Gestion des sols amiantés : toujours aucune justification scientifique rendue publique
En réaction au nouveau report de la mise en service complète du chemin de fer Québec Central à l’été 2028 et à l’annonce d’une hausse de 200 M$ du budget du projet, portant le coût total à 640,7 M$, le candidat du Parti libéral du Québec dans Lotbinière-Frontenac, Ludovic Beauregard, demande au gouvernement de faire preuve de transparence et de revoir son approche en matière de gestion des sols contenant de l’amiante.
« Lors de mon investiture, je me suis engagé à suivre de près ces deux dossiers : le Québec Central et la gestion des sols contenant de l’amiante. Depuis quatre ans, je suis témoin d’un gaspillage éhonté des fonds publics. Il s’agit d’un projet stratégique pour notre région. Chaque année de retard prive notre économie d’un outil essentiel à son développement. Pendant que nos écoles, nos hôpitaux et nos infrastructures ont un besoin criant d’investissements, le gouvernement dépense des centaines de millions de dollars pour déplacer de la terre d’un site à un autre, souvent sur des centaines de kilomètres, et ce, sans savoir si c’est réellement nécessaire. C’est un scandale. »
Selon lui, les conséquences de ces retards sont déjà bien réelles. Plusieurs projets industriels dépendent directement du retour du train à Thetford Mines. Une entreprise de la région subirait des pertes de l’ordre de 200 000 $ par mois depuis décembre 2025 en raison du retard de livraison du tronçon 3. À cela s’ajoutent près de 4 milliards $ d’investissements prévus sur le territoire, dont plusieurs sont directement liés à la remise en service du chemin de fer.
« Dans le contexte économique actuel, il est irresponsable de retarder la création de richesse et de pénaliser des entrepreneurs qui ont déjà investi des millions de dollars en se fiant aux échéanciers annoncés. C’est un manque de vision et un manque de respect envers ceux qui créent de la richesse ici », poursuit-il.
Un enjeu qui dépasse les régions amiantifères
M. Beauregard rappelle que le gouvernement du Québec a adopté le Plan d’action amiante 2022-2025, doté d’une enveloppe de 38,5 M$, dont un important volet est consacré à l’acquisition de connaissances scientifiques sur les risques liés à la présence d’amiante dans l’environnement, notamment par l’échantillonnage de la qualité de l’air. « L’objectif était clair : mieux documenter les risques afin que les décisions gouvernementales puissent s’appuyer sur des données scientifiques solides. Pourtant, malgré les sommes investies, les résultats de ces travaux n’ont toujours pas été rendus publics. »
Le candidat souligne également que plus de 227 municipalités du Québec reposent sur un socle rocheux susceptible de contenir des fibres d’amiante. « Cet enjeu ne touche pas uniquement les régions amiantifères. Des villes comme Magog, Sherbrooke, Sutton ou Mont-Tremblant sont également concernées. Si le cadre réglementaire actuel demeure inchangé, les conséquences pourraient s’étendre bien au-delà de notre région et entraîner des coûts importants pour les municipalités, les entreprises et les contribuables québécois. »
Pour Ludovic Beauregard, il ne s’agit pas d’opposer le développement économique à la protection de la santé publique. « Nous devons protéger la santé des citoyens, mais nous avons aussi le devoir de nous assurer que les décisions gouvernementales sont proportionnées aux risques et fondées sur la science. Les Québécois méritent de la transparence. Le gouvernement doit rendre publiques les données du Plan d’action amiante. Lorsque des centaines de millions de dollars sont en jeu, chaque décision doit être justifiée par les meilleures connaissances scientifiques et s’inscrire dans une gestion responsable des fonds publics. »
