Violence conjugale : nouvelle ressource au Service de police de Thetford Mines

Violence conjugale : nouvelle ressource au Service de police de Thetford Mines
Michel Dodier, directeur du Service de police, Isabelle Lecours, députée de Lotbinière-Frontenac et adjointe parlementaire de la ministre de la Sécurité publique, et Marc-Alexandre Brousseau, maire de Thetford Mines (Photo : gracieuseté)

Une ressource en matière de lutte contre la violence conjugale et les féminicides s’est récemment ajoutée au Service de police de Thetford Mines (SPTM). Ce projet découle de l’octroi d’une aide financière totalisant 3 114 124 $ sur trois ans à onze corps de police municipaux. La vice-première ministre du Québec et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en a fait l’annonce le lundi 21 février.

Cette dernière a indiqué par voie de communiqué que ces montants ajoutés à ceux de l’an dernier vont se traduire par une augmentation considérable des services offerts pour protéger les victimes de violence conjugale, par l’embauche de travailleurs sociaux qui accompagneront les policiers et les victimes, ou d’enquêteurs spécialisés en violence conjugale, par exemple.

À Thetford Mines, c’est la sergente-détective Cindy Roberge qui agira à titre de ressource. Elle s’occupera exclusivement de ce type de dossier et fera le lien entre les différents partenaires et organismes.

« Les patrouilleurs continueront de s’occuper des plaintes, du dossier opérationnel et des arrestations, mais lorsqu’ils seront transférés aux enquêtes, c’est elle qui les prendra en charge. Elle fera aussi le lien avec les ressources locales comme la Gîtée, Se parler d’hommes à hommes et le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) ainsi qu’avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). En attitrant une personne-ressource, nous nous assurons qu’elle ait une connaissance très fine des dossiers qui se présentent sur le territoire de la ville », a expliqué le directeur du SPTM, Michel Dodier, en entretien avec le Courrier Frontenac.

La sergente-détective accomplira également différentes tâches en lien avec son mandat telles que le suivi auprès des victimes et des suspects, les retraits de plainte et la diffusion des nouvelles directives ministérielles auprès du corps policier. De plus, elle pourra intervenir auprès des équipes de patrouille pour leur demander de porter une attention particulière à certaines situations.

La surveillance rattachée à l’implantation du bracelet anti-rapprochement visant à protéger les victimes de violence conjugale de leur agresseur fera aussi partie des tâches de la nouvelle ressource. « C’est elle qui va venir récupérer ça sur le terrain, s’assurer d’avoir l’information à savoir qui en dispose et qui est la victime à sécuriser, en plus de faire le lien avec nos équipes qui patrouillent la ville », a souligné M. Dodier.

D’une durée de trois ans, l’aide financière dans le cadre de cette mesure sera renouvelable pour deux autres années. Selon les résultats de la démarche, le gouvernement pourrait éventuellement décider de la reconduire.

ENVIRON 150 DOSSIERS PAR ANNÉE

Le SPTM recense environ 150 dossiers de violence conjugale par année. Bien que cette statistique ait diminué au cours de la pandémie (107 en 2020 et 134 en 2021), Michel Dodier ne croit pas que ce soit la réalité sur le terrain. « La moyenne de 150 annuellement est probablement la bonne donnée. Nous voyons d’ailleurs qu’avec les assouplissements des mesures sanitaires, le nombre est reparti vers le haut. »

Cette baisse pourrait s’expliquer selon lui par l’isolement de certaines personnes qui ont eu moins d’occasions de rapporter la violence et de se faire épauler.

Enfin, le directeur du Service de police invite les gens à ne pas hésiter à dénoncer une situation. « Quand on parle de violence conjugale, ce ne sont pas seulement des voies de fait, on peut penser à du harcèlement, du méfait ou des menaces qui sont commis dans ce contexte. Ça englobe aussi toutes les personnes qui ne sont plus en couple. Ça peut aller jusqu’à quelques années après la fin de la relation, il y a alors une forme de harcèlement qui se poursuit. De plus, les gens ont tendance à penser que la violence conjugale n’implique que les hommes envers les femmes, mais il y en a de toutes sortes : des femmes envers des hommes, des hommes envers des hommes et des femmes envers des femmes. Il ne faut pas hésiter à dénoncer ce type de crime, c’est important », a conclu Michel Dodier.

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