La région de Thetford au cœur d’un vaste exercice des Forces armées canadiennes

Un entrainement d’envergure des Forces armées canadiennes est en cours du 11 au 24 avril dans les régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et de la Mauricie, et se conclura à la base de soutien de la 2e division à Valcartier. Un scénario d’exercice a notamment eu lieu dans les derniers jours sur des terrains miniers de la région de Thetford. Les médias avaient été invités à y assister le mardi 14 avril. 

Appelé MAPLE RESOLVE, cet entrainement implique environ 1400 militaires, principalement de Valcartier, en vue du déploiement en Lettonie du 5e Groupe‐brigade mécanisé du Canada dans le cadre de l’opération REASSURANCE. Cela vise à confirmer l’état de préparation opérationnelle des unités de manœuvre et d’appui tactique.

REASSURANCE est actuellement la plus grande mission outre-mer des Forces armées canadiennes dans le but de contribuer aux mesures de dissuasion et de défense de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Europe centrale et en Europe de l’Est. Dirigée par le Canada, elle implique entre 3000 et 4000 militaires canadiens ainsi que des ressources de 13 autres pays. La mission repose sur une présence terrestre, maritime et aérienne, renforcée depuis l’invasion de la Crimée en 2014.

« La mission en Lettonie vise à envoyer le message très clair aux Russes qu’il y a une limite, une frontière à ne pas dépasser, a expliqué le Colonel David Brassard, commandant du 5e Groupe-brigade mécanisé. […] L’investissement de l’OTAN n’est pas juste physique, mais aussi aux niveaux cybernétique, spatial et de la gestion de l’information. Il s’agit d’envoyer un message, non seulement aux Russes, mais aussi pour rassurer les Lettons ainsi que les autres civils des nations de l’OTAN qu’elle prend au sérieux leur sécurité et que le Canada accorde aussi une grande importance au lien transatlantique. »

Colonel David Brassard, commandant du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (Photo Courrier Frontenac – Claudia Fortier)

Le Lieutenant-général Michael Charles Wright, commandant de l’Armée canadienne, était présent à Thetford Mines afin d’observer le tout. « L’opération REASSURANCE est la plus grande mission de l’Armée canadienne, donc c’est important pour moi de venir ici. C’est vraiment excellent de voir un exercice comme celui-ci dans trois ou quatre endroits différents au Québec. C’est le même type d’entrainement qu’ils vont réaliser en Lettonie. »

Lieutenant-général Michael Charles Wright, commandant de l’Armée canadienne (Photo Courrier Frontenac – Claudia Fortier)

L’examen final pour les militaires canadiens

MAPLE RESOLVE est un exercice récurrent de validation des Forces armées canadiennes. Il s’agit en quelque sorte de l’examen final, au cours duquel des évaluateurs produisent un compte rendu à la fin de chaque attaque pour confirmer les compétences des soldats avant leur déploiement en Lettonie.

Dans le cadre de l’exercice qui avait lieu le 14 avril, la force « ennemie » avait pris position des dans bâtiments et le long d’une route selon le scénario. Les militaires canadiens devaient ainsi les déloger et avaient plusieurs objectifs à atteindre avant de procéder à un ravitaillement à un endroit qui se trouve à Trois-Rivières. Environ 150 soldats ainsi qu’une quinzaine de véhicules blindés étaient impliqués dans cet exercice.

Des militaires d’un peloton du 2e Régiment étranger d’infanterie (2e REI) de la Légion étrangère française représentaient la force « ennemie » dans ce scénario. Ils sont actuellement basés à Valcartier dans le but de contribuer au renforcement de l’interopérabilité et à la préparation des militaires à opérer au sein d’une force multinationale selon les normes de l’OTAN. « Les tactiques employées au sein du bloc de l’OTAN sont généralement proches, avec des techniques et procédures comparables. Il existe bien sûr certaines différences, mais on constate davantage de similarités que de différences », a soutenu le Colonel Brassard.

Des drones d’observation ont aussi été utilisés. À noter que l’armée canadienne ne fait pas l’usage de drones létaux dans ses opérations, il s’agit plutôt de collecter des renseignements sur la position des effectifs et de synchroniser l’artillerie sur le terrain. Un CF-18 survolait également la région lors de cette journée.

Les soldats effectuent habituellement leur formation principale à la base de Valcartier, mais il est essentiel de sortir de cet environnement pour varier les conditions, motiver les troupes et les surprendre, a expliqué le Lieutenant‐colonel Jean‐François Labonté, commandant du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment. Ce dernier a comparé cet exercice à un entrainement en gymnase où les répétitions sont importantes afin de progresser.

Lieutenant‐colonel Jean‐François Labonté, commandant du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (Photo Courrier Frontenac – Claudia Fortier)

« L’objectif est de s’assurer que nos membres soient prêts à toute éventualité. Cela nécessite notamment des exercices portant sur la dispersion des forces, les communications et le soutien logistique. Le choix des lieux se fait en fonction des opportunités offertes sur le terrain. Nous avons à Thetford un lieu extraordinaire pour le faire », a-t-il souligné en remerciant les propriétaires de leur permettre d’y avoir accès.

Les anciens terrains miniers de la région sont d’ailleurs régulièrement utilisés pour des manœuvres militaires. Toutefois, il s’agissait de la première fois que cet exercice de grande ampleur avait lieu au Québec. Habituellement, MAPLE RESOLVE se déroulait en Alberta et pouvait représenter des coûts importants liés au transport de l’équipement. Des changements dans le modèle d’entrainement ont cependant permis sa tenue dans la province.