Expo-sciences : une première participation qui mène loin pour Olivier Houle
Olivier Houle de la Polyvalente de Black Lake a réussi à atteindre la finale pancanadienne d’Expo-sciences, tenue du 25 au 29 mai à Edmonton, en Alberta. L’événement réunissait quelque 400 jeunes scientifiques de la 7e à la 12e année provenant de partout au pays. L’élève de troisième secondaire s’est d’ailleurs distingué en remportant le Prix d’excellence bronze dans la catégorie intermédiaire pour son projet « Les gants à percussion ».
Munis de capteurs piézoélectriques, ceux-ci permettent de produire des sons de batterie par de simples mouvements des doigts. L’invention est compatible avec tout module de batterie électronique. Offrant à la fois mobilité et accessibilité, ces gants abordables contribuent à démocratiser la pratique de la percussion.
Amateur de musique tout autant que des sciences, Olivier jouait déjà du piano et s’intéressait à la batterie, sans toutefois en pratiquer. « C’est un instrument très lourd et coûteux, donc mon idée était de régler ce problème. Je pense aussi que c’est déjà arrivé à tout le monde de tapoter des doigts sur une table en écoutant de la musique. C’est comme ça que je me suis demandé comment on pourrait créer de la musique simplement avec ce tapotement des doigts », a-t-il expliqué en entrevue avec le Courrier Frontenac.
Pour le faire fonctionner, il fallait trouver un moyen de créer de l’électricité grâce à la pression des doigts. C’est de cette façon qu’il a découvert la piézoélectricité. « C’est de l’électricité produite en appliquant une contrainte mécanique ou une force sur un matériau piézoélectrique comme du quartz, par exemple. C’est ce qui a à l’intérieur de ma maquette. Chacun des doigts des gants dispose d’un capteur connecté à sa propre entrée afin de produire différents sons. Plus on appuie fort, plus ça génère de courant électrique. Donc, ça me permet de produire un son plus ou moins fort, dépendamment de la pression, comme sur une vraie batterie. »
La fragilité des capteurs piézoélectriques, faits d’un alliage de PZT (titano-zirconates de plomb), a représenté son principal défi lors de la conception. L’objectif était de trouver un moyen de bien les protéger tout en préservant leur sensibilité. Lors de la finale régionale, son projet s’était d’ailleurs brisé. Afin de proposer une invention viable, il devait donc corriger ce problème pour la suite. C’est ainsi qu’il en est venu à son dernier prototype, parvenant à protéger ses capteurs sans en réduire la sensibilité.
Dans ses recherches pour vérifier si un concept similaire existait déjà, Olivier Houle a trouvé une invention pouvant s’en rapprocher, mais qui n’était pas alimentée par la piézoélectricité. Celle-ci n’a toutefois jamais été commercialisée.
Une semaine couronnée par le Prix d’excellence
Après avoir été honoré à la finale québécoise en remportant une médaille d’argent, ainsi que l’un des prix de la fondation de l’Institut canadienne des ingénieurs en électricité et en électronique et une bourse de 2500 $ de l’Université de Montréal, Olivier Houle est reparti de la finale pancanadienne avec des bourses d’étude ou d’entrée de 4500 $, soit 3000 $ de l’Université Mount Allison, 1500 $ de l’Université de l’Alberta et 1000 $ de Western University. Celles-ci lui seront versées dans la mesure où il fait le choix, plus tard, d’y poser sa candidature pour y être admis.
Il s’agissait d’une première participation à l’Expo-sciences pour lui. Il n’avait donc pas d’attentes très élevées au début de son parcours, amorcé lors de l’événement local au Cégep de Thetford. Son invention a toutefois su impressionner et lui a permis de franchir les étapes jusqu’à la finale pancanadienne. « Quand j’ai réalisé que je m’en allais à Edmonton pendant une semaine pour cet événement, pour moi, c’était irréel, une aventure complètement incroyable. Il y a très peu de projets qui peuvent se rendre jusque-là. »
L’élève de la Polyvalente de Black Lake garde de bons souvenirs de sa rencontre avec plusieurs membres de la délégation québécoise avec lesquels il a noué des liens d’amitié. « Ce qui m’a aussi marqué, c’est à quel point il y a de projets différents. Ils sont tous plus ingénieux les uns que les autres et ils sont vraiment impressionnants. »
Le Prix d’excellence dans sa catégorie a par ailleurs couronné cette semaine de belle façon. « Juste de vivre cette expérience, c’était déjà gros, mais ça représente quand même beaucoup pour moi parce que je ne pensais jamais me rendre à la finale pancanadienne. Ça montre que tout le monde peut avoir du potentiel. Il faut simplement de la motivation et de la curiosité pour lancer un projet. La compétition ne fait que les améliorer. »
Déjà en mode préparation pour l’an prochain
Olivier Houle a par ailleurs l’intention de tenter sa chance à nouveau l’an prochain. Il a déjà commencé à discuter d’un projet avec une autre élève ayant participé comme lui à la finale pancanadienne qui tournerait autour des cellules souches pluripotentes induites.
En terminant, qu’aurait-il à dire à d’autres jeunes qui hésiteraient à participer à l’Expo-sciences? « Bien moi, évidemment, je leur dirais : allez-y, foncez! Je suis en secondaire 3, c’est ma première Expo-sciences à vie et je regrette déjà de ne pas y être allé les années précédentes parce que, franchement, si vous cherchez un projet, il y a tellement de possibilités, elles sont infinies. Alors, trouvez-vous un projet, même si vous ne vous rendez pas aussi loin, ça reste une expérience géniale que j’aurais appréciée quand même. Je pense que c’est vraiment important de développer cette curiosité, puis de faire rayonner la jeunesse dans le domaine des sciences », a conclu le jeune scientifique qui participera à l’émission Génial de Télé-Québec pour présenter son projet.
