Une aventure incroyable et humainement enrichissante

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Par Jean-Hugo Savard
Une aventure incroyable et humainement enrichissante
Sarah Lebasch encourage la population à accueillir des familles ukrainiennes. (Photo : Gracieuseté)

Pour Sarah Lebasch, accueillir une famille ukrainienne allait de soi, étant elle-même une expatriée française. Elle voulait absolument poser un geste pour leur venir en aide.

« La collecte de vêtements et de nourriture, ce n’était pas assez pour moi. Je me suis dit que j’avais une grande maison et que si j’étais à leur place, j’aurais aimé pouvoir trouver refuge quelque part. Cela m’apparaissait normal. »

Cette dernière ne s’attendait toutefois pas à ce que leur arrivée se fasse aussi rapidement. « Ils m’ont contactée le lundi 25 avril pour me demander si je voulais bien les héberger, puis le jeudi je suis allée les chercher à l’aéroport à Montréal. »

Dès le déclenchement de l’invasion russe, la jeune mère de famille s’était inscrite sur différents groupes privés Facebook où des familles ukrainiennes pouvaient communiquer avec d’autres se trouvant au Canada ou ailleurs. « Nous sommes finalement entrés en contact via l’application WhatsApp. Nous avons beaucoup échangé puisqu’ils voulaient être certains que ce ne soit pas une arnaque. Entre le lundi et le jeudi, j’ai eu le temps de leur aménager mon sous-sol en appartement avec une cuisine et bientôt une salle de bain. »

Au moment de l’entrevue, l’invasion russe en était à son 70e jour. La situation préoccupe de plus en plus Sarah. « L’Ukraine est très proche de l’Europe. Ma famille peut à tout moment être impactée par la guerre. J’ai l’impression que ça va perdurer et éclater partout. Nous ne savons pas jusqu’où la folie humaine peut aller. Le président Vladimir Poutine est un fou. Je suis la situation de près et j’ai très peur pour notre avenir », a-t-elle dit.

Jusqu’à présent, la cohabitation se déroule à merveille. « Je les adore. Ils n’avaient rien en arrivant ici à part une petite valise. Henry parle cinq langues, dont l’anglais, et Marina seulement l’ukrainien et le russe. Mon anglais est approximatif, mais nous parvenons à communiquer, à rigoler, à jouer à des jeux de société. Je les amène à tous leurs rendez-vous médicaux en vue de l’accouchement de Marina qui est attendu d’un jour à l’autre. »

Sarah Lebasch et son conjoint ont fait le choix de tout assumer financièrement. « Nous n’avons pas d’aide du gouvernement. Tout est à notre charge. Dans les semaines à venir, l’organisme Intégration communautaire des immigrants de Thetford Mines va prendre un peu le relais et entamer des démarches pour obtenir de l’aide gouvernementale destinée aux réfugiés ukrainiens. La directrice Eva Lopez et son équipe vont les aider à obtenir un numéro d’assurance sociale plus rapidement que si je m’étais présentée à Service Canada. »

La résidente d’Irlande a heureusement pu compter sur la générosité de plusieurs citoyens et organisations afin d’obtenir des dons en vêtements, en nourriture, en objets du quotidien ainsi que tout le nécessaire pour bien accueillir le bébé. « J’ai sollicité beaucoup de mamans de la région. Ç’a l’air de rien comme ça, mais lorsque tu perds tout du jour au lendemain, que tu arrives dans un nouveau pays et que tu ne connais pas la langue, c’est quelque chose. La petite fille n’avait plus rien. Elle est arrivée ici et elle avait des jouets. »

Sarah Lebasch encourage fortement les citoyens à s’inscrire sur les différentes plateformes en ligne destinées à l’accueil des réfugiés ukrainiens et de ne pas avoir peur de le faire. « C’est une aventure incroyable et humainement enrichissante. Nous sommes en train d’offrir à Henrietta une enfance normale. Nous aidons Henry et Marina à mettre au monde un petit garçon dans un environnement sécuritaire. Nous devrions aussi accueillir dans un mois la petite sœur de Marina âgée de 19 ans qui se trouve en Roumanie. Je crois qu’il n’y a pas meilleur cadeau. J’ai seulement envie de dire aux gens de penser à ce qu’ils aimeraient que l’on fasse pour eux si la guerre avait lieu au Québec. Tout n’est pas rose, mais n’ayez pas peur », a-t-elle conclu.

Il est possible de communiquer avec Mme Lebasch via la page www.facebook.com/souliervert ou par courriel à l’adresse souliervert.blog@gmail.com.

À lire : Une famille ukrainienne accueillie dans la région

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