois du producteur vers une usine plus éloignée ou qui rémunère moins bien, sans égard au revenu net que retirera le producteur une fois les billots livrés. Cette pratique s’apparente directement à une prime payée au transporteur, comme cela se fait parfois en dehors du dégel », dit l’APBB.

Nuire à la mise en marché

Le syndicat estime que cette pratique nuit ultimement à la mise en marché efficace et ordonnée du bois des producteurs, en accroissant l’opacité sur les marchés et en empêchant les producteurs de maximiser leurs revenus nets.

« N’étant pas au courant des primes versées aux transporteurs par les scieries, les producteurs pourraient parfois les payer une deuxième fois pour le service rendu, sans le savoir. Pourquoi les scieries proposent-elles des primes qui n’avantagent qu’un seul maillon de la chaîne de valeur, alors que tout le monde subit les impacts du dégel et des hausses de carburant », se questionne l’APBB.

Ces primes aux transporteurs élimineraient une bonne partie des hausses de prix consenties aux producteurs pour leurs billots et, à terme, décourageraient la production de bois. L’APBB exige donc que les scieries augmentent les prix offerts aux producteurs pour du bois livré à l’usine, en incluant directement les primes liées au carburant et au dégel.

« Il s’agit, à notre avis, du meilleur moyen pour inciter les producteurs, qui sont les propriétaires de la ressource, à récolter et diriger le bois vers les usines qui leur offrent le meilleur revenu net », conclut l’association.

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