Des citoyens font part de leur opposition à l’exploration minière
Plus d’une centaine de citoyens se sont réunis au centre communautaire Adrien-Dumas de Saint-Jean-de-Brébeuf, le jeudi 30 avril, dans le cadre d’une rencontre d’information portant sur des activités d’exploration en vue d’un projet de mine de cuivre. Des résidents ainsi que des élus provenant de plusieurs municipalités touchées avaient fait le déplacement pour l’occasion. Invitées à participer à une période de questions, de nombreuses personnes ont exprimé leurs préoccupations face à ce projet, qui, selon elles, n’obtient pas l’acceptabilité sociale et bouleverse leurs communautés.
Dans la MRC des Appalaches, des lots visés se trouvent dans les municipalités de Saint-Jean-de-Brébeuf, Saint-Adrien-d’Irlande et Saint-Fortunat. Le territoire concerné s’étend également à Chesterville, Sainte-Hélène-de-Chester, Saint-Norbert-d’Arthabaska, Saint-Ferdinand, Saint-Pierre-Baptiste, Sainte-Sophie-d’Halifax et Inverness.
Lors de la rencontre du 30 avril, la mairesse Ginette Côté a d’abord pris la parole en soulignant qu’à titre d’élue et de citoyenne profondément attachée à Saint-Jean-de-Brébeuf, elle tient à assurer la population que ce dossier est traité avec sérieux, rigueur et respect par le conseil municipal.
Hugues Longuépée, directeur général pour IOS Géosciences, compagnie québécoise spécialisée dans l’exploration, a par la suite fait un exposé concernant le projet appelé Ste-Sophie Copper. L’entreprise est aussi un département de services techniques pour la compagnie londonienne Richmond Hill Resources. Celle-ci est détentrice des droits exclusifs d’exploration [claims miniers] sur une partie du territoire qu’elle a acquis pour une somme de 6 millions $. La stratégie de Richmond Hill Resources est de cibler le potentiel en cuivre au Québec.
« Il s’agit de délimiter et de voir ce qui est connu, d’évaluer s’il existe un réel potentiel, de maximiser la valeur de la compagnie par la mise en lumière de ces gisements potentiels et, éventuellement, de développer un portefeuille de plusieurs projets en Amérique », a expliqué le géologue de formation.
Le projet d’exploration couvre un grand territoire, où il existe un historique d’indices de cuivre depuis les années 1800 avec des teneurs très hautes comparé à d’autres gisements dans le monde.
Selon Hugues Longuépée, il s’agit d’abord de vérifier la présence d’un gisement suffisamment riche en cuivre, puis de travailler avec les communautés locales pour développer « les projets dans le respect et que tout cadre dans les visions long terme des municipalités et des résidents ». Il a affirmé que bien que son emploi soit de découvrir des mines, sa priorité doit être la protection du public.
Pour 2026, l’objectif est de valider des indices historiques de présence de cuivre sur le terrain à l’aide de méthodes présentées comme sans impact pour l’environnement et les populations. Pour ce faire, l’entreprise doit obtenir l’autorisation des propriétaires privés afin d’y avoir accès. Des lettres ont déjà été, ou seront, transmises aux personnes concernées. Une autorisation est requise et doit être renouvelée pour chacune des phases.
Une période de questions mouvementée
Plusieurs personnes se sont présentées au micro durant la période de questions. Certains citoyens ont exprimé leurs interrogations et leurs inquiétudes, tandis que d’autres ont clairement affirmé que les démarches de l’entreprise n’étaient pas les bienvenues dans la région.
Questionné sur la décision de poursuivre les démarches malgré un manque d’acceptabilité sociale, M. Longuépée a indiqué avoir reçu à la fois des réponses positives et négatives, tandis que certains n’avaient pas encore donné suite. Il a précisé qu’à Saint-Jean-de-Brébeuf, des refus lui avaient été signifiés, alors que d’autres propriétaires ne s’étaient pas prononcés. Il a également reconnu que la compagnie pourrait tenter à nouveau d’obtenir des droits d’accès, et ce, malgré les refus déjà exprimés.
Un autre intervenant l’a interrogé sur la légitimité de la compagnie quant à ses droits exclusifs d’exploration. M. Longuépée a soutenu qu’ils avaient été acquis conformément aux règles et a assuré que l’entreprise respectera la loi.
Questionné sur la possibilité d’une éventuelle mine à ciel ouvert ou souterraine, le géologue a affirmé qu’il était beaucoup trop tôt dans le processus pour en discuter. Il a toutefois soutenu que si un gisement exploitable était présent, ce serait en souterrain.
Interrogé de nouveau sur les droits d’accès, il a répété que la compagnie ne pas peut accéder aux terrains des citoyens en cas de refus de leur part. Il a également précisé que la directive ministérielle est claire : il est interdit d’obtenir des droits d’accès auprès d’un propriétaire ou d’une communauté en échange d’une compensation financière.
Lors de cette séance publique, les entreprises agricoles et acéricoles ont également occupé une place importante dans les échanges. Certains ont rappelé les investissements considérables réalisés sur leurs terres et dans leurs entreprises, soulignant que les démarches d’exploration minière génèrent un climat d’incertitude susceptible de ralentir leurs projets.
En ce qui concerne les retombées pour la population locale, M. Longuépée a indiqué que cette question relève du ministère, rappelant que son mandat se limite principalement à l’exploration plutôt qu’à l’exploitation.
Enfin, notons que d’autres séances d’information ont aussi été organisées récemment dans les municipalités visées.
Mobilisation citoyenne
Un collectif citoyen opposé à ces démarches, nommé Nous Mine Pas, a été formé au cours des derniers mois. Le groupe a d’ailleurs déjà tenu quelques rencontres d’information. Par ailleurs, des comités sont mis en place dans chacune des municipalités.
