L’église Saint-Désiré mise en vente pour 295 000 $

Le conseil de fabrique de la paroisse Saint-Jean-Marie-Vianney a officiellement mis en vente l’église Saint-Désiré, située dans le secteur Black Lake à Thetford Mines, au prix de 295 000 $. Une décision difficile, mais jugée inévitable dans le contexte financier actuel.

« Nous en avons discuté à plusieurs reprises lors de nos conseils d’administration et de nos assemblées de fabrique. Considérant la situation économique dans laquelle nous sommes, nous n’avons pratiquement pas d’autre choix, pour l’instant, que de procéder à la vente », a mentionné au Courrier Frontenac son président, Clermont Tardif.

Il a confié trouver cela déplorable, surtout pour les personnes plus âgées. « Ce sont leurs parents et leurs grands-parents qui ont bâti cette église à bout de bras. Aujourd’hui, nous ne trouvons plus les moyens de l’entretenir et c’est ce qui est le plus décevant. »

Le déficit annuel oscille entre 30 000 $ et 35 000 $, alors que les coûts de chauffage du bâtiment atteignent à eux seuls entre 25 000 $ et 30 000 $ par année. Au cours des derniers mois, un effort de mobilisation citoyenne a tout de même permis de retarder l’échéance. « Nous avions un objectif de 20 000 $ et nous avons réussi à amasser 21 200 $. Les gens ont bien répondu et des commerçants ont aussi contribué », s’est réjoui François Turmel, membre du comité consultatif.

Cette somme a ainsi permis de maintenir un minimum de chauffage pendant l’hiver afin de répondre aux exigences des assurances. Malgré cet appui, l’avenir du bâtiment demeure incertain. « On ne vous cachera pas que notre souhait serait de garder l’église en vie, mais il faut se demander jusqu’à quel point la population peut continuer de contribuer année après année. Il y a des besoins partout », a-t-il dit.

Durant la saison froide, les célébrations religieuses se sont tenues à la salle des Chevaliers de Colomb de Black Lake. Les activités à l’église ont repris la fin de semaine de Pâques et se poursuivront jusqu’à nouvel ordre. « Tant et aussi longtemps qu’elle n’est pas vendue, les services continuent normalement, que ce soit pour les funérailles, les mariages ou les messes qui ont lieu deux fois par mois », a précisé Clermont Tardif.

Le bâtiment, qui possède un statut patrimonial municipal, pourrait faire l’objet de divers projets de reconversion, mais toute transformation devra être approuvée par la Ville. « Il pourrait y avoir un projet touristique. Nous voyons aussi beaucoup de logements se construire. Ce lieu pourrait être utilisé à d’autres fins. Nous avons reçu plusieurs idées de projets, mais il faut des gens pour prendre cela en main », a soutenu M. Turmel.

À noter que la vente de l’église devra obligatoirement être autorisée par le diocèse de Québec, une démarche qui inclut également un processus de désacralisation. « Nous ferons les deux demandes en même temps. Nous attendons de voir s’il y aura une offre sérieuse », a spécifié le président du conseil de fabrique.

Advenant une vente et l’impossibilité de maintenir des services pastoraux sur place, une solution de rechange sera envisagée. « Nous voulons continuer à desservir les paroissiens de Saint-Désiré. Une célébration attire environ une centaine de personnes et il est possible de trouver un autre lieu pour les accueillir », a-t-il souligné.

Enfin, M. Tardif est reconnaissant de pouvoir compter sur l’appui des Chevaliers de Colomb de Black Lake, qui accueillent les fidèles depuis deux hivers. « Ils nous prêtent leur salle et nous sommes très bien reçus. »