Isabelle Lecours ne sollicitera pas de nouveau mandat

Après avoir affirmé il y a deux ans son intention de briguer un troisième mandat lors des élections prévues en octobre 2026, la députée de Lotbinière-Frontenac, Isabelle Lecours, fait volte-face puisqu’elle quittera la vie politique.

Elle en a fait l’annonce jeudi en fin d’après-midi sur sa page Facebook, expliquant sa décision et remerciant ses proches, les citoyens, son équipe ainsi que ses collègues de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Élue pour la première fois en 2018, elle avait réussi à obtenir un second mandat en 2022. La pression entourant plusieurs dossiers de la circonscription ainsi que sa situation personnelle l’ont finalement convaincue, après une longue réflexion, de tirer sa révérence à la fin de son mandat actuel. En entrevue avec le Courrier Frontenac, elle a notamment qualifié la politique de « vie de fou » pour expliquer sa décision, mentionnant entre autres les longues heures et les côtés négatifs des médias sociaux.

Elle est aussi revenue sur le décès de son père l’automne dernier, disant ne pas avoir eu le temps de faire son deuil. « J’ai essayé de mettre tout ça en perspective. Qu’est-ce qui était vraiment important pour moi? Je pense que j’ai fait beaucoup pour la région et c’est le temps de penser à moi et à ma famille. »

La députée sortante ne désirait plus mettre l’énergie sur une troisième campagne et un troisième mandat. « J’ai vraiment aimé mes huit années. J’ai beaucoup travaillé et j’ai eu du succès. Je suis rendue à un bilan d’un milliard et 131 millions de dollars en investissements pour la circonscription. C’est énorme. J’ai presque tout fait ce que je voulais faire », a poursuivi Isabelle Lecours.

L’histoire récente avec le CLSC de Thetford n’a pas eu d’incidence sur sa décision. C’est ce type de dossier qui l’avait poussée à se lancer en politique. « J’étais en train de déjeuner et j’écoutais la commission Charbonneau, puis je me disais que ça n’avait pas de bon sens, en tant que contribuable, qu’on se fasse voler comme ça. C’est ce matin-là que je me suis dit que je me présenterais en politique. Après ça, j’ai fait une liste de choses que je voulais accomplir et changer. Ce qui se passe avec le CLSC, ce n’est pas vrai que je vais fermer les yeux là-dessus. Pour moi, l’intégrité, il n’y a rien de plus important que ça. »

La collaboration parfois difficile avec certains acteurs régionaux n’a pas non plus influencé son départ. « Ça fait depuis 2017 que je préparais ma campagne. Je le sentais bien, dès le début, que je n’étais pas la bienvenue et que je ne faisais pas partie ”de la gang” », a-t-elle indiqué.

Elle a toutefois précisé que, même si cette collaboration plus ardue a pu ralentir certaines choses, elle ne l’a pas empêchée d’avancer.

Les sondages défavorables envers son parti n’ont pas eu d’impact non plus, ceux-ci étant en hausse dernièrement, a noté Isabelle Lecours. Elle est persuadée qu’elle aurait eu d’excellentes chances si elle avait continué. Elle a aussi souligné que sa décision était déjà prise lorsque François Legault a annoncé qu’il quittait son poste de premier ministre. Bien qu’elle ait appuyé Bernard Drainville pendant la course à la chefferie, elle s’est ralliée à Christine Fréchette. Elle s’est également dite heureuse qu’une deuxième femme accède au poste de première ministre.

Fiertés et déceptions

Parmi ses fiertés au cours de ses deux mandats comme élue de Lotbinière-Frontenac, Isabelle Lecours a eu du mal à choisir, plusieurs dossiers ayant retenu son attention. Elle a notamment mentionné les initiatives liées au développement économique compte tenu des enjeux auxquels la région faisait face en 2018.

Le dossier de l’amiante n’est pas une déception pour elle, estimant qu’il aurait été impossible de tout régler en l’espace de huit ans. « Personne ne voulait m’entendre en parler. Il a fallu que j’argumente. Même mes collègues ministres ne voulaient rien savoir. Nous avons fait le BAPE. Récemment, nous avons annoncé un allègement réglementaire. Cette semaine, nous avons eu une rencontre avec tous les acteurs locaux. Je pense que les gens sont satisfaits de l’avancement. Même si ça ne va pas assez vite à leur goût, il y a vraiment des choses qui ont bougé. »

En ce qui concerne le pôle d’innovation et la démarche DuGrisAuVert, il s’agit d’une vision qu’elle porte depuis 2018 et elle s’est dite satisfaite de voir le tout se développer au bénéfice de la région.

Parmi les dossiers qu’elle aurait souhaité voir aboutir avant son départ, elle cite le projet Fleur de Lys, visant à réduire l’impact des haldes minières sur les eaux de la rivière Bécancour en modifiant le tracé du cours d’eau vers le lac d’Amiante. Bien que le tout progresse au ministère de l’Environnement, elle aurait aimé en faire l’annonce elle-même et espère que le prochain député poursuive le travail.

Le dossier des places en centres de la petite enfance, pourtant annoncées, mais confrontées à des dépassements de coûts, figure parmi ses déceptions. Elle est toutefois contente de voir son gouvernement aller de l’avant avec des projets préfabriqués.

Elle aurait aussi aimé que les travaux de réhabilitation du chemin de fer Québec Central jusqu’à Thetford Mines soient terminés, mais elle demeure confiante que le projet aboutisse puisque le financement est en place et qu’il ne reste plus que quelques semaines ou mois avant le lancement de l’appel d’offres.

À la fin de son mandat en octobre, la députée sortante prévoit prendre le temps de se reposer, de faire son deuil adéquatement et de se consacrer à sa famille ainsi qu’à ses passions. Enfin, elle ne sait pas encore si elle continuera de s’impliquer en politique, mais certains dossiers continueront toujours de l’interpeller, soit ceux liés à la violence faite aux femmes, à l’intimidation et à la violence chez les jeunes.